"On aurait pu être des ornithorynques"
Publié le 6 Octobre 2013
Nous sommes dimanche. Il pleut. Le ciel est gris, les étudiants - que nous sommes - fatigués de la veille. Je n'ai cependant pas envie de passer la journée au chaud à la maison. Et seule. Je me positionne face à ma boite à papiers en tous genres. Le théâtre, non. Les parcs, même pas la peine d'y penser. Les concerts sont rares en cette fin de semaine tardive. Les balades sont déconseillées - par mes soins - en vue du risque élevé d'averses. Bon. Je prends les flyers, fascicules et autres paperasses concernant musées et cinéma.
Et c'est parti pour un quart d'heure d'épluchage et de feuilletage de pages. Musée des Arts décoratifs : fait. Musée des Beaux Arts : fait. Musée Tomi Ungerer : fait. La cathédrale : fait, fait, fait et refait. Musée Alsacien : fait une fois, et c'est amplement suffisant. Musée de l'Archéologie : fait. Ah. Musée zoologique. Quoi de mieux que de s'entourer d'animaux empaillés pour égayer son dimanche ? Le rendez-vous est pris.
À ma plus grande surprise, le nombre de personnes motivées à me suivre dans cette aventure de taxidermistes est conséquent - 5 c'est déjà bien. Nous nous retrouvons 29 Boulevard de la Victoire et passons la porte d'entrée dudit musée.
Alors que nous restons perplexes face à la première pièce sur notre droite, l'Espagnol fraichement débarqué s'écrit naturellement : "Oh, une mâchoire de baleine !". Euh. Je m'approche, lis l'étiquette, le regarde, relis l'étiquette et le regarde à nouveau. Oui. Ce morceau immense et difforme n'est autre qu'une mâchoire de baleine - ce garçon a l'oeil.
Et nous voilà partis pour près de deux heures de visite parmi les animaux plus morts que morts, empaillés, exposés et mis en scène dans des vitrines - pour la plupart très mal éclairées. Nous commençons par un lion, des singes, un fourmilier et autres bêtes à poils. L'un d'entre nous remarque alors - et très justement - que nous semblons plus amusés, expressifs et intéressés que les enfants nous entourant. Le dimanche culturel entre amis fait son effet !
J'observe les différents animaux, les "cicatrices" en Y au niveau du ventre, le regard dérangeant qu'ils arborent. Je m'extasie devant les mignons et fais la grimace devant les plus répugnants. Mes poils se hérissent lorsque vient le tour des insectes et plus particulièrement des araignées. Mon ventre se contracte et mon coeur se soulève devant les vers, ténia et autres bactéries visqueuses gisant dans du formol. Vite, quittons cette pièce...
De retour devant les bons grands mammifères, je reprends doucement des couleurs. Pingouins, ours, cerf, renard, lion, lynx, pélican, marmotte, ornithorynque, tout y passe. Mes camarades et moi-même formons une belle bande de gamins de 22 ans en moyenne, et le spectacle vaut le détour.
Un dernier coup d'oeil aux oiseaux et aux papillons et la balade culturelle s'achève. Malgré les images peu ragoûtantes des dernières heures, le gouter s'impose - quoi de plus normal à 16h30 ? Je sors un paquet de Granola de mon sac - appelez-moi Mary Poppins - et fais la distribution.
Aller au Musée Zoologique entre grands enfants et manger des gâteaux pour quatre-heure, ou une sortie dominicale comme on les aime.