Barry White est russe et vit en Crête

Publié le 2 Août 2013

Je fus prise d’une petite crise de panique – le mot panique est à relativiser, bien sur – lorsque j’aperçus par la fenêtre une bande de nuages déambulant dans le ciel à mon réveil. Quoi ? Les nuages existent aussi ici ? Non, non, non et non ! Je refuse d’y croire et me rendors pour oublier ce mauvais rêve. Une demi heure plus tard, et heureusement pour mon petit cœur, les nuages avaient laissé place à un ciel des plus bleus. Le soleil avait sa place habituelle et me salua de ses rayons chauds. La journée pouvait maintenant commencer.

C’est à la sortie de l’hôtel que j’ai eu un genre de révélation : j’ai cet agréable sentiment d’être dans un milieu familier dans lequel j’ai mes repères. Je n’irai pas jusqu’à dire que je connais la moindre ruelle, le nom de la dame qui vit dans la maison dans le contrebas et le prix d’un paquet de pâtes, mais il ne semble pas agir comme une simple touriste de passage – point de vue de la dite touriste.

Bon d’accord, faire la même route plusieurs fois par jour ne relève pas du miracle ni d’une grande aisance à se repérer géographiquement. Mais tout de même. L’homme chez qui j’achète une bouteille d’eau fraîche pour la troisième fois, m’offre un sourire en plus du traditionnel « bye bye » qu’il réserve aux étrangers.

À la plage, je connais le meilleur endroit pour s’installer afin de profiter du soleil jusqu’à son dernier rayon, je commence à m’habituer à entendre parler russe quel que soit l’endroit où je sois. J’ai d’ailleurs trouvé un Barry White russe aujourd’hui. Un homme d’une cinquantaine d’années environ, un ventre énorme et rond – il aurait pu être enceinte de quadruplés, au moins – et une voix digne d’un yéti des cavernes. Lorsqu’il est arrivé devant moi, il m’a fallu plusieurs coups d’œil à mon père et une bonne dose de pragmatisme pour réaliser que ce sourd ronflement n’était que sa simple respiration. Et il s’est mis à parler. Jamais je n’avais entendu une telle voix. J’avais cependant entendu parler de ces fameux chanteurs russes, les seuls au monde capables de chanter si grave ; une sacrée performance. L’espace d’un instant, je l’ai imaginé dans un costume, faisant part de ses prouesses au cœur d’une magnifique église orthodoxe. Ce sont ses gras ronflements qui m’ont sortie de ma torpeur rêveuse. J’espère que Barry White avait – au moins – plus de classe…

Plage d'Agia Pelagia

Plage d'Agia Pelagia

Publié dans #Κρήτη

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