WE dans le Grand Ouest

Publié le 13 Octobre 2013

Vendredi 11 octobre fut mon jour de chance. Au point de me mettre dans tous mes états. Parce que voir la mention « Retardé/Delayed » en face de son vol, ne fait pas plaisir. Parce qu’entendre que « le vol aura 2h30 de retard à cause d’un problème technique » a eu le don de m’énerver et m’attrister à la fois. J’ai ainsi appris que l’avion en provenance de Nantes et alors presque arrivé, avait dû faire demi-tour sans se poser pour changer d’appareil et revenir. À moi le sandwich jambon-beurre-fromage à 5€. À moi les longues heures d’attente – ponctuée de lecture et de visionnage de séries – sur les durs sièges de l’aéroport. À moi la déception de perdre une soirée.

Décollage imminent. Il est 22h30 et il était temps. Alors que l’arrière de l’appareil est presque vide, un jeune homme – sentant affreusement la transpiration – trouve le moyen de s’asseoir près de moi. Heureusement prise par la fatigue, le trajet me parut relativement court. Minuit. Je retrouve le sol nantais, ma maman nantaise, mon appartement nantais, et finalement, mon lit nantais – après avoir englouti une crème au Nutella cuisinée par ses soins.

Au réveil je suis perdue. Le bruit ambiant du tramway est remplacé par celui du chauffage. La lumière vient de mes volets et non plus de ma cuisine. Je retrouve cette vision à mon réveil que je connais trop bien. Je suis bien rentrée.

Le weekend est une prolongation de retrouvailles, de discussions, de souvenirs. Je me prends à chercher des yeux les têtes habituelles strasbourgeoises mais croise le regard d’anciens camarades de classe, alors que j’arpente les rues du centre-ville. Point commun évident : le froid. Avantage : présence incontestable de mes manteaux à proximité.
Mon départ à Strasbourg m’aurait-il changée ? Le repas du dimanche, le film du soir, la complicité mère-fille. Tout cela m’a manqué – sauf les poils de chat. Samedi est fini. Dimanche déjà bien – voire trop – entamé.

Me voilà à nouveau à l’aéroport. Les contrôles sont passés – et les sandwichs dans mon sac. Tout va bien. Je guette avec une certaine appréhension le panneau d’affichage. Avec de la chance – et un bon timing – je serai chez moi avant 22h.
Voyager entre Strasbourg et Nantes, ou comment se sentir chez soi d’un bout à l’autre en France.

***

23h35. Sous ma couette. L'avion a décollé avec une demi heure de retard. Arrivée à l'aéroport de Strasbourg à 21h41 - j'ai une bonne mémoire visuelle des chiffres. Le dernier TER passait à 21h15. Dernière option : le car de 22h20. 25 minutes plus tard, je descends les escaliers qui mènent au tramway. 6 minutes d'attente puis 10 minutes de transport - encore. J'aperçois mon immeuble et soupire de soulagement en souriant béatement. Ascenseur HS. Je ne suis plus à ça près. Je monte les marches, fatiguée, mais heureuse. Et triste.

Un grand verre d'eau, une douche et au lit ! J'entends un tramway qui passe puis la chasse d'eau des voisins du dessus. Strasbourg, je suis de retour.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Strasbourg

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