Les soirées alsaciennes

Publié le 11 Septembre 2013

Certes, l'organisation administrative de Strasbourg laisse à désirer - je l'ai assez répété ; cependant, en ce qui concerne la mise en oeuvre d'activités et d'animations culturelles, tous les efforts sont déployés. La ville propose de très nombreuses choses à découvrir à ses étudiants, au sein-même du campus.

En cette soirée du 11 septembre - je pense que cette date fera toujours tilt dans ma tête - a lieu le Concert de Rentrée sur le parvis de la faculté de droit. Au programme, 3 groupes étudiants pour mettre l'ambiance.

Bon, pas grand monde devant la scène. La plupart des étudiants attendent avec un ticket que les tartes flambées soient prêtes - et oui, fini les kebabs et traditionnelles pizzas - ou que leur bière soit servie. Au milieu de cette jeune population, des filles et des garçons en imperméable bleu distribuent préservatifs, éthylotests et bouchons d'oreille - original. J'ai aimé la naïveté avec laquelle mon amie américaine en a pris une poignée avant de me demander ce qu'était la chose en question. Mais j'ai encore plus aimé la gêne que j'ai pu lire sur son visage : non, ce ne sont pas des caramels...

La musique est entrainante et peu sont ceux qui résistent à se trémousser sur les airs qui s'enchainent - j'avoue m'être laissé tenter, perdue dans la foule. Mais comment résister à aux tubes divers et aux chansons tirées des dessins animés de mon enfance ! Aladin aurait pu être un grand DJ, j'en suis sure.

Mais soudain dans le ciel, un éclair. Un deuxième. Un dernier. Puis une goutte. Dix gouttes. Cent gouttes. Et une belle averse. Il fait nuit, il fait froid, il pleut. Alors, les soirées alsaciennes ressemblent à ça ?

Le troisième et dernier groupe s'installe et commence son show. Sous les accords envoutants de guitare, nous allons nous mettre à l'abris d'un stand déserté dont les tables sont couvertes de tartes flambées. Une dame d'un certain âge en profite pour nous faire la promotion de l'assurance maladie étudiante et nous tend un panier débordant de préservatifs tout en arborant un large sourire. Non merci, pas de caramels pour moi.

Après une longue discussion, deux-trois éclats de rires et un bref "au revoir", je prends la route pour rentrer. Sous mon parapluie. Les rues du campus sont désertes et le son de mes talons résonnent malgré la pluie battante. Sur la route je croise des jeunes qui déménagent sous la pluie - déménagement pluvieux, emménagement heureux ! - les derniers clients d'un restaurant qui rient avec le patron, une courageuse qui fait son footing, un homme à vélo sifflant sous son parapluie, deux jeunes qui dévorent un kebab en faisant l'éloge de Bob Kelso. Le tout sur un fond de cloches de la cathédrale.

Alors c'est ça, les nuits alsaciennes...

Finalement, après avoir fait ma grande à sortir perchées sur mes talons, je retourne en enfance le temps d'un soir. Enfouie sous ma couette, mon ordinateur sur les genoux et un onctueux chocolat chaud dans les mains - un fait-maison comme celui de maman. J'entends la pluie qui tombe dehors et le tram de 22 heures qui passe. Tout à coup, on frappe à ma porte. Le marchand de sable vient de passer...

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Strasbourg

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