Du calme de Yasnaïa Poliana au chaos de Moscou

Publié le 17 Septembre 2017

Est-ce bien sérieux ? Se lever à 7h30 un dimanche matin ? À en croire Marat installé sur le rebord de la fenêtre, les yeux rivés sur son téléphone pour étudier notre trajectoire prochaine, oui. Lorsque je me décide à le rejoindre, le visage encore endormi de Clémence apparaît de derrière le canapé-lit. Un café, vite. 

Du calme de Yasnaïa Poliana au chaos de Moscou

Désormais bien réveillée, la ville m'apparaît alors sous un tout nouveau jour. Les vieux bâtiments décrépis et les câbles par milliers dans les airs me sautent alors aux yeux. Seul le Kremlin de cette ville - capitale du pain d'épices russe et du samovar - conserve son charme. Pour le reste, Toula est semblable à toutes les autres villes d'environ 500 000 habitants : une forteresse en son centre historique, peu de hauts bâtiments et un manque cruel d'infrastructures et de rénovation.

Mais Toula semble avoir un je-ne-sais-quoi qui me pousse à en découvrir plus. Mais le temps presse, et nous rejoignons déjà notre bolide pour partir, toujours plus loin. 

Du calme de Yasnaïa Poliana au chaos de Moscou
Du calme de Yasnaïa Poliana au chaos de Moscou

Ca se bouscule au portillon de Yasnaïa Poliana, la fameuse (ex) demeure de Léon Tolstoï, malgré le temps incertain et l'heure - relativement - matinale. Notre premier réflexe est de réserver notre place pour la prochaine excursion. Départ dans 30 minutes top chrono, le temps de faire un petit tour du propriétaire. 

Allée de bouleaux, jardins, vergers, poneys et dépendances se succèdent sur les 380 hectares de terrain. Les chemins en terre sont quant à eux foulés par les pieds de dizaines de touristes qui déambulent en groupe, précédés de leurs guides affublés d'un haut-parleur inefficace au possible. 

Bientôt nous faisons partie d'un troupeau nouvellement constitué. Pour ne pas en perdre une miette - et parce que quand on me parle russe de dos, je ne comprends pas tout -, je ne quitterai pas notre guide d'une semelle. On avance d'un pas lent dans les allées, et je m'abreuve de ses paroles à propos du célèbre écrivain. Qui eût cru que ce dernier avait créé des écoles pour les paysans, s'était improvisé professeur pendant des années et maîtrisait pas moins d'une dizaine de langues étrangères qu'il apprenaît par lui-même dans le soucis de communiquer dans la langue d'origine de ses hôtes ? Qui aurait pensé qu'un homme disposant d'une telle aura serait enterré au fin fond de son jardin, dans une tombe on ne peut plus simple et à peine remarquable tant elle est enfouie sous les végétaux ?

Je suis fascinée, admirative, passionnée.

Domaine de Yasnaïa Poliana
Domaine de Yasnaïa Poliana
Domaine de Yasnaïa Poliana
Domaine de Yasnaïa Poliana
Domaine de Yasnaïa Poliana
Domaine de Yasnaïa Poliana
Domaine de Yasnaïa Poliana
Domaine de Yasnaïa Poliana

Domaine de Yasnaïa Poliana

La tête pleine d'informations - dont la plupart se fera la malle dans les jours qui suivent - je ressors entièrement satisfaite de cette excursion et, travail en agence de voyages oblige, mon cerveau bouillonne d'idées pour mettre en valeur cette destination. 

Il est à peu près 15 heures lorsque nous montons en voiture. Et c'est pile à ce moment là - je ne tarderai pas à le découvrir - que le supplice commence. Un supplice qui durera 6 heures et fera de nous de misérables prisonniers de l'habitacle, lui-même perdu dans de terribles embouteillages. Marat fatigue, et les sursauts de la voiture à chaque passage de vitesse commencent à m'exaspérer. Faites-nous sortir. Je sature. Je vais hurler. Au secours. 

Les "au revoir" sont brefs. Non pas que je ne vous aime pas, hein, mais comprenons-nous, je suis à bout comme vous et là, j'ai besoin d'air.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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