"À trop regarder la météo, on reste au bistrot"
Publié le 19 Juin 2014
Alors raison de plus de sortir sous ce franc soleil et ce ciel sans nuage. Les Bretons (et leurs dictons) ont décidément tout compris.
Étant de passage dans le Grand Ouest, un détour par le bercail morbihannais s'impose. Et déjà même sur la route, la Bretagne se fait sentir : les panneaux sont bilingues et les fréquences radios se brouillent. Bienvenue !
Le port du Crouesty, Penny Lane et l'échappée belle.
Et qui dit Morbihan, dit LA MER. Cet élément naturel très peu connu à l'Est (les Vosges, ça ne fait pas tout) m'est pourtant essentiel. Si certains n'ont jamais mis ne serait-ce que le petit doigt de pied dans l'Atlantique, j'ai été habituée dès l'enfance à y faire allègrement trempette.
Toujours est-il que nous sommes jeudi et que le soleil brille déjà très fort à Berric (petit patelin connu pour avoir hébergé Serge Gainsbourg). Après un petit-déjeuner en terrasse, j'enfile mon maillot de bain, chope un bouquin et la serviette de plage. Papa (c'est le mien, mais je vous le prête le temps de l'article) a revêtu son plus beau polo rouge et ses lunettes de soleil. Nous sommes fin prêts.
Le temps de quelques chansons à tue-tête dans la voiture et nous voilà au Port du Crouesty à Arzon. Arrivés au bateau, j'affiche un large sourire. Penny Lane (Papa est fan des Beatles, et alors ?) est là et nous attend. Nous ne tardons pas à monter dessus et rapidement nous prenons la route.
Un fois quitté la zone réglementaire des 3 noeuds, Penny prend de la vitesse tandis que je m'accroche. Cheveux au vent, sur la pointe des pieds pour amortir les remous, je savoure. Le Golfe du Morbihan m'avait manqué.
Seule une demi heure nous sépare de l'île d'Houat. Le sable blond s'étend à perte de vue et contraste avec le bleu du ciel. Nous amorçons le tour de l'île avant de jeter l'ancre sur une première crique.
Mais il ne fallait pas espérer rester seuls le temps du déjeuner. Tandis que nous commençons à casser la croûte, Papa me dit : "Retourne toi tout doucement, sans faire de geste brusque". Soudain j'ai peur. On se croirait dans un thriller. Je me tourne donc doucement pour apercevoir ... un goéland curieux et gourmand. Il me regarde, je le regarde, on se regarde. Il fait demi tour (1/0 pour moi).
Alors que je le pensais parti, le voici qui apparaît de l'autre côté du bateau accompagné de sa copine et qui se met pousser des petits cris de ce style (1/1). Quelle drôle de bête.
Nous reprenons le bateau jusqu'à atteindre un nouvelle petite crique. L'eau y est émeraude, les algues absentes. Papa jette l'ancre le plus près possible de la plage et se risque à tremper les pieds. Les traits de son visage se tordent au point de dégoûter n'importe qui de se baigner. Les petits cris poussés une fois entier dans l'eau ne me motive pas d'avantage.
Il faut croire que son "Mais si, elle est bonne" aura suffit à me convaincre. Je m'y plonge à mon tour et tire la grimace. Quelques mouvements de brasse et nous remontons. 17,6°C. Maintenant je comprends pourquoi j'avais froid.
Une sieste au soleil, la découverte de mes cuisses rouges, une nouvelle baignade et Papa propose de faire le tour de l'île. Il n'est que 16h mais l'air se refroidit déjà tandis que j'aperçois le port d'Houat au loin. Au retour, je passe aux commandes sur la mer d'huile.
Il me tarde déjà de retourner voguer sur les vagues du Golfe du Morbihan. D'autant plus que j'ai une revanche à prendre sur un goéland.
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