Qui a dit que les Caraïbes étaient en Amérique ?

Publié le 1 Août 2013

Vue du lagon de Balos depuis le bateau

Vue du lagon de Balos depuis le bateau

Forteresse de Gramvoussa

Forteresse de Gramvoussa

6 heures. Encore une fois, j’étais cernée. Réveil douloureux – et je sais pourquoi – mais motivation, motivation, motivation. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut visiter la forteresse de Gramvoussa et le lagon de Balos ! Alors on s’active.

Bon, j’avoue que j’espérais trouver un peu de répit – et de sommeil – dans le car, mais mon destin en fut autrement. Notre guide Manulas, s’est fait un plaisir de nous raconter dans un français parfois approximatif, toute l’histoire de la Crête de sa création jusqu’à aujourd’hui. Je suis mauvaise langue ; il est clair que ses explications valaient le détour, mais quand a envie de dormir, et bien, on a envie de dormir et rien d’autre ne compte.

Enfin. 2h30 et une pause plus tard, nous arrivons – enfin – à Kossianos. Je tente comme je peux de réveiller mes yeux endormis et de paraître fraîche parmi tous ces touristes agités. Première surprise, la taille du bateau. Un navire sur lequel s’entassent des centaines et des centaines – et des centaines – de personnes à la quête des Caraïbes crétois. Ça se bouscule, ça trépigne d’impatience et ça s’installe finalement où il reste de la place. J’ai la chance de trouver un banc à l’avant du bateau de façon à profiter et de la vue et de la brise fraîche. Une demi heure, une heure passent et nos guides multilingues annoncent notre arrivée très proche à la première escale : le site de Gramvoussa.

La fatigue a totalement disparu et mes yeux n’en reviennent pas : un site sublime, et perchée sur son flanc de montagne, la forteresse offrant un point de vue incroyable. Dans le baie, une plage de fins galets bordant une eau turquoise et transparente à faire pâlir nos amis de la Méditerranée du Nouveau Monde. Baignade, bronzage et petite brise font de ces deux heures un bonheur que je pourrais même presque qualifier de divin.

Mais nous voilà déjà de retour sur le navire pour la seconde escale – et pas des moindres. Nous longeons un nouveau flanc de montagne et au loin commence à se dessiner une baie. Une baie qui s’avère finalement être un lagon : le lagon de Balos. Ô merveille ! Les yeux pétillent, les bouches s’ouvrent tombantes et les exclamations fusent. Tous autant que nous sommes restons abasourdis face à ce splendide spectacle. Vite, le bateau accoste et je me précipite dans les escaliers. Arrivée sur la terre ferme, je n’en reviens toujours pas : je viens de découvrir un petit bout de paradis.

Tout est magnifique. Les couleurs d’abord. Celles de l’eau semblent tout droit sorties d’une carte postale trafiquée sur Photoshop. L’envie de me pincer m’effleure l’esprit mais subjuguée, j’en oublie l’action. Sur la droite, l’eau peu profonde est d’un bleu-vert clair limpide et sa température avoisine les 30°C. Autant dire qu’on y reste pas longtemps avec la chaleur ambiante. Sur la gauche – et pour le bonheur des yeux – une eau turquoise à perte de vue, agitée par de nombreuses vagues venant s’échouer sur le sable blanc et rose. Oui, c’est une des particularités du sable du lagon de Balos : en prenant une poignée de sable dans ma main, je distingue clairement des grains d’un rose foncé extraits de la roche. Le paysage n’en est que plus beau. Ni une, ni deux, je jette ma serviette, mes chaussures et mes vêtements et cours à l’eau. Dans ma précipitation, je ne mesure pas la présence de rochers au sol et manque de tomber à plusieurs reprises. Une minute plus tard, j’arrive - saine et sauve - dans l’eau turquoise que je ne lasse pas de contempler. Je ris seule de joie. Une fille me regarde de travers mais je n’y prête pas attention. L’eau est si belle que je peux clairement distinguer l’ombre des vagues sur le sol !

Tout bonheur a une fin et la mienne arrive déjà. C’est avec les sens encore tout émoustillés que je prends place dans le bateau pour la route du retour. La fatigue refait dangereusement surface et m’entraîne dans un sommeil approximatif, bercée par les roulis de la mer crétoise. Ma sieste se prolonge, seul le moyen de transport change. Heureusement pour moi, le trajet se passe plus ou moins rapidement, bien que l’envie de rentrer soit grande. Par contre, c’est un père au bord de la crise de nerf que je retrouve à mon réveil. Pris par plusieurs crises de fou-rires – que je ne peux m’empêcher de suivre – c’est la fatigue qu’il évacue à sa façon.

L’arrivée à destination, la délivrance. Pas de soucis à se faire pour s’endormir cette fois-ci. Le chien aura beau hurler à la mort, l’organisateur pourra bien rire fort et longtemps et les voisins s’ébattre à loisir, rien – rien de rien de rien – ne pourra me retenir du profond sommeil qu’il m’attend. Le voici qui arrive…

Les pieds dans le lagon de Balos

Les pieds dans le lagon de Balos

Publié dans #Κρήτη

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