Escale dans le Haut-Rhin
Publié le 1 Décembre 2013
En ce dimanche 1er décembre et dans un froid glacial, je fais une première infidélité à ma tendre ville de Strasbourg. Je profite de la présence paternelle pour découvrir une autre ville. Plus petite, plus au sud. Bienvenus à Colmar !
Emmitouflés dans nos manteaux, écharpes et gants, nous voici dans le train TER à destination de Bâle. Nous avons pris place dans un compartiment de 6 places où malheureusement nous sommes désormais en très mauvaise compagnie. Tandis que je m'apprêtais à lire tranquillement durant le trajet, trois personnes arrivent - en parlant très fort - et j'entends la plus jeune lancer un plus ou moins discret "Oui bah ils vont bien pousser leurs affaires". J'enlève mon manteau et attend un "merci" qui ne viendra jamais. Je tente de me replonger dans la lecture du Courrier International, mais je réalise très rapidement que ce sera impossible. Les voilà parti à discuter de leurs plans pour Noël et ma désagréable voisine de se plaindre encore et encore - exaspérante, mais à un point. La gare de Sélestat passée, celle de Colmar ne se fait pas attendre très longtemps et je soupire de soulagement à la sortie du train.
Le soleil chauffe mais le vent suffit à refroidir l'ambiance. Je constate avec plaisir que le ciel est dégagé et d'un bleu franc. Seuls 500 mètres nous séparent du centre ville et nous entamons notre chemin à pied. Nous passons par le Champ de Mars qui est désert. La ville semble jusqu'ici comme morte. Même sur la place Rapp qui s'étend sous mes yeux, des grilles empêchent le passage et le silence se fait entendre. Nous continuons notre avancée et j'aperçois au loin une petite foule.
Voici enfin le coeur de ville. La petite place qui nous accueille a une charme que les décorations de fin d'année ne font qu'accentuer. Je suis dès les premiers instants séduite et mes yeux dévisagent ce nouvel environnement. Le temps d'une escale pour un bretzel - gratiné, c'est encore meilleur - et je me retrouve à déambuler dans les petites rues pavées.
Marchés de Noël, Colmar
Les rues s'enchainent sous mes pieds et nous arrivons finalement à un marché de Noël. Les produits sont similaires à ceux que l'on trouve à Strasbourg mais il y a un je ne sais quoi qui fait que j'apprécie d'autant plus la balade - peut-être ce ciel bleu qui se substitue le temps d'une journée à la grisaille quotidienne. Je comprends désormais la renommée de Colmar dans la région.
À quelques pas de là, nous découvrons un autre marché. Je ne résiste pas à la mêler à la foule - que j'ai cependant parfois du mal à supporter - afin de m'imprégner de ce la magie de Noël. Étant particulièrement attachée à cette fête de fin d'année, je savoure les chants de chorales, les pains d'épices, les bougies et l'odeur du vin chaud qui se répand dans aux alentours. Je me prends à vouloir goûter toutes les spécialités qui s'étendent sur les différents stands, à vouloir acheter toutes sortes de souvenirs pour les mettre au pied du sapin, à rêver de celui que je pourrais avoir dans mon appartement. L'odeur d'une baguette au munster me sort de ma torpeur et j'évite de justesse la personne devant moi.
La balade se poursuit dans un quartier réputé de la ville. Après la Petite France strasbourgeoise, je suis heureuse de voir la Petite Venise. Je ne pourrais témoigner de la ressemblance, mais la présence des nombreux canaux donne à ce lieu toutes les caractéristiques du paradis pour un dimanche après midi. Nous marchons le long de l'eau et mon appareil photo immortalise bon nombre de vues autour de moi.
Mais le froid nous rattrape et nous nous réfugions dans un bar non loin de là. Lorsque nous ressortons, le ciel s'est couvert, le froid est d'avantage tombé et nous prenons tranquillement la route du retour. Soudain, je réalise que la place Rapp littéralement vide quelques heures auparavant est désormais bondée - ou presque. Au centre, une patinoire improvisée sur laquelle petits et grands s'amusent, glissent et tombent. Je ne me lasse pas d'observer ces gens, à défaut de tester mes capacités - très limitées - sur la glace.
Le ventre rempli, les yeux émerveillés et les mains glacées, nous prenons la direction de la gare. Strasbourg, tu m'aurais presque manqué.
La Petite Venise, Colmar