Bienvenue au pays des cigales !

Publié le 29 Juillet 2013

Hôtel Pelagia Bay

Hôtel Pelagia Bay

Le départ de 13h se fait attendre. Le déjeuner devient express, et me laisse face à une attente de trente longues minutes. Je termine ma valise, mets un cadenas, revois une dernière fois ma coiffure – et oui, je suis une fille. 12h45, nous sommes fins prêts. En avance. Tant pis, nous partons.

La route jusqu’à l’aéroport se passe relativement vite, mais l’excitation se fait sentir à l’approche du parking. Voiture garée, valises à la main – ou sur un chariot – nous voilà en route pour la Crète. S’enchaine alors la suite logique qui précède le début du vol : enregistrement des bagages, passage des barrières de sécurité – après les chaussures et l’ordinateur, il me fut enfin possible de traverser sans encombre –, achat de cochonneries sucrées pour le voyage et à nouveau, attente. Attente interminable avant l’annonce de l’embarquement. Une heure vient de passer. Il est 15h50, l’avion est censé décoller à 16h10 et toujours pas une voix pour notre vol. Nous aurons du retard.

16h10, tout le monde est installé, ceinturé, stressé ou non, informé de l’emplacement des masques de sécurité et du gilet de sauvetage. L’avion peut décoller. Le chef de bord – que je suspecte d’être polonais, vu son accent – nous annonce que le décollage est imminent. Enfin. L’accélération, l’avant de l’avion qui se lève, les roues qui quittent le sol. Et c’est parti pour 3h30 de vol.

Trois sièges s’opposent de chaque côté de l’avion. Je suis à l’extrémité, séparée par de mon père par l’allée. L’homme à ma gauche, assis à côté de sa femme, m’avait déjà fait – un peu – peur en me souriant lorsque j’ai pris place. Un sourire qui pourrait en dire trop, mais on est pas sur. Tout au long du voyage, si j’osais regarder à travers le malheureux hublot, son regard se posait sur moi pour quelques secondes, comme s’il cherchait mes yeux. « Weird » comme diraient les américains et je les remercie pour le terme si bien approprié à la situation. Comme l’ensemble des passagers après l’annonce de l’atterrissage faite, je guette le moindre bout de terre où je suis sur le point de passer mes vacances. Encore une fois, regard lourd, pesant et un peu trop insistant à mon goût sur mon visage – malheureusement pas assez éloigné du sien à cet instant. Je fais mine de rien et détourne mes yeux vers le hublot de l’autre côté. Ouf. Étranger aux yeux trop curieux, 0. Moi, 1.

Atterrissage plutôt réussi, les voyageurs applaudissent. Pas moi. Je peux comprendre l’excitation de certains, mais je pense sincèrement que le poser de roues sur la terre ferme ne valait pas un tel enthousiasme. Enfin, passons.

Une navette plus tard, nous voilà tous à guetter les bagages – maltraités – sortant de la soute. Est-ce ma valise ? Non. La mienne arrivera un quart d’heure plus tard et celle de mon père aura eu le temps de faire un tour de piste avant qu’on la repère.

On pourrait croire que l’attente s’arrête ici, qu’ils sont bien arrivés et blablabla. Et bien, non. Encore 30 minutes – et je suis gentille – avant de monter dans le car qui desservira l’hôtel. Nous n’échappons pas à l’organisateur qui tente de mettre de l’ambiance dans un bus rempli de voyageurs fatigués et impatients. Certains lui feront quand même l’honneur de répondre.

Le chauffeur de car s’avère être un as de la route, et je suis sincère. La Crète propose un environnement vallonné et une route qui longe la côte – où se trouvent bien évidemment tous les hôtels, tourisme oblige. Après avoir quitté la nationale, le car s’engouffre dans des routes plus sinueuses et étroites les unes que les autres, alternant plusieurs virages à presque 360°C – Iurkos, notre chauffeur mériterait de recevoir une médaille pour tous nous avoir déposés en vie à nos hôtels respectifs.

Bref nous voilà enfin arrivés. La fatigue se fait sentir bien qu’atténuée par l’excitation ambiante qui règne dans les lieux. Nous sommes les premiers à récupérer les clés et c’est avec un soulagement immense que je pose ma valise dans la chambre. Nous voilà arrivés. Enfin.

Mais la soirée n’est pas encore finie. Petit tour rapide de l’hôtel pour les curieux que nous sommes, et dîner en terrasse – bien que mon ventre soit déjà plein de sucreries chocolatées dont je me suis goinfrée dans le bus, impatiente. Bonne citadine et jeune que je suis, je ne dormirai pas avant d’avoir récupéré le code Wifi de l’hôtel afin d’envoyer quelques mails. Après plusieurs tentatives échouées et une montée d’exaspération – et Internet ayant eu pitié de moi – je finis par consulter mes mails et en envoie quelques uns. Mon devoir accompli, je me dirige à nouveau vers la chambre dans l’optique d’y prendre une douche régénératrice.

23h43 heure locale. Posée à la terrasse, seul endroit où il faut encore vraiment frais, j’admire – ce qu’il m’est donné de voir – depuis mon emplacement ; tandis que mon père se débat avec le gel douche qui s’est répandu dans l’intégralité de la trousse de toilette. Les joies des bagages en soute ! Je devine seulement le paysage qui m’entoure et aperçois les quelques lumières qui s’illuminent encore à cette heure. Le ciel paraît bien plus dégagé qu’en France, en particulier dans les grandes villes, pour le bonheur de mes yeux qui peuvent contempler les étoiles. La Grande Ourse à ma gauche, la Petite à ma droite, je pense à ceux que j’ai laissé le temps d’une semaine de l’autre côté de l’Europe.
J’aime l’idée de me réveiller au fin fond de la Bretagne et de m’endormir en Crète. Cette sensation de partir loin – tout est relatif – m’apaise. J’éprouve un plaisir certain à préparer un voyage puis la valise, prendre l’avion et découvrir un nouvel environnement, une nouvelle culture. Une bonne nuit de sommeil et ce sera le grand plongeon.

Publié dans #Κρήτη

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L
Quoi ? C'est plus Marseille, le pays des cigales ?<br /> On m'a menti... C'est une conspiration de la CIA, et du gouvernement !<br /> Ravi en tout cas de découvrir des terres inconnues, à travers tes yeux et ta plume.
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