Centre-ville vs. Banlieue
Publié le 3 Septembre 2013
Parfois je me demande : centre ou banlieue ? Choix cornélien. Chacun présente ses avantages et ses inconvénients.
Prenons d'abord le centre-ville. Strasbourg a la chance de bénéficier d'un quartier central presque uniquement réservé aux piétons et aux cyclistes. Je tiens d'ailleurs à préciser que mis à part Amsterdam, je n'ai jamais vu l'usage du vélo si démocratisé. À gauche, à droite, attachés sur la place Kléber ou roulant - à toute vitesse - sur les très nombreuses pistes installées à cet effet, ils sont absolument partout. Il faut en être averti, car j'ai été souvent surprise par la priorité qui leur est accordée. Un conseil : ne jamais oublier que la piste cyclable borde le trottoir et que la coutume veut que ce soit chacun sa voie.
À pied ou à vélo, donc, il est possible d'arpenter - et se perdre dans - les rues et ruelles pavées et bordées de maisons alsaciennes, avec ici et là une jolie place. Il existe ainsi plusieurs moyens pour se repérer : la cathédrale Notre-Dame visible d'un peu partout, les grands axes piétons - je retiens en fonction des magasins fétiches - les lignes de tramway et les grands places sur lesquelles on finit toujours pas tomber. Parce que toutes les rues mènent à Kléber. Ou presque.
Je n'oublie pas les quais qui entourent le centre et longent l'Ill. En été, le soleil s'y reflète et je suppose que l'hiver offrira des flocons à la place. Je prends la rue des Grandes Arcades, j'arrive Place Gutenberg, je fais un détour par la place de la Grande Boucherie avant de retourner prendre le pont du Corbeau - je progresse. Pour l'anecdote, j'ai appris très récemment - merci le guide ! - que de ce pont étaient jetés - enfin, enfermés vivants dans une cage ou dans un sac cousu, soyons précis - voleurs, auteurs d'infanticide et femmes coupables d'adultère. Comme c'est romantique...
À plusieurs kilomètres au nord, au sud, à l'ouest ou à l'est, s'étend la banlieue - seul antonyme explicite du centre qui m'est venu à l'esprit au moment où j'écris - de Strasbourg. Il faut compter environ 25 minutes pour aller jusqu'au parc de la Citadelle par exemple, tout à l'est de la ville. Après Vilnius et Tallinn, je retrouve les plaisirs de la marche - sans les côtes. Très rapidement, on remarque un air de campagne qui s'installe au fil des paysages. Cette fois, la route reprend sa place centrale mais elle est côtoie toujours piétons et cyclistes. Je découvre sur ma gauche de beaux quartiers résidentiels tandis que sur ma droite, s'imposent de gros bâtiments industriels le long de l'Ill sur le quai des Alpes.
Parc de la Citadelle, Strasbourg
Au retour, je me perds dans les rues - et je garde par miracle un certain sens de l'orientation qui me permet de retrouver le quartier de la Krutenau. Je longe le jardin botanique de l'Université par la rue de l'Observatoire et prend à gauche Place Arnold vers l'avenue de la Forêt Noire. Sur les trottoirs, les écoliers sortant de leur premier jour de classe dévorent le goûter tout droit sorti de la boulangerie. Une petite fille, la paille de sa briquette dans la bouche, ne prend même pas la peine de répondre aux questions de son père tandis que quelques mètres plus loin, un petit garçon raconte dans les moindres détails sa rentrée avec un enthousiasme prenant.
Non. Décidément, je ne pourrai pas choisir entre le centre et la dite-banlieue. Cependant, je commence à faire une liste de choses à faire ou à refaire :
- Faire un pique-nique dans le parc de la Citadelle et lire à l'ombre d'un saule pleureur
- Manger un bagel au Nutella sur la place de Zurich
- Se perdre dans les rues entre les places Broglie et Saint-Étienne
- Faire le tour de la place de la République et revenir en longeant les quais
- Admirer le charme de la Petite France et prendre un verre en terrasse au bord de l'eau
- Monter en haut de la plateforme de la cathédrale et chercher son appartement des yeux
- Faire du shopping rue des Grandes Halles et place Kléber
- Écouter l'accent des passants alsaciens en mangeant un bretzel
- Déguster une tarte flambée - au munster pour les gourmands - accompagnée d'un verre de Gewurztraminer bien frais
Strasbourg, je t'adopte.