Les photographes sont de sortie
Publié le 8 Décembre 2015
Comme elle est longue l’attente. L’attente de réponse pour des (satanés) papiers pour un (satané) visa russe, que je me bats littéralement pour avoir depuis maintenant 6 semaines. Alors pour pallier la déception, l’énervement et l’ennui, je me décide à profiter du magnifique et sauvage paysage de la Plaine sur Mer. Avant qu’il ne soit trop tard. Avant que je ne parte. Enfin.
Le vent souffle. Les vagues s’écrasent sur le sable et les rochers, les arbres se plient face à cette force naturelle, tandis que deux mèches s’échappent de mon chignon tenu miraculeusement par trois pinces, pour se laisser porter par les rafales.
Sur mon chemin, deux couples et un chien. Je les évite et me réfugie sur la plage, où je trouve rapidement de bons sujets photographiques. La musique à fond dans mes oreillettes ne parvient pas à couvrir le bruit des vagues et de la marée. Je suis à la fois dans mes pensées et tout simplement ici.
Tandis que le soleil me rejoint, je prends place sur un banc d’où j’observe cet environnement que j’aime tant. Soudain, le photographe que j’apercevais au loin se retrouve presque face à moi, me prend en photo, puis me lâche un « merci » accompagné d’un grand sourire. Sourire que je lui rends avant de refermer les yeux.
Quelques minutes plus tard, il prend place à mes côtés. Lui, cet ancien journaliste-photographe qui a fait le CFJ à Paris, avant de quitter la profession, déçu. La photo, il s’y est remis il y a seulement quelques années, après 30 ans sans exercer. Il me raconte son choix de boitier et d’objectif, combien il est difficile de photographier les oiseaux en envol, et ne cesse de critiquer la société actuelle : « Aujourd’hui, une photo de guerre vaut dix fois moins qu’un cliché volé des fesses de la princesse de Monaco ». Après tout, il n’a pas tout à fait tort.




