Dans les coulisses de l'ONR

Publié le 15 Octobre 2013

L'Opéra National du Rhin, Place Broglie, Strasbourg

L'Opéra National du Rhin, Place Broglie, Strasbourg

Les visites se faisant de plus en plus rares, je profite de cette semaine pour m'y remettre sérieusement ! Commençons donc par le commencement.
La semaine débute sur une note artistique - et c'est le cas de le dire. Mon acolyte et moi-même, après avoir bravé les intempéries - la pluie se fait bien forte en ce mardi d'automne - arrivons enfin sur la marches de l'Opéra National du Rhin. De l'autre bout de la place Broglie, il est facile d'en repérer les colonnes et son imposante façade. Mais cette fois-ci, je ne me limiterai pas à son aspect extérieur qu'il m'a été donné maintes et maintes fois d'observer.

Arrivées très en avance, nous nous installons sur un des bancs recouverts de coussins rouges. J'aime l'ambiance qui y règne - si on fait exception des petits vieux qui attendent impatiemment l'ouverture de la caisse. Je ne peux m'empêcher de le comparer à l'Opéra de Nantes dont je suis une fervente admiratrice. L'entrée est ici moins spectaculaire, mais j'attends la suite des événements avant d'émettre toute critique.
12h30, le guide est à l'heure. Une rapide explication et une invitation - largement poussée - à acheter des places pour leur prochain spectacle plus tard, nous voilà partis au coeur même de ce monument.
Voilà qu'il nous présente les couloirs, tout de rouge vêtus. Nous prenons ensuite les escaliers décorés de colonnes de marbre bleu. Au premier étage, me voilà à nouveau à l'école primaire : ici, pas de vestiaire. Chacun accroche son manteau à la patère portant son numéro de place - je n'ose pas imaginer l'encombrement créé par les manteaux d'hiver...

Enfin. Nous arrivons à l'essentiel. Nous passons la porte de la salle principale et soudain des dizaines d'appareils s'élèvent et la mitraillent de flash. Le rouge et l'or se succèdent des sièges au balcon, des anges ornent les galeries - désolée, mais cela n'égale pas la beauté de l'Opéra de Nantes. Nous sommes invités à nous asseoir - très confortablement d'ailleurs - pour écouter notre guide.
Ce dernier nous explique que l'ONR regroupe les villes de Colmar - pour ses chanteurs - Mulhouse - pour son ballet - et Strasbourg - qui concentre le reste de l'équipe. Son autre particularité ? La conception des spectacles se fait de A à Z dans au sein de la ville et de leurs locaux. Par cela, j'entends : la construction des décors, la confection des costumes - on compte un bottier, de quoi faire des masques et des perruques, des accessoires voire même des chapeaux - la chorégraphie, la mise en scène, le rôle les acteurs, chanteurs et autres intermédiaires du spectacle. Autrement dit, une belle brochette d'artistes en général ! Il faut cependant que la maison - j'aime cette appellation - donne son aval après le dépôt d'une maquette.

S'en suit un petit cours d'histoire - que je suis étonnée de ne pas avoir eu avant. L'opéra fut construit sur le modèle d'un théâtre à l'italienne en 1822, puis décoré en 1854 sous Napoléon III. Je rappelle pour ceux dont l'histoire échappe - je fais partie de ce groupe - qu'en 1870 il fut encerclé par les prussiens puis incendié. Ne restaient de l'édifice que les colonnes et les 6 muses à l'entrée. Il fut remis en état en 1873. Seule différence : les spectacles étaient en allemand. Puis se sont succédées des périodes en français, puis en allemand et finalement en français - et pas question de déroger à la règle sous peine de prison, voire de mort. L'Opéra reconstruit à l'identique offre donc une décoration de l'époque - ou presque.

Attention, petit quizz pour les amateurs de théâtre ou pour les curieux :

- Comment appelle-t-on ce qui correspond à la fosse et là où se trouvent tous les sièges non en hauteur ?

- Quel est l'autre nom des balcons plus communément utilisé dans un Opéra ?

- Pourquoi appelle-t-on le dernier étage la poulaille ?

Si vous avez répondu "l'orchestre" pour la première question et "galeries" pour la deuxième, félicitations ! En ce qui concerne la troisième et dernière question, voici l'explication. L'éclairage de l'Opéra se faisait avant à la bougie. Ces dernières étaient placées au niveau des différentes galeries ; mais la cire, elle, tombait directement dans la fosse. À cette même période, l'actuel orchestre était - sans siège et - réservé aux moins fortunés qui restaient debout. La comparaison avec un concert de rock est sans doute exagérée, mais je vous laisse imaginer la pagaille que cela pouvait créer et ainsi le surnom de "poulaille" qui leur était donné.
Quelques années plus tard - lorsque l'éclairage le permit - des fauteuils furent installés à l'orchestre. Les places devenues trop chères, la poulaille fut reléguée au plus haut balcon - d'où le nom. Je me permets cependant une remarque. Ceux des dernières galeries ont le privilège de voir la fosse d'orchestre sous la scène et de bien mieux profiter de la musique - il faut juste prévoir la minerve.

La main quelque peu engourdie d'avoir trop écrit sur mon carnet et les yeux heureux d'avoir parcouru l'Opéra jusque dans les loges, nous sortons. La pluie n'a pas cessé ; elle a même redoublé de force. Bien triste temps d'automne qui ne motive pas les équipes. Rêveuse, je prends la route de l'Université avec une question en tête : "À quand mon premier spectacle ?"

La principale salle de l'ONR et son plafond
La principale salle de l'ONR et son plafond

La principale salle de l'ONR et son plafond

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Strasbourg

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