Balade insolite dans les rues de Strasbourg

Publié le 29 Septembre 2013

Shalom Cosmétique, rue de l'Épine, Strasbourg

Shalom Cosmétique, rue de l'Épine, Strasbourg

1 mois. Déjà. 1 mois que j'ai quitté Nantes pour la trépidante ville européenne de Strasbourg. 1 mois que j'ai mon propre chez-moi et je mène une vie indépendante. 1 mois que la ville m'accueille en son sein. 1 mois que je la découvre sous toutes les coutures. 1 mois. Déjà. Et pourtant. Une simple balade dominicale suffit à me surprendre. Encore.

Je quitte mon douillet petit appartement sous un grand soleil. L'air est frais mais pur - si on fait abstraction des particules de pollution. À mon bras, un sac rempli de bouteilles de bières et de vin - vides. Qui dit lendemain de soirée, dit sortie au point-tri ! Et je porte une attention toute particulière au recyclage. Bref. Je jette ces cadavres, quelque peu honteuse du bruit engendré - et de cette image que je risque de donner. Ouf. Ni vu, ni connu, je t'embrouille.

Alors que je m'apprête à quitter les lieux du crime - l'arme étant soigneusement rangée dans mon sac - j'aperçois une dame, une carte de Strasbourg dans les mains qui semble perdue. Je m'approche et lui dis avec ma voix la plus douce : "Est-ce que je peux vous aider, Madame ?" Contre toute attente, elle me répond d'un bref et sec "OK" avant de détourner le regarder. Je tente à nouveau ma question mais ne récolte d'un regard plein d'incompréhension et de peur - je sais que je suis sortie la veille, mais quand même...

Tant pis. Je l'abandonne et continue mon chemin. Je me mets en quête du bar de la soirée passée - justement pour illustrer l'article précédent. Je reconnais une rue, en prends une autre, me perds l'espace d'un instant et me retrouve finalement devant le-dit bar. Une photo discrète - non, je ne prends le Korrigan en photo par pur plaisir - et je fuis la rue de la Lanterne. Ouf, personne ne m'a vue.

Les petites rues du centre font maintenant sens dans ma tête et je repère aisément celles que je dois prendre. À ma droite, je passe le Cul-de-sac du Paon - sympa le nom. Et soudain, je le vois sur la gauche. Alors je passais innocemment par là, mon regard est attiré par la présence de ces chaussures, toutes plus extravagantes que les autres. Je crois rêver, ferme les yeux et les rouvre - parce qu'on ne sait jamais. Non, elles sont toujours là. Mises en avant dans cette vitrine. Une photo s'impose pour immortaliser ce moment improbable. Décidément, Strasbourg n'est jamais à cours de surprenantes découvertes.

À présent, retour à la maison. Alors que j'arrive au niveau de l'arrêt de tram au pied de mon immeuble, un couple passe devant moi. Curieuse comme je suis, je ne peux m'empêcher d'écouter leur conversation - ils parlaient fort, je tiens à la préciser. Dans un très bon anglais - mais relevé d'un léger accent de je ne sais où - l'homme tient un discours des plus particuliers : si Monsieur pouvait se réincarner, il aimerait être homosexuel ou bien être une femme. Pourquoi ? Pour connaître une toute nouvelle vie, pour avoir un point de vue différent, pour "voir ce que ça fait d'être une femme". Euh, ok. Si c'est le genre de choses qu'il aborde un dimanche à 14h, j'aimerais savoir le discours qu'il tient le samedi soir après avoir bu !

Pensant que la journée de l'insolite avait touché à sa fin, je me pose au soleil sur la Presqu'Île André Malraux. Je m'installe avec mon ordinateur, mon Courrier International et mes lunettes de soleil. Nous sommes bien - mon ordinateur est un être à part entière. Soudain, une femme se met à chanter. Les sons qu'elle sort ne sonnent parfois - voire souvent - faux mais je peux constater une certaine maitrise malgré tout. Ce que je ne savais pas sur le moment, c'est qu'elle avait l'intention de rester à quelques mètres derrière moi, les oreillettes vissées sur les tympans, à chanter des chansons - de type Rihanna, Destiny Child - tout en surveillant ses deux petites filles. Normal.

Comme le dirait What the Cut - mais sur un autre thème : "C'est normal à Strasbourg !"

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Strasbourg

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