Un aller pour Pékin (sans retour de préférence)

Publié le 3 Octobre 2013

Un aller pour Pékin (sans retour de préférence)
Un aller pour Pékin (sans retour de préférence)

Avoir un appel après une semaine d'absence, c'est un soulagement - avoir des problèmes avec Skype l'est beaucoup moins. Recevoir des photos de voyage de façon inespérée en allumant son ordinateur, c'est un espoir ravivé et parsemé de quelques notes de bonheur. Ouvrir ces photos et prendre conscience de leur réelle signification - après un premier échec cuisant - c'est voir des larmes se former au coin des yeux - et les retenir, parce qu'après tout on est à la BU. Avoir un nouvel appel que le décalage horaire rendait imprévisible, c'est afficher un sourire jusqu'aux oreilles et être heureuse. Tout simplement.

Parce qu'avoir un cadenas scellé avec mon nom - et le sien - au sommet d'une des plus hautes montagnes de Chine, c'est d'un romantisme à faire pâlir les plus belles histoires d'amour. Parce que le Pont des Arts parisien ou celui d'Užupis paraissent ridicules à côté, je me sens fière. Parce que réfléchir à l'endroit parfait pour jeter la clé, c'est un jeu dont je ne me lasserai pas - jusqu'à l'avoir fait, enfin. Parce qu'avoir les photos des différentes étapes, c'est me donner - ou presque - l'impression que j'y étais. Parce que je suis à cet instant la plus heureuse de toutes, je luis dis "Merci".

"Descends un peu de ta montagne !", me direz-vous. "Tu n'iras pas bien loin sans ton passeport, ma petite !" Et c'est le moment où, tel Sacha lançant sa Pokéball, je brandis le-dit passeport - préalablement ouvert à la page du milieu - en répondant d'un air vengeur - et ridicule - "Na !".

Pardon chers voisins pour le bruit occasionné lors de l'ouverture de ma boite aux lettres. Je n'ai pu contenir - le soulagement et - la joie face à cette enveloppe que j'ai reconnue au premier regard. J'ai ainsi l'honneur d'annoncer que j'ai mon aller pour Pékin ! - limité à une durée de 30 jours après mon arrivée, mais tout de même. L'excitation est palpable dans la cuisine, le passeport est ouvert à la page du Visa pour la République Populaire de Chine, la jeune fille affichant un large sourire tape frénétiquement sur les touches de son - pauvre et torturé - ordinateur.

Bientôt je serai comme Ulysse qui, heureux, a fait un beau voyage.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #北京

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J
Non, tu n'as pas besoin de redescendre de ta montagne, l'air y est beaucoup plus pur. Profite, profite bien ! :o)
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