Une vie royale en Touraine
Publié le 13 Janvier 2014
Le roi et la reine se réveillent. Le soleil me chatouille les yeux et fait scintiller mon tiare. Bon, j'arrête mes bêtises royales et je me concentre à nouveau sur le récit.
Une fois prêts et une halte par la boulangerie plus tard, nous nous posons dans une bar PMU au coin d'une rue. Nous prenons place et je remarque tout de suite les regards sérieux et concentrés, rivés soit sur le poste de télévision, soit sur le journal ouvert à la page des courses hippiques. Jus d'orange, café, chocolat chaud, chacun boit et à mange à sa faim. La salle se remplit doucement. Et chaque fois qu'une personne entre, elle salue et se joint à une autre pour discuter. Les prévisions vont bon train et c'est une ambiance bonne enfant qui s'installe. Je suis surprise par cette complicité et me prends à m'imaginer des heures entières les observer - voilà une idée pour un prochain article.
Le ciel est d'un bleu pur et la vie semble avoir repris son cours en ce lundi mi-janvier dans le centre ville de Loches. Il est grand temps de se dégourdir les gambettes pour se préparer à une nouvelle et dernière journée de visite. Nous débutons d'ailleurs par l'ascension jusqu'à la forteresse à travers les charmantes rues pavées - et piétonnes. La porte royale ne tarde pas à montrer le bout de sa herse. Nous voilà presque au coeur de la ville, au sommet de l'empire de Loches. Nous croisons une église aux sommets triangulaires, un restaurant appelé "Presbytère" - quelle drôle d'idée - et à l'extrémité le donjon. Mon imagination déborde et je ne cesse de penser à tous ceux et celles qui ont vécu ici même il y a des centaines et des centaines d'années. Ma mission de photographe me ramène cependant vite à la réalité.
Un peu plus loin, une pause s'impose. La vue sur la ville vaut le détour et je m'amuse à chercher l'hôtel George Sand - où nous avons passé la nuit - des yeux. Je le trouve aisément, car sur les bords de l'Indre. Nous rejoignons ensuite la basse ville par de nouvelles ruelles que je prends plaisir à découvrir - tendance à m'émerveiller facilement oblige. Il est déjà 11 heures passées et temps de prendre la route. Tous dans la voiture, direction dernière destination.
Au sein de la forteresse de Loches
Dormant comme un loir, je n'ai pas vu les kilomètres défiler. Tandis que mes yeux s'ouvrent doucement, les rues se dessinent peu à peu. Le conducteur se gare sur un parking plus en retrait, au pied d'un étrange ascenseur. Non, nous ne sommes pas dans un souterrain mais bien à l'air libre. Je n'avais jamais vu une chose de la sorte : debout, comme sortant de la terre et à flanc de montagne, l'ascenseur domine la ville et offre aux passagers une ascension rapide et bien peu fatigante - une aubaine. Ayant le vertige, j'appréhende quelque peu la montée dan les airs. "Même pas peur" aurais-je dû dire. J'apprécie même la vue et en oublie - ou presque - la hauteur.
Tel le Roi Lion sur sa falaise - au début du dessin animé pour les non connaisseurs - nous dominons la ville de Chinon. À quelques pas sur la gauche, j'aperçois des gens qui arrivent comme nous. À une exception près : ils ont pris les escaliers. On applaudit bien fort les courageux !
Nous arrivons à l'entrée de la forteresse. Le bâtiment qui abrite les caisses est lumineux et très moderne - le contraste est flagrant et ma foi intéressant. Nous nous voyons remettre chacun un dépliant complet et coloré ainsi qu'une tablette. Dois-je vraiment préciser qui fut le plus intéressé ? Les tâches se répartissent rapidement : Tom à l'iPad, ses parents et sa soeur au fascicule et moi derrière l'appareil photo. La visite peut démarrer !
La première étape se fait à la Tour de la Cloche. Nous découvrons rapidement que cet outil de technologie va nous rendre la visite plus ludique, intéressante et prenante - il faut dire que la dextérité et l'aisance de son détenteur facilite son utilisation. Un, observation du lieu en question sous les explications sonores. Deux, vidéo complémentaire proposant une autre vue. Trois, quelques jeux pour apprendre à mieux connaitre le bâtiment sous nos yeux. Je suis charmée ! La tour visitée, nous suivons notre nouveau guide au fil des couleurs indiquées. Et après on dit que les enfants n'aiment pas les musées ? C'est qu'ils ne sont pas allés au bon ! Celui-ci devrait être pris en exemple.
La deuxième escale est une tour. Le sommet offre une magnifique vue sur les vignes dans l'arrière pays. Au sous-sol, des témoignages audios - et des tags bien moins historiques - des anciennes latrines et les fameuses meurtrières à tous les étages. La seconde tour offre un même retour dans le passé. Si la précédente servait souvent de lieu de banquet, celle-ci fut construit à des fins bien plus miliaires - le canon à son sommet en témoigne. Nous traversons ensuite un pont qui mène à l'extrémité de la forteresse royale. Une nouvelle tour, un ancien moulin et une vue imprenable sur la ville. Chaque fois, nous observons, écoutons, descendons, remontons - et je photographie. Avec ce ciel bleu, chaque paysage est un véritable tableau que je veux immortaliser. Il faut croire que le vent n'en a pas décidé ainsi vu les bourrasques qui me pousse.
La visite se dirige finalement vers les logis royaux abritant une exposition en sons et lumières. Les salles récemment rénovées sont sublimes - mais je ne comprends pas tout l'intérêt des petits films qui y sont diffusés. J'aime beaucoup plus les anciennes affiches et les rappels sur l'histoire de Jeanne d'Arc. À presque 15h, nous sortons seulement. "Et encore, on a pas regardé toutes les vidéos !". C'est vrai. Mais là, on a faim - et le ventre sait bien faire sa loi.
Forteresse Royale de Chinon
Le pique-nique tardif - ou devrais-je dire goûter ? - achevé, nous reprenons la balade. Au pied de la falaise ou presque, nous découvrons les ruelles de la ville médiévale. J'apprécie une nouvelle façon de voir la Tour de la Cloche - très étroite vue d'en bas - je me prends à m'imaginer vivre ici en voyant le panneau "à louer", j'observe les maisons en pierre dans les ruelles, je suis intriguée par la cave à vin dans un troglodyte un peu plus loin - mais ne trouve pas la force d'y aller.
Nous quittons ensuite le centre-même pour longer la Vienne. Hors de question de quitter Chinon sans avoir une vue globale de la forteresse. Nous nous engageons sur le pont. Je refuse de m'arrêter et de jeter un coup d'oeil avant d'être sûre d'avoir le plus beau panorama. Encore quelques pas et c'est bon. Tom a déjà l'appareil en main. 1, 2, 3. Je fais demi tour sur moi-même. Elle s'étend sur tout le flanc de falaise, elle domine.
Une bien belle image pour finir un bien beau weekend. Au revoir Touraine, mais crois bien que je reviendrai.