LE marché de Noël par excellence

Publié le 29 Novembre 2013

La rue du Vieux Marché aux Poissons illuminée, Strasbourg

La rue du Vieux Marché aux Poissons illuminée, Strasbourg

Où se situe le plus grand et le plus beau marché de Noël de France ? Un des plus grands d'Europe ? À Strasbourg, pardi !

Fini les grandes escapades - du moins jusqu'à cet été - et direction l'attraction locale mais aussi nationale. Qui n'a jamais entendu parlé du célèbre marché de Noël de Strasbourg ? Bon, pour cette année, on omettra un petit soucis visuel : le grand sapin qui trône sur la place Kléber et qui sera illuminé dans moins d'une heure, penche quelque peu. Bon 50 centimètres c'est déjà pas mal. Et surtout ça se voit. Heureusement que les experts ont dit que ça ne craignait rien ! Ça donne un petit côté exotique italien à la chose - le sapin de Pise, vous ne connaissez pas ?

Nous arrivons très en avance comme toujours. Une amie a réussi à motiver les troupes pour l'inauguration qui débute à 18h. 17h45, place de l'Homme de Fer nous nous retrouvons en dehors de la foule avant de nous y engouffrer. Alors que nous prenons place, la pluie fraiche commence à tomber. Capuches et bonnets sur la tête, nous faisons un petit tour des cabanes présentes sur la place. Premier arrêt : un verre de jus de pomme aux épices - je ne suis pas fan du vin chaud. Le reste ne nous intéressant pas, nous cherchons le meilleur endroit pour la suite du spectacle. Je ne peux m'empêcher de regarder ce pauvre sapin avec une once de pitié. Le tableau est quand même ridicule...

18h30, il fait froid. Heureusement, le concert commence. Un groupe d'enfants - qui doit avoir terriblement froid car peu couverts - se met à chanter - en play-back - sous la direction d'un chef de chorale un peu trop expressif. Après une courte concertation, nous sommes toutes d'accord pour se demander : "Quel est l'intérêt de faire faussement chanter des enfants ?". Autant mettre un CD.

Soudain, le présentateur devient presque hystérique. La célébrité qu'il annonce ne va pas tarder à faire son entrées sur scène. Pour la sortie de son nouvel album, elle nous fait l'honneur de venir ici parmi nous ce soir - c'est sans doute une opération pour détourner nos regards de ce foutu sapin. Attention, elle arrive ! Des tonnerres d'applaudissement pour... Sylvie Vartan ? Oh. Je ne m'y attendais pas à celle-là. Une d'entre nous s'écrit presque "Et il est où Johnny ?". Pas très gentil. Allez, donnons lui une chance. Le gros plan sur son visage n'est pas beau à voir : trop de maquillage, sous doute quelques lifting, et pourtant une peau qui pend - quand même beaucoup - au niveau de son cou. Peut-être que la musique va rattraper le tout. Raté aussi. Elle chante en play-back - c'est une manie à Strasbourg ? Alors qu'elle agite le micro dans tous les sens, sa voix reste la même. Je plains les pauvres enfants restés en arrière plan. La deuxième chanson qu'elle "chante" - les guillemets ont toute leur importance ici - date d'il y a au moins trente ans et je doute sérieusement que sa voix soit restée aussi jeune. Les applaudissements sont très peu nombreux - le présentateur continue de s'imaginer une foule en délire - et ma pitié pour elle est encore plus grande que pour le sapin - c'est dire.

Heureusement, l'attention se détourne d'elle et tous les yeux se posent sur la facette du bâtiment de l'Aubette. Les jeux de lumières effectués sont superbes et l'on voit se succéder différentes ambiances : les Beatles, Pink Floyd, de l'électro, des chants de Noël... Je craque littéralement pour le bonhomme en pain d'épices - le même que celui de Shrek - qui se déplace en pas chassés sur toute une longueur. Le spectacle s'achève sur la délicieuse version de Louis Armstrong de "What A Wonderful World". Cette fois, toutes les mains s'unissent pour créer un joyeux vacarme.

Tous transits de froid n'attendons que le décompte du Maire de Strasbourg pour illuminer la ville. Soudain derrière nous, la foule s'agite. Je me retourne et nous apercevons au loin 4 bonhommes blancs gonflés qui se déplacent en tournant. Arrivés au pied du sapin, ils commencent à clignoter et tournent de plus en plus vite. Flash ! Toute la ville s'allume et plus particulièrement le fameux sapin qui est juste devant mes yeux. L'éclaire est sobre, élégant et je me croirais presque à Noël.

Le sapin (qui penche), la "fierté" de Strasbourg

Le sapin (qui penche), la "fierté" de Strasbourg

Maintenant que tout est beau et éclairé, nous sommes affamées. Nous prenons la route pour aller vers la cathédrale. Mais alors que je me retourne pour m'assurer de ne pas avoir perdu mes acolytes, un de ces bibendums me fonde dessus. Je me recule à temps, non sans laisser échapper un cri de surprise - au plus grand plaisir d'une amie prise d'un fou rire. Les voici alors qui se pavanent au milieu de la foule amusée, faisant des câlins, courant après les plus téméraires, formant une ligne pour les photos. Les hommes à l'intérieur de ces "déguisements" ma foi très encombrants ne semblent eux, pas enjoués du tout. J'en repère même un qui me parait terriblement anxieux et mal à l'aise. Souriez, vous êtes filmez !

Une bonne d'émotion plus tard et tandis que le quatuor devient trio, nous passons devant une boulangerie. Nous en ressortant peu de temps après chacune avec un mannele - brioche traditionnelle alsacienne pour la Saint Nicolas. Nous avançons vers le marché de Noël Croate et nos narines sont séduites par l'odeur de munster qui y règne. Alors que je finis de dévorer la tête de la pauvre brioche, nous nous retournons simultanément sur une baguette au fromage gratiné qui passe sous nos yeux. Ni une, ni deux, je repère la cabane d'où provient le graal du moment et nous nous y ruons. Le temps d'attente nous permet de choisir entre la baguette au munster et la gratinée. Lorsque la vendeuse me remet ce précieux diner, mes papilles font des bonds et je ne tarde pas à croquer dedans. Un délice. Et nous voilà marchant dans les ruelles du marché de Noël, la bouche pleine de fromage, les mains gelées et les yeux rivés sur les décorations aux alentours. Je ne me lasserai donc jamais de ces fêtes de fin d'année.

Les étrangers sont déjà nombreux à avoir fait le déplacement et je me sens heureuse d'être là. Au détour d'une rue qui mène à la Cathédrale, la bourrasque de vent crée un frisson glacé qui me parcourt l'échine. J'engouffre ma dernière bouchée et nous entrons dans Notre-Dame, où a lieu un concert. Un rapide coup d'oeil au programme m'apprend que c'est un groupe d'enfants malgaches qui être en ce moment même à l'oeuvre. Les rangs sont pleins et nous prenons place sur les derniers sièges du fond.

La musique est...originale. Je ne comprends rien des paroles, mais ne chose est sure : ça sonne faux. Nous ne restons au final qu'une petite demi heure - ce qui est déjà bien compte tenu dudit spectacle. Mais lorsque nous sortons, en plus de retrouver le froid hivernale du soir, nous réalisons qu'à seulement 21h15, le marché est déjà fermé. Seuls les stands de nourriture sont encore ouverts. Après une légère hésitation devant un bretzel sucré - que je ne prendrai pas - nous prenons la route du retour ensemble. Les illuminations donnent une ambiance toute particulière à la ville dont je ne vais pas me lasser.

Malgré le froid, nous discutons encore une demi heure avant que chacune prenne la route de son chez-soi. Un dernier regard à cette belle mise en bouche de Noël et je file me réfugier bien au chaud sous ma couette. Strasbourg, tu me fais rêver.

Dans les rues du marché de Noël, Strasbourg
Dans les rues du marché de Noël, Strasbourg
Dans les rues du marché de Noël, Strasbourg

Dans les rues du marché de Noël, Strasbourg

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Strasbourg

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