Un rêve d'enfant qui se réalise

Publié le 12 Janvier 2014

Château de Chenonceau, Chenonceaux

Château de Chenonceau, Chenonceaux

Rien de mieux qu'une bonne nuit de sommeil dans une grande demeure pour reprendre des forces ! Un petit déjeuner copieux et une manoeuvre en voiture plus tard, nous quittons ce lot de maisons hôtelières totalement vides. C'est parti !

Je me sens quelque peu honteuse à l'idée de mieux connaître Strasbourg que Nantes, d'avoir plus visité les environs de l'Alsace que les régions avoisinant la Loire-Atlantique. Pour cette remise à jour, la visite d'un des châteaux de la Loire est idéal. Cependant, je dois noter un léger paradoxe : celui de Chenonceau fut bâti sur le Cher (je vous concède qu'il reste un affluent de la Loire).

Notre arrivée se fait sous un ciel lourd et dans un air frisquet. L'allée bordée d'arbres est sombre mais déjà au loin, on peut l'apercevoir. Au fur et à mesure que l'on avance, je m'inquiète, me questionne. Je suis perplexe. Vu de face, il me paraît minuscule et je pense m'être trompée sur son compte. Je ne pipe mot, souris sur une photo et ne fais part à personne de mon questionnement. Des deux côtés, j'observe les jardins qui s'étendent, puis le puits, les douves. Nous passons enfin la porte et c'est comme un rêve d'enfant qui se réalise.

Je m'improvise guide pour la troupe et fais la lecture à haute voix du fascicule reçu à l'entrée - et j'importune quelques personnes au passage. Nous traversons cabinets, chambres et salles, presque tous décorés de tapisseries anciennes. Je savoure le calme qui plane et la très - très - faible présence de visiteurs en dehors de nous. Et soudain, miracle ! Mes neurones se réveillent, s'échauffent et se connectent - "Cerveau en éruption !" dirait un certain Jimmy Neutron. Le mystère se lève et mes yeux se réjouissent.

La Grande Galerie La Grande Galerie

La Grande Galerie

La galerie de 60 mètres est là, sous mes yeux ébahis. Je suis charmée par le damier au sol, les décorations de Noël qui rappellent les fêtes de fin d'année, la vue sur le Cher, les lustres et autres objets disposés de parts et d'autres. Je découvre sous mes pieds que les dalles blanches sont creusées, mais les noires intactes - ce qui ne facilite pas une démarche stable. Le guide m'apprend qu'aux deux extrémités se trouvent une cheminée. D'un côté, une vraie. De l'autre, une imitation qui camoufle - enfin pas vraiment - des portes qui donnent sur l'autre rive. D'où l'intérêt stratégique de Chenonceau en temps de guerre.

La visite se poursuit aux deuxième et troisième étages. J'aime les couleurs, les plafonds, les cheminées et meubles Renaissance, le tableau de Louis XIV et son cadre majestueux, les tapisseries et l'idée que des rois ont foulé ce sol avant moi. Ce côté magico-historique me fascine. La dernière pièce visitée est la plus sombre du château. Celle où Louise de Lorraine s'enferma après la mort de son époux Henri III. Un portrait de lui dans un coin, des murs noirs recouverts de motifs de larmes d'argent et de couronnes d'épines. Surnommée la "Reine Blanche", elle s'est entourée de religieuses qui vivaient à Chenonceau comme dans un couvent. Bien triste histoire pour une si belle pièce.

Château de Chenonceau - avant et après l'arrivée du soleil
Château de Chenonceau - avant et après l'arrivée du soleil
Château de Chenonceau - avant et après l'arrivée du soleil

Château de Chenonceau - avant et après l'arrivée du soleil

Parc du Château de Chenonceau
Parc du Château de Chenonceau
Parc du Château de Chenonceau
Parc du Château de Chenonceau

Parc du Château de Chenonceau

Finalement, je sors du château, bien décidée à prendre quelques clichés souvenirs. J'en profite pour errer un instant dans le jardin de Catherine de Médicis, mais mes yeux sont vite attirés par la façade si connue et tant reconnaissable du château. Quelques photos par ci, quelques photos par là, je prends mon travail de photographe très au sérieux. Je me dirige ensuite vers le jardin de Diane. plus grand, moins fleuri et boisé. Mais la vue sur l'autre versant de la façade est d'autant plus beau.

Je suis alors surprise du changement radical et soudain de luminosité. Les nuages ont laissé place à un ciel d'un bleu pur et je sens le soleil réchauffer le peu de parcelles de ma peau encore à l'air libre. La vue prend ainsi une toute nouvelle ampleur et les photos n'en sont que plus belles - non pas que je sois douée.

Nous marchons tranquillement dans les allées, dans un air qui se tiédit peu à peu. La prochaine escale ? Le musée de cire. Madame Tussaud c'est de la rigolade à côté. Tous les personnages sont en tenue traditionnelle - normal me direz-vous. Mais un détail me choque particulièrement. Les yeux. Loin des billes en plastique ou en verre peu crédibles, les leur sont vraiment réussis. Et cela me gène, me trouble, me met profondément mal à l'aise. Bien que consciente de ma bêtise, je peine à les regarder plus de quelques secondes d'affilée. Après les clowns, serais-je en train de développer une phobie des poupées ? - je dis non, non, non, non, non, non, non.

En voici d'ailleurs une nouvelle. Elle est à genoux et la légende indique qu'elle pleure sont défunt mari. Sauf qu'au détour d'un coin de la vitrine où l'on peut apercevoir son visage, je remarque qu'y figure un large sourire et des yeux sans larmes. Je pense qu'il y a erreur...

Lorsque nous sortons, le soleil domine et les nuages ont disparu. Tom me regarde et -comme dans les séries américaines - je comprends sans même qu'il ne parle. Je lui donne mon sac, et pars en courant. Avec l'appareil photo. Hors de question de conserver des photos pâlichonnes avec un temps pareil ! Si je reviens essoufflée, je suis surtout satisfaite des nouvelles prises de vue.

Le soleil dessine l'ombre des arbres sur l'allée que nous prenons en sens inverse. Comme à mon habitude, je me retourne et regarde la vue d'ensemble. Sublime ce "Château des Dames". Sur la droite, le labyrinthe repéré dès notre arrivé. Le premier arrivé au centre à gagner ! Nous réalisons vite que taillé trop bas, nos têtes dépassant et il est aisé de trouver son chemin.

Et c'est ainsi que nous quittons Chenonceau - non sans avoir auparavant complété ma collection de "Monsieur Madame". Merci Tom.

Village de Montrésor, un des plus beaux de France
Village de Montrésor, un des plus beaux de France
Village de Montrésor, un des plus beaux de France
Village de Montrésor, un des plus beaux de France
Village de Montrésor, un des plus beaux de France
Village de Montrésor, un des plus beaux de France
Village de Montrésor, un des plus beaux de France

Village de Montrésor, un des plus beaux de France

Changement de lieu, changement de château. Je suis heureuse de vous présenter le village de Montrésor, réputé pour être un des plus beaux en France - même si je crains que les guides touristiques abusent généreusement de cette appellation. Toujours est-il que nous arrivons. Si le soleil est toujours bien présent, les habitants semblent eux avoir déserté. Nous ne rencontrerons sur notre chemin que deux mamies, un chat et quelques oiseaux - j'exagère à peine.

Nous prenons rapidement connaissance dans le guide des choses à voir ici : les halles, le château et ... c'est déjà bien. Les halles, donc. "On se croirait à Clisson". À bien y regarder, elle n'a pas tort. Celles-ci ont néanmoins l'originalité d'avoir une exposition accessible à tous - et même le dimanche - à l'étage. Je réalise que je m'intéresse plus à la charpente que ce qui s'y trouve. Je réalise ensuite que je ne suis pas la seule.

À peine descendue, je repère la très belle devanture d'une boulangerie. Les vieilles vitrines se succèdent au fil de nos pas et charment notre petit groupe. Nous arrivons ensuite au bord de l'Indrois que nous longeons d'une allure tranquille. Le soleil chauffe les épaules et le paysage calme et verdoyant est apaisant. Un peu plus loin sur la gauche, nous apercevons le château tout en longueur que nous rejoignons plus tard. Les petites rues qui y mènent sont jolies et accueillantes.

Quelque peu fatigués, nous ne visitons pas l'intérieur mais parcourons de long en large le jardin. Je me place du côté donnant sur la ville et contemple la vue. On m'appelle et je reprends le mouvement. Quelques pas plus loin, dans une dépendance qui semble abandonnée, nous trouvons une vitrine contenant des animaux morts couverts de toiles d'araignée. Bizarrement, j'aime beaucoup moins. J'apprécie bien plus la découverte de passages secrets - qui ne le sont pas vraiment - qui permettent de faire le tour.

Le soleil commence à décliner et je commence à fatiguer. Tous en voiture vers Loches, notre destination pour la nuit. L'hôtel donne sur l'Indre et notre chambre sur le château - cela explique sans doute la présence d'un fauteuil digne d'un roi en face du lit. Il est temps pour moi de poser ma tiare et de souffler la bougie. Bonne nuit, ô chers lecteurs.

Arrivée à Loches, Indre-et-Loire

Arrivée à Loches, Indre-et-Loire

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #France

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