Un dimanche à Agia Pelagia
Publié le 4 Août 2013
Un dimanche en France, c’est calme, tranquille, souvent en famille. C’est le jour synonyme de repos, de magasins fermés et de balades digestives après le copieux déjeuner. J’ai découvert aujourd’hui que c’est tout l’inverse en Crète.
Une centaine de mètres avant d’arriver à la plage, j’entends les basses – trop fortes – d’une musique électro-pop. Je comprends rapidement qu’elle provient du bar où je passe habituellement. Cette fois, il est bondé : les gens sont serrés et débordent jusque sur la plage. L’ambiance est déjà là. Il est à peine 16h.
Ici, le dimanche est un jour de fête – et plus particulièrement en été je suppose. Je n’ai jamais vu autant de monde sur la plage. Nous sommes tous collés les uns aux autres, mais dans une atmosphère conviviale et enjouée. Au bord de l’eau et sur les serviettes se succèdent des maillots de bain à froufrous, franges et autres fanfreluches à couleurs vives. Un véritable défilé ! Je constate également que les raquettes constituent un sport national auquel nombreux sont ceux qui s’y prêtent. Il faut cependant noter que leurs raquettes sont bien différentes de celles que je connaissais jusque-là : de forme plus carrée, elles se renvoient des balles jaunes – type balle de tennis – avec une force impressionnante. J’ai retenu un cri à plusieurs reprises pensant qu’une balle perdue allait heurter un enfant innocent parti remplir son seau. Mais les joueurs font preuve d’une dextérité qui m’a laissée sans voix. Les plus doués donnent des coups précis, puissants et rapides.
Un vendeur de beignets et d’épis de maïs – original – ambulant se prend une balle dans le tibia au passage. Pas une excuse, pas un regard. Il ne bronche pas et continue sa route alors que la jeune femme fautive affiche un large sourire. La remarque que je me fais restera dans ma tête ; ici, c’est ainsi que ça se passe.
De mes yeux vifs et perçants, j’observe tout ce monde qui grouille autour de moi. Je constate une grande diversité physique parmi les amateurs de plage : des plus musclés aux plus ronds, des plus jeunes aux plus vieux, tous sont rassemblés et se mélangent. En tant que petite nantaise, je prends conscience que les français ont sans doute un regard plus jugeant en ce qui concerne le corps. Je ne remarque aucun complexe de la part de ceux qui font tomber leurs vêtements et dévoilent le maillot de bain. Une femme à rondeurs ne regarde pas une autre plus mince avec envie – ou est-ce seulement une impression ? Il me semble que la plage, c’est comme McDonalds : on vient comme on est.
Une chose tout de même. Les maillots de bain ont beau être parfois minuscules, pas une trace de sein nu à perte de vue. Le topless ici n’existe pas, m’a-t-il semblé. Si les Pornichétines et Bauloises n’ont elles aucun scrupule à exhiber leur poitrine – et c’est bien dommage – les jolies crétoises sont plus réservées sur le sujet. Au moins une raison de ne pas me sentir seule.
Enfin, il est bon de noter qu’il est commun de boire de l’alcool sur les plages. Et la température ne semble être un frein pour personne. À chacun sa boisson : les Crétois sont à leur fameux raki au shooter, les Russes – plus discrets, ou pas – mélangent à même la bouche une gorgée de vodka contenue dans une fiole et une de jus de fruit. Aucun complexe à ce niveau. Je comprends décidément mieux pourquoi les habitants de la Méditerranée ont le sang chaud.