Noël avant l’heure
Publié le 17 Décembre 2015
Voilà que les choses s’arrangent. Serait-ce l’action de mon impatience ? Celle de la période de Noël ? Ou encore l’effet de l’acquisition d’un manteau bien chaud ? Non, tout ça n’est qu’un ramassis de conneries. La raison pour laquelle les choses s’arrangent aujourd’hui, c’est que je suis prête. Aussi bien administrativement qu'émotionnellement.
Oh, j’y pense. Il serait peut-être judicieux de préciser un peu tout ça : dans exactement un mois, jour pour jour, presque heure pour heure, je serai en direction de Moscou, afin de réaliser un rêve vieux de 6 ans. Vous imaginez ? Six ans que je rabâche à qui veut l’entendre que j’aime la Mère Russie, que j’apprends sa langue, me familiarise avec sa culture et ses moeurs, mais que je n’y ai encore jamais mis un seul orteil. Eh bah voilà les gars, c’est décidé. Je pars.
Mais que les choses soient bien claires. Partir en Russie n’est pas une mince affaire. Se balader dans les moindres recoins de l’Europe, passer trois semaines à Chicago et faire un visa pour la Chine, tout ça c’est de la vraie gnognote. Parce que pour obtenir un Permis Vacances-Travail (mon nouvel ami PVT), il faut littéralement se dépêtrer dans les méandres des administrations française et russe pendant plus de 6 semaines et être prêt à vider son portefeuille (jusqu’aux petites pièces rouges tombées dans la doublure déchirée, mais jamais réparée, d’une poche de manteau). Et il faut croire que je suis vraiment prête à tout pour partir dans le pays de la neige, du Kremlin et, bien sûr, du très décrié Monsieur Poutine.
Étape 1. Réunir tous les documents dits « faciles » et commencer une enveloppe dédiée aux papiers pour le visa. Étape 2. Faire des prises de sang (HIV et syphilis, s’il-vous-plaît), ainsi qu’une belle et inutile radio pulmonaire pour m’entendre dire que j’avais une scoliose (non, c’est pas vrai ?). Tout ça, pour obtenir un certificat médical. Étape 3. Prendre une assurance privée hors de prix (mais qui rassure). Étape 4. Prendre rendez-vous à l’ambassade de Russie à Paris près de deux semaine à l’avance. Étape 5. Faire traduire la moitié des pièces par une traductrice assermentée, à qui je refile 275€ en liquide (russian style) Étape 6. Finaliser son dossier et prévoir un séjour à Paris, afin de faire un tour dans le bunker qui sert d’ambassade à nos amis Russes. Étape 7. Retourner bredouille dans les jupes de maman, parce que « il manque 3 apostilles » (apos-quoi ?). Étapes 8. Faire des courriers par milliers (bah oui, Noël approche quand même) afin d’obtenir les trois gros rectangles tant attendus, et les faire traduire (pour une somme correcte cette fois, auprès de la même traductrice qui tient des propos racistes).
Et puis vient l’étape finale. Étape 9. Se faire refouler à l’entrée de l’ambassade de Russie parce que « vous n’avez pas de RDV », finir par faire comprendre au vigile qu’on m’avait dit que je pouvais venir sans RDV, trouver un guichet sans personne et donner mon dossier complet (enfin). Et comme les surprises n’en finissent jamais avec l’ami PVT Russie, on me fait payer 99€ (je tiens à préciser que le visa en lui-même est GRATUIT) pour « vérifier la traduction des documents ». Parce que c’est vrai que le travail et les tampons de la traductrice assermentée, c’est pas suffisant.
Toujours est-il que 6 semaines et 1 500€ plus tard, je vais l’avoir mon visa. Étape 10. Récupération de l’ami PVT (et de mon passeport aussi, tant qu’à faire) le 30 décembre prochain. Enfin, si tout se passe bien…

