La face cachée de Tallinn
Publié le 21 Août 2013
Le midi nous allons au Von Krahli Aed . Je retrouve - par bonheur, autant pour mon estomac que pour mes papilles - une cuisine équilibrée le temps d'un déjeuner dans un cadre cocooning. Déjeuner léger "gâché" quelques heures plus tard par une délicieuse part de tarte au Vermont Gourmet. Les restaurants, cafés et autres tentations n'auront donc jamais pitié de moi…
En cet après-midi ensoleillé, nous quittons le centre-ville pour l'est de Tallinn. Deux kilomètres plus loin - la ville n'est pas si petite que ça et l'échelle de la carte est trompeuse - j'aperçois le Kadrioru Parc. Sur la gauche, un magnifique parc à l'anglaise. À côté, 'une fontaine et un kiosque au centre du bassin. Ce sera notre prochain arrêt pour les jambes.
Une centaine de mètres plus loin , me voilà au Musée d'Art Étranger. Malgré la rénovation en cours, il offre une façade impeccable bordée d'un jardin digne d'un paysagiste de renom. Les Russes sont nombreux à se prendre en photo devant la fontaine - avec une tablette, bien sur - tandis que les touristes suivent en troupeau le guide au parapluie.
Il est difficile d'imaginer qu'à seulement quelques mètres au-dessus, se trouve le palais présidentiel. Tout de rose peint , il est loin de passer inaperçu. Au milieu des arbres du parc, il pourrait être confondu avec les autres moments nationaux. Mais une fois face à ce-dernier, je discerne un garde devant l'entrée. Je ne peux m'empêcher de comparer l'Estonie à la France : impossible de voir le palais de l'Élysée perdu dans la banlieue, dans une fôret et ouvert - ou presque - au public. Ce pays n'a pas fini de m'étonner.
Le temps d'écrire un article au bord de l'eau et me voilà repartie. Pas de repos pour les touristes ! Nous voulons rattraper le centre-ville par la côte ; mais il s'avère que c'est tout juste impossible. Traverser ce qui ressemble à un périphérique n'est pas une mince affaire, et il faudra marcher plusieurs centaines de mètres avant de trouver un passage piéton. Marcher dans des terrains vagues, des quartiers peuplés de maisons et d'immeubles délabrés n'est en soi pas rassurant - on longe pourtant la mer Baltique. Croiser des entreprises diverses et des garages de tuning, prouve bien le changement de quartier.
Ici, pas de pavés, de jolies maisons en bois ou à moulures, pas de restaurants ou de boutiques touristiques. C'est la banlieue tallinnoise, et le terme qui me vient pour la décrire est "ghetto". Je me sens gênée. Certes, je découvre la ville dans sa totalité ; mais je ne suis pas à mon aise et me sens indisposée face à ce côté - trop - soviétique et miséreux.
Un peu plus loin, le port d'où les paquebots partent pour la Finlande. Encore après, le port de plaisance. Je commence à retrouver la Tallinn que j'ai visité le matin-même. Ce que je remarque cependant, c'est l'absence d'âmes humaines dans les environs. Tallinn, ville fantôme. Ville aux multiples visages.
Au bout de notre route, le Tallinna Linnahall : le palais de la culture et des sports dédiés de Lénine à l'occasion des Jeux Olympiques de Moscou de 1980. Ce bâtiment immense qui surplombe la mer est d'un plat et d'une tristesse mortels. La gloire soviétique, aujourd'hui ternie, a laissé place à un espace sous-terrain à l'abandon et 'une plateforme où la jeunesse se retrouve autour d'une bière - les débris en sont la preuve.
Triste image sous un ciel gris.


