Du 15ème à Clichy
Publié le 15 Juin 2014
Comme elle douce cette ambiance de grève au sein de la SNCF. Pourtant, la chance est avec moi et je pose pieds sur la terre parisienne dès le début d'après midi.
Comme il fait bon de retrouver la capitale, ses rues, son métro, ses expositions. Pourtant, la température est bien plus basse que dans ma belle Strasbourg et les gens se pressent dans les rues.
Comme j'aime errer dans les rues, telle une touriste perdue. Pourtant, lundi s'annonce chargé en examens et je ne suis pas pressée mais plutôt stressée.
Centre Culturel de Chine, Paris 7ème
Première découverte en ce samedi après-midi ensoleillé : un petit paradis chinois dans le coeur de Paris. À l'extérieur, seule la discrète inscription indique qu'on est arrivés à destination. Nous entrons. À gauche, un homme (chinois) lit un journal (chinois). À droite, cinq personnes qui discutent (en chinois). Plus loin, en haut des escaliers nous découvrons une exposition mêlant peinture et sculpture, cultures française et chinoise à travers le travail de deux artistes. Mais le plus intéressant est à venir.
Lorsque nous retrouvons le hall, il est bondé. Les parents des enfants sont réunis et parlent entre eux : la communauté chinoise parisienne attachée à sa culture s'assure que ses descendants seront à même de maîtriser la langue. J'oublie le temps d'un instant que je suis bien en France.
Dans la même lignée, ce soir ce sera "Black Coal" au cinéma. Pour ceux qui aiment les thrillers chinois qui se passent dans le nord du pays, assez palpitants pour vous tenir en haleine, mais assez glauques pour vous en dégoûter, ce film est fait pour vous !
Se faire réveiller tranquillement par les rayons du soleil le dimanche matin. Puis réaliser que quelqu'un a mis la musique un peu (beaucoup) trop fort. Ouvrir les yeux et regarder l'heure indiquée sur son portable : 6h45. Ce doit être une blague. La musique est de plus en forte et ma patience a atteint ses limites. Je tourne en rond, m'exaspère et lutte pour retrouver le sommeil. En vain. Tom finit par se lever et soudain, le son et mon énervement s'apaisent. La tête sous l'oreiller, je me rendors. Enfin.
À Paris il y a tout. Vraiment tout. Et notamment l'exposition du World Press Photo 2014 qui offre aux visiteurs la chance d'admirer les plus belles photos de reporters de l'année. La galerie est presque cachée, la publicité pour l'événement extrêmement limitée. Je suis une privilégiée.
La première photo exposée est celle qui a remporté le prix le plus prestigieux. Des hommes, le bras levé, cherchent une connexion pour leur portable sous la Lune. Les photos qui suivent sont à mes yeux toutes aussi belles, parfois dures, parfois drôles. On y trouve aussi bien un portrait de deux morts dans les décombres du Rana Plaza, celui d'un survivant à une explosion, ou encore le gros plan du visage d'un chimpanzé. Je vous laisse deviner mon préféré.
Je ne sais pas si c'est le métro, le soleil ou les photos, mais j'ai faim. Pour changer. Nous trouvons un petit restaurant comme on les aime dans le quartier des Batignolles (17ème) : décoration de brics et de brocs, serveuses adorables, carte limitée mais produits locaux et salades délicieuses. Le tout sur une terrasse au soleil ou sur des banquettes qui rebondissent. Un petit paradis pour les yeux et les papilles.
Les Puces des Batignolles, Paris 17ème
Et après le déjeuner ? La sieste ! Nous arpentons le parc de Clichy. Les pelouses sont recouvertes par les nappes, les poussettes et les piques niques. J'apprécie cet espace de verdure dans une ville dominée par les bâtiments, les rues et les voitures, où l'on passe la majeure partie du temps sous terre.
Un long banc libre nous donne la chance de nous étendre à l'ombre d'un arbre. Soudain un bruit explose presque. Je me retourne. Des jets d'eau ont envahi la place et provoquent l'émerveillement de tous. Je vous laisse imaginer la joie des enfants et le soulagement des parents qui voient leurs bambins s'éloigner le temps d'un instant.
Ça sent les vacances, et ça fait du bien.
Mais pas le temps de s'endormir non plus, la journée n'est pas finie et une autre exposition nous attend. J'avais été surprise/dégoûtée/intriguée par des extraits des oeuvres de Robert Mapplethorpe. Finalement, nous nous lançons à l'assaut du Grand Palais.
Hum. Les photos sont belles, j'aime l'esthétique et le côté simple de la mise en scène. Mais les photos sont aussi osées et j'aperçois sur les visages un léger sourire traduisant la gène. Peut-être devrais-je vous en donner la raison : Robert Mapplethorpe, fasciné par les sexes, les a pris en photo sous toutes les coutures. Et quand je dis toutes les coutures, j'entends bien TOUTES les coutures. Âmes sensibles s'abstenir.
Dans un tout autre registre, nous passons au détour d'une rue, devant le Palais de l'Élysée. Une voiture met son clignotant à droite, elle va entrer. Je me mets à courir, quitte à avoir l'air bête, pour ne pas manquer une miette du spectacle.
J'aurai vu des marches, des drapeaux, des voitures noires avec chauffeur et des portes qui s'ouvrent et se ferment. Mais ce ne sont pas n'importe quelles marches, pas n'importe quels drapeaux et n'importe quelles voitures.
Telle une enfant devant un spectacle de marionnette, je souris. Et j'imagine François, assis derrière son immense bureau, qui travaille et se masse les tempes pour apaiser son mal de tête. Tandis que moi, je me balade légère, la tête à rêver.
Morale l'histoire : fallait pas faire président.
