Balade au travers des siècles

Publié le 11 Janvier 2014

Vous pensiez que mes visites étaient finies ? Que mon imagination avait pris la poudre d'escampette ? Que mon blog avait rendu l'âme ? Il faut dire que même Overblog m'a envoyé un message : "Après 45 jours d'inactivité, nous avons posté des annonces publicitaires sur votre page. Il suffit de publier un article pour qu'elles disparaissent". Bon, il est sérieusement temps de m'y remettre.

Château Royal d'Amboise côté Loire, Touraine

Château Royal d'Amboise côté Loire, Touraine

Tomber malade avant un départ en - long - weekend : une coïncidence, un signe ? Certains diraient que c'est la faute à pas de chance, d'autres penseraient que c'est une façon d'exprimer une peur cachée. Toujours est-il que mon corps me fait faux bond. Maux de ventre, maux de tête - qui toune - courbatures... Allongée sur le canapé où je passe la nuit, je doute de mon état pour le lendemain. Je m'endors tant bien que mal, le coeur lourd et déçue. Le réveil n'est pas de bonne augure. Debout, je manque de tomber. Le départ se fera donc sans moi.

L'histoire de ce voyage commence vraiment le lendemain. Samedi. Il fait gris, mais la valise à la main, je suis prête et impatiente. Direction Amboise. À 11h et des brouettes, je pose un pied - puis l'autre - dans la gare de Touraine. Le bonnet sur la tête et le sourire aux lèvres, je me poste sur le quai et cherche des yeux la voiture. Elle arrive soudain. Je prends place à l'arrière. C'est parti pour de nouvelles aventures !

Quelques mètres plus loin, nous nous garons. Le ciel s'est dégagé et nous partons à la découverte de la belle ville d'Amboise. Un petit tour sur le bord de Loire et un coup d'oeil à la façade du - très réputé - Château. Déjà sous le charme, je ne prends pas garde à Tom qui mitraille tout se qui passe - bonjour les photos... De retour dans la vieille ville, sa maman et moi repérons les très nombreuses vitrines de chocolats, macarons et autres douceurs sous le regard doucement moqueur de son fils. Les ruelles me rappellent étrangement Strasbourg - c'est que tu me manquerais, belle Alsacienne ! Les rues sont presque désertes - pourtant nous sommes samedi - et j'ai l'impression que la ville nous appartient. Le temps de monter jusqu'à une église - guidés par les sapins, étoiles et flocons peints sur le sol - et nous dominons Amboise. Au loin, on distingue le Château qui surplombe le fleuve. Charmant.

L'Église - sans nom - d'Amboise
L'Église - sans nom - d'Amboise

L'Église - sans nom - d'Amboise

L'église est belle, mais il y fait terriblement froid. Chacun fait son propre parcours. Seuls les bruits de nos pas et des photos résonnent. Je contemple les détails de mes yeux myopes - quel bel oxymore - et regrette l'obscurité qui règne. Une fois sortis, la faim se fait sentir et nous faisons d'une fontaine délaissée notre lieu de pique nique - un véritable festin d'ailleurs. Les estomacs bien remplis, il est temps de passer aux choses sérieuses. Ni une, ni deux, tout est remballé, rangé dans le coffre et nous prenons la direction du Château. Plus motivés que jamais, les 5 compères se présentent à la porte et découvrent qu'il n'ouvre que dans 20 minutes. 20 minutes pendant lesquelles je prends possession de l'appareil et mitraille à mon tour tout ce qui passe derrière l'objectif.

Nous entrons enfin. Tickets achetés, un arrêt s'impose cependant. Pendant que je me lave les mains, je repère Tom avec un couple d'asiatiques. Vu le sourire sur son visage et mon incompréhension quasi totale de leur discussion, je comprends rapidement qu'ils sont Chinois. Il vient me voir ensuite - heureux comme un enfant ayant aperçu les cadeaux au pied du sapin - et m'explique que la fille est elle aussi à Beida (北大, abréviation 北京大学 l'Université de Pékin). Encore quelques connaissances chinoises et il va refuser de parler français à nouveau !

Pour le moment, la visite va commencer. Au premier abord, je ne suis pas charmée par notre guide. Une femme d'une bonne cinquantaine d'année - ne soyons pas méchant - en talons et lunettes, cheveux blonds - ou presque - et léger accent. Mais son ton satirique, ses très nombreuses anecdotes et sa capacité à capter l'attention de la foule me séduisent bien vite. Une présentation rapide du site et nous voilà dans la chapelle. Celle où les restes de Léonard de Vinci se trouve - je n'ose imaginer la foule pendant les saisons touristiques. Je me pose la question de l'intérêt de prendre en photo une dalle. Oh et puis après tout, c'est de Vinci quand même. Elle remarque que les têtes des sculptures manquent à l'autel à cause des visiteurs. Je me pose la question de l'intérêt de voler des morceaux d'une statues. Oh et puis après tout, c'est la chapelle où repose Léonard de Vinci quand même - je suis sûre que c'est parfait comme trophée au dessus de la cheminée.

Château Royal d'Amboise
Château Royal d'Amboise
Château Royal d'Amboise
Château Royal d'Amboise
Château Royal d'Amboise

Château Royal d'Amboise

En avançant vers les bâtiments du Château j'apprends qu'il y a deux larges tours aux extrémités du terrain qui permettaient aux carrosses - et aujourd'hui aux voitures - de monter jusque dans la cour. Déjà si ingénieux à cette époque ! Cependant, le temps n'a laissé que quelques bribes de ce qu'était le Château à l'époque - 1/5 seulement. Imaginez que la chapelle était autrefois cachée derrière les étages de Charles VII et Anne de Bretagne, les seuls à pouvoir y accéder. Une anecdote au passage - je ne m'en lasse jamais. Charles VIII - 1m52 - est mort à l'âge de 28 ans en se cognant la tête alors qu'il allait voir un match de jeu de paume, et ce,  malgré sa petite taille. Pauvre garçon...

Nous entrons d'abord dans la partie gothique flamboyant puis marchons jusqu'au bâtiment renaissance. Au fil des salles - je me réchauffe auprès du feu de bois - j'observe les divers éléments que notre guide présente, analyse et ironise. La fleur de lys, la queue d'hermine, la haute chaise en bois - permet d'éviter les coups de couteau traitres dans le dos et les courrants d'air - et les premiers effets de perspective et de trompe l'oeil sur le dossier, les coffres qui ont précédé les armoires afin d'assurer le nomadisme du roi. J'apprends au détour d'un tableau que la fameuse fraise, en dehors de son aspect esthétique si particulier, avait aussi pour but de cacher les pustules provoqués par la syphilis. Quelle douce époque.

Quelques pas plus loin et alors que nous marchons côte à côte il me dit : "Ça croustille !" Non Tom, le parquet grince.

La visite se poursuit en extérieur où l'on découvre les milliers de buis fraîchement plantés, la vue imprenable sur la Loire, le soleil qui se dévoile enfin, la ville d'Amboise qui s'étend, la grandeur de la forteresse et la beauté du lieu. Mes photos sont de plus en plus rapprochées et je trouve chaque fois un nouvel angle de vue qui me plaît. Je contemple cet  espace magnifique une dernière fois et nous partons. L'aventure continue ! 

Château du Clos Lucé, Amboise

Château du Clos Lucé, Amboise

Parc du Clos Lucé, Amboise
Parc du Clos Lucé, Amboise

Parc du Clos Lucé, Amboise

Parce que c'était l'autre escale impérative à Amboise - et parce que sa maman avait tout prévu - nous voilà arrivés au Clos Lucé. Autrement dit, la maison de Léonard de Vinci.

Première étape, sa maison. Nous découvrons toutes les pièces de son humble demeure, mais c'est dans sa cuisine que Tom remarque une citation. "Je crois que le bonheur nait aux hommes là où l'on trouve de bons vins" Léonard de Vinci. Cet homme avait décidément tout compris !

Au sous-sol, des dizaines de maquettes plus ou moins grandes de ses inventions et découvertes sont réparties dans les salles. Je reste étonnée quant à sa créativité, son ingéniosité - et sa taille, 1m94 ce n'est pas rien. Si aujourd'hui à 67 ans on a pas créé tant de choses, c'est qu'on a raté sa vie. La pression est grande.

Deuxième étape - et ma préférée - son jardin. Le parc est immense. On y retrouve quelques une de ses inventions grandeur nature - toutes testées et approuvées - parmi les allées. Je m'imagine courir dans une roue pour hamster grandeur humaine, faire avancer un bateau à la seule force de mes bras, tirer à la mitraillette, diriger un char, récolter de l'eau du lac - l'enfant qui sommeille en moi se réjouit. Je regrette cependant les travaux qui gâchent quelque peu le paysage et le soleil qui nous quitte déjà.

Enfin. Merci Léonard de m'avoir fait rêver.

Malin, ce Léonard !
Malin, ce Léonard !
Malin, ce Léonard !
Malin, ce Léonard !
Malin, ce Léonard !

Malin, ce Léonard !

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #France

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