En Francallemagne
Publié le 3 Février 2014
La Hauptstraße (rue principale) de Kehl, Allemagne
Les avantages et opportunités de Strasbourg ne sont plus à prouver. Aussi bien l'architecture et le micro climat que la gastronomie et le culte du vélo. Mais il y a bien une chose que j'aime encore plus : la proximité avec l'Allemagne.
En seulement quelques minutes, on passe la frontière. On quitte le pays de la baguette et des grenouilles pour celui de la bière et de la saucisse. Dans une boutique on ne dit pas "Bonjour" mais "Hallo" - et le plurilinguisme prend alors tout son sens. Certes, je vous avait déjà parlé de Kehl et ses boutiques, Kehl et sa gare. Mais en y repensant, je n'avais jamais pris le temps de visiter. Et Tom étant de nouveau germanophile, l'occasion était toute trouvée.
Le soleil brille tant en France en qu'Allemagne et nous parcourons les rues peu peuplées. Tom reprend l'habitude de ponctuer ses phrases de "sehr sehr" et je m'en amuse. La première escale dans l'église de la place principale nous met d'accord : les églises allemandes sont bien moins austères que leurs voisines - il y a même un coin pour les enfants comme chez Ikea. En sortant, je m'évertue tant bien que mal à retenir la signification - et prononciation - du mot "zeitung"- plutôt utile car cela veut dire "journal".
La ville n'est pas grande, les choses à y faire peu nombreuses. Il y a cependant une chose que je rêve de faire depuis - ou presque - que je suis arrivée à Strasbourg : voir le Jardin des Deux Rives. Il s'agit là de deux jardins, un côté allemand, un autre côté français, reliés par un pont. Le pont que je voyais chaque fois de loin. Un pont moderne, esthétique et piéton. Le soleil ne rend le paysage que plus beau.
Sur notre droite, des dizaines de cadenas que tentent de déchiffrer deux supposées Allemandes - plutôt cocasse comme situation. Nous arrivons alors au centre. Un, deux, trois. Mon pied droit vient de passer en France alors que le gauche est encore en Allemagne. Cette pensée me faire sourire un instant puis je franchis entièrement cette frontière imaginaire.
Perturbée par cette fabuleuse découverte je nous perds le long des routes nationales et des vieux bâtiments désaffectés. Au moment où je pense avoir totalement perdu mon chemin - et alors que nos jambes vacillent - je repère à quelques dizaines de mètre le pont que je pensais trouver 2 kilomètres plus tôt.
Installés dans le tram et épuisés, la soirée s'annonce posée.
Jardin des Deux Rives, entre Kehl (Allemagne) et Strasbourg (France)
