"En direct de Strasbourg"

Publié le 11 Février 2014

Salle de la Bourse, Strasbourg

Salle de la Bourse, Strasbourg

Ce mardi 11 février 2014 est un jour particulier. Non, il ne neige pas - bien trop chaud. Non, je n'ai toujours mes résultats d'examen. Et non, je n'ai pas fait de rêve prémonitoire sur la réussite à mes concours. Mais si vous écoutiez la radio ce matin, vous aurez deviné. Bon, la photo aide aussi.

Dans le cadre des très prochaines élections municipales, France Inter se déplace dans plusieurs villes pour la matinale, le 7/9 de Patrick Cohen. En ce mardi, c'est Strasbourg qui était à l'honneur ! Petit bémol : j'ai découvert ça à 7h45 en me réveillant presque. Autant vous dire que je me suis préparée en deux temps trois mouvements et ai couru pour rejoindre la salle de la Bourse - par chance à 4 minutes à pied de chez moi. J'arrive essoufflée et prends place au fond. Je chausse mes lunettes, chope mon carnet - bientôt rempli - mon stylo et ouvre grand les mirettes pour ne pas en perdre une miette.

J'arrive juste à temps pour le début du débat entre Roland Ries, maire sortant PS (depuis 2008) de Strasbourg et Fabienne Keller, ancienne maire UMP entre 2001 et 2008. Le présentateur ne m'est pas inconnu : Bruno Duvic au micro ! - les habitués reconnaitront.

De gauche à droite : Roland Ries, Bruno Duvic, Thomas Legrand et Fabienne Keller.

De gauche à droite : Roland Ries, Bruno Duvic, Thomas Legrand et Fabienne Keller.

La première question porte sur le récent référendum suisse sur l'immigration. Si Fabienne Keller le décrit comme inquiétant et révélateur d'une inquiétude croissante, Roland Ries se dit choqué et dénonce la logique de l'Europe à la carte - bien que la Suisse ne fasse pas partie de l'Union Européenne. Mais très rapidement, le sujet se recentre lorsqu'il accuse la "démagogie des municipales". "Ouuuuhhh", "Bouuuhhh", "clapclapclapclap". Je suis surprise par la réaction qui ne se fait pas attendre dans la salle : la moitié le hue, l'autre l'applaudit. Ça promet pour la suite...

Monsieur Duvic questionne ensuite sur l'impact de l'impopularité du président Hollande. Fabienne Keller se limite à comparer directement Monsieur Ries au président - les gens rient dans la salle - : dans les deux cas, les paroles sont inverses aux actes. Le ton est donné. Lorsqu'on note que seuls 46% des sondages lui sont favorables, elle réplique qu'elle a été à l'écoute des Strasbourgeois et des Strasbourgeoises depuis plus d'un an. Elle défend également un projet de développement de logements dans un quartier moderne derrière la gare.

Je remarque que les questions s'enchainent, mais que les réponses n'en sont pas toujours des vraies. Tout est bon pour attaquer l'adversaire et gagner des applaudissements après sa prestation. Il est 8h34 et Thomas Legrand aborde la questions de l'éthique. Les deux candidats se sont engagés à appliquer le non-cumul des mandats dès aujourd'hui - M. Ries auprès de Transparency International et Mme. Keller auprès d'Anticor. On parle aussi de l'Europe et de la défense du Parlement Européen. S'en suivent encore quelques querelles de bas étages et de justifications dignes d'un "c'est pas moi qui l'ai fait !". On peut sentir que la tension monte et les derniers mots du maire Ries portent sur "l'agressivité et les mensonges de la campagne de Madame Keller". Je vous laisse imaginer les réactions virulentes dans la salle.

Alors que la moitié de l'audience s'est levée et qu'un brouhaha se fait entendre, un homme arrive sur scène. Bruno Duvic fait se rassoir la foule et c'est alors qu'Alex Vizorek nous fait part de son billet. Sur le ton de l'humour, il compare l'Alsace au stracciatella : c'est la France mais avec de vrais morceaux de l'Allemagne dedans. Les rires fusent - et je pouffe aussi. Il ironise la tradition de Noël qui dure 5 mois par ans et le Parlement Européen que l'on pourra transformer en immense Jardiland pour vendre des sapins - idée très lucrative cependant s'il est totalement centralisé à Bruxelles. J'apprends dans ses mots légers que, Roland Ries fut le professeur de lettres de Fabienne Keller au lycée Louis Paster de Strasbourg. "Comment avez-vous osé parler de la sorte à votre ancien professeur ?". L'ambiance s'est calmée et l'on peut voir un sourire sur presque tous les visages.

Pour finir et comme l'a si bien dit Alex Vizorek : dans le doute, Joyeux Noël !

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Strasbourg

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J
:o) Oui, j'ai pensé à toi ce matin en entendant ça. Bel effort d'y être allé ! Vizorek me fait rire, tout comme sa compatriote Charline et son billet à 7h-10, "ça va mieux en le disant", le sourire du p'tit déj. Quand entendra-t-on ta voix sur la matinale d'Inter (ou ailleurs...) ? :o)
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