Un dimanche chez les Alsaciens
Publié le 1 Septembre 2013
Courte nuit et réveil sous un ciel nuageux. Cela ne présage rien de bon. Il est...8h45. Debout. Le petit déjeuner se fait avec les yeux encore endormis et la tête dans les rêves interrompus. Les céréales croustillent, les tartines grillées sautent, la bouilloire siffle et les verres pleins de jus de fruits s'entrechoquent. L'âme des bons français - gourmands - se fait sentir.
Le départ qui suit est - de façon surprenante - beaucoup moins agréable et m'oblige à un dur retour à la réalité. Un câlin, un deuxième, des bisous et ma maman qui s'échappe dans la voiture. Je peine moi aussi à retenir mes larmes. Il est 10h01, le dimanche 1er septembre et j'habite désormais seule dans mon propre chez-moi. Pour la première fois. Je ne saurai décrire précisément cette impression qui m'envahit soudain. Un mélange d'excitation, de soulagement - tout est rangé, plié, caché, nettoyé - de tristesse et de peur. La rentrée n'est que dans une semaine, il va falloir s'occuper.
Je ne perds pas une minute et me lance à la découverte de ma nouvelle acquisition "Strasbourg en quelques jours" - il n'y avait pas "Strasbourg en 365". J'apprends avec émerveillement qu'il est possible de monter en haut de la Cathédrale Notre-Dame - je n'avais pas reçu le mémo - et que, ô chance ! c'est gratuit tous les premiers dimanches du mois. Ni une, ni deux, j'enfile mon pull, attrape mon sac, chausse mes lunettes et en route ! Enfin, pas encore. J'ai oublié les chaussures.
Vues du haut de la Cathédrale Notre-Dame, Strasbourg
J'arrive, il n'y a pas grand monde devant l'entrée. Tant mieux, je n'aime pas les touristes - moi, c'est différent. Au guichet, je suis fière de dire que "67 000" est mon code postal. Puis vient la longue, longue, longue ascension. Je ne me suis pas amusée à les compter, mais mon guide, la panneau à l'entrée et l'enfant devant moi affirment tous qu'il y a bien 332 marches. Une de plus ou de moins, je ne suis plus à ça près. De toute façon, je suis bien trop concentrée à ne pas quitter la rambarde lorsque j'aperçois le vide par les ouvertures.
Me voilà enfin à 66 mètres du sol, sur le toit de la cathédrale. La vue est superbe mais je me fais cependant quelques remarques : il est dommage que la vue panoramique ne soit pas possible à 360°C et qu'on ne puisse pas voir la place de la cathédrale à nos pieds ; c'est une visite à faire de préférence quand il fait beau. Quelques photos plus tard et 332 marches plus bas, je suis sur la terre ferme.
Mon livre conseille quelques rues autour de la place, et je décide de lui faire confiance. Aucune déception. Les rues sont belles et propres - un détail qui a toute son importance - les maisons sont alsaciennes et la verdure est présente partout et sous toutes les formes. Je suis charmée. Ce sont ensuite mes yeux qui me servent de guide alors que je déambule dans le centre-ville. Je me perds, puis me retrouve et apprends à situer les rues les unes par rapport aux autres. Je prends un plaisir certain à essayer de me rappeler le nom de chacune et leur liaison par rapport aux places.
Strasbourg, tu n'auras bientôt plus aucun secret pour moi ! Ou presque.