Le périple Gildarien

Publié le 5 Novembre 2015

Le périple Gildarien

Aller à Saint-Jodard, petite bourgade au centre de la France (entre Lyon et Saint-Étienne pour être exacte), depuis la Plaine sur Mer (au bord de l'océan Atlantique et aux portes de la Bretagne) n'est pas toujours une partie de plaisir. J'ai tout d'abord pris la voiture jusqu'à Nantes où m'attendait un (premier) train à destination de Lyon : comptez quatre heure vingt de trajet (pour bien se mettre dans l'ambiance). Heureusement accompagnée d'un excellent (mais triste) roman, je ne vois pas la première partie du voyage passer.

13h30. Je pose les pieds sur le quai de Part-Dieu et attends mon prochain train, un vide et confortable TER qui me dépose à Saint-Étienne (dont la gare porte le ravissant nom de Saint-Étienne Châteaucreux). Le décor environnant est à la hauteur de son appellation : pas terrible, pour être franche. De toute façon, je ne vais pas m'attarder ici. Mon dernier train (ouf) ne devrait plus tarder à entrer en gare. À moins que...

À moins qu'il ne soit tout bonnement annulé, que les passagers soient conviés "dans la cour de la gare" pour tout bonnement monter dans un car qui devient vide bondé (et dont les arrêts se font sauvagement sur les trottoirs, voire même sur un rond-point), que ce car oublie tout bonnement de s'arrêter à Saint-Jodard (mon terminus tant espéré) et me propose d'aller jusqu'à Roanne parce que, je cite, "il y a 6 personnes qui y ont une correspondance". Je prends sur moi pour ne pas balancer au chauffeur que je devrais être arrivée depuis plus d'une heure, que je suis dans les transports depuis 7 heures ce matin et que j'en ai ma claque. Au lieu de ça, je retourne m'assoir à mon siège avec une tronche de six pieds de long. "Elle a pas l'air contente la dame"; faut dire qu'elle n'a pas eu le choix, "la dame". Excédée, je descends au Coteau où mon ami me récupère en voiture.

Mais pas question d'aller à Saint-Jodard (ça aurait été trop facile). Direction l'hôpital de Roanne où il doit récupérer un des frères de la communauté à laquelle il appartient. À l'accueil des urgences, nous sommes pris d'une légère (et mal venue) crise de fou rire mal réprimée, lorsqu'une vieille dame répète haut et fort avec un accent roannais à couper au couteau "Il a vendu la patte à sa fille !" en voyant une petite marcher à cloche pied, aidée par son père. Mal venue la crise, je vous avais dit.

Finalement, plus de 11 heures après avoir quitté mon lit, je pose mes sacs dans une chambre de la communauté Saint Jean. Retraite, séminaire, vacances, appelez-ça comme vous voulez. Mais ces quelques jours ici vous me faire le plus grand bien.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #France

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article