Un certain charme soviétique

Publié le 22 Août 2013

Statue de Linda (veuve de Kalev - héros de la littérature épique), Hirvepark

Statue de Linda (veuve de Kalev - héros de la littérature épique), Hirvepark

La balade digestive se fait en nature. Les parcs de Toompea, au pied de la forteresse, semblent vident. À par ici, un groupe de jeunes punks débattant de je ne sais quoi ; et par là un coupe assis à se bécoter près de la fontaine. Bref, pas de quoi s'extasier.

Un peu plus loin, des terrains de tennis, de basket et de football à la suite où s'entrainent quelques joueurs. Nous marchons sur un chemin en terre - non répertorié sur la carte - et bien plus en hauteur, ce qui permet d'avoir un point de vue bien plus intéressant. Et

Et soudain, nous arrivons à la partie la plus agréable : un petit lac tout en longueur, surmonté d'un pont rouge que j'emprunte. Il serait bon de se poser à l'ombre du peuplier - si le soleil me faisait le plaisir de pointer le bon de son nez. Encore une fois, ça ne se bouscule pas au portillon. À croire que les touristes ne dépassent pas les remparts de la ville…

Alors que nous passons la gare, j'aperçois sur la gauche un marché. Ayant lu un bon commentaire dans le guide de voyage, je nous y entraine. Erreur. Grosse erreur de ma part. Premièrement, à 17h seuls quelques commerçants font acte de présence, étals intacts. Puis, je découvre que les petites bâtisses sont vieilles, les rues sont sales et sombres, les gens aussi. On se croirait vraiment à l'ère soviétique - enfin, je suppose. Pas rassurée, j'accélère le pas. Sortie, ouf.

Nous voilà à nouveau dans le quartier ghetto de Tallinn, mais cette fois du côté ouest. Un coup d'oeil au plan et nous prenons la route menant vers le bord de mer. Si d'un côté les maisons sont neuves, belles et font du lotissement un endroit agréable à vivre, de l'autre s'enchainent terrains vagues et maisons à l'abandon. Il semble y avoir une réelle limite entre le centre pur et touristique et le reste, toujours sous l'URSS. Je me sens clairement moins à l'aise. Néanmoins, je peux prétendre un peu mieux connaitre Tallinn que bon nombre de touristes - peu curieux pour leur part.

Lennusadam Seaplane Harbour, Tallinn

Lennusadam Seaplane Harbour, Tallinn

Les routes sont défoncées, les maisons de plus en plus rares et sur la droite s'alignent sur un parking camions, chars et véhicules militaires. Hum, j'adore l'ambiance.

Le voilà. Le Lennusadam Seaplane Harbour. Des hangars immenses, parmi les premiers en béton armés au monde datant de 1916-1917. Mise à part leur taille, je ne suis pas impressionnée. Je tente le bord de mer qui ne me satisfait pas non plus. Décidément, la baie de Tallinn n'est pas exploitée et la vue reste médiocre. Une occasion ratée de profiter du golf de Finlande.

Sur la route du retour, impossible de trouver le faubourg décrit dans le guide. Aurait-il disparu ? Possible. À droite, on peut observer une maison ayant brûlée - je me demande encore comment elle peut encore tenir debout.

Finalement, je commence à m'habituer à ces quartiers "soviétiques" qui malgré tout ont leur charme. Un retour en arrière d'une trentaine d'années, et qui plus est dans un pays étranger et sans une goute de pluie. Que demander de plus ?

Peut-être un canapé bien moelleux et les progrès de la technologie d'aujourd'hui.

Vue sur la mer Baltique, depuis le hangar

Vue sur la mer Baltique, depuis le hangar

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Lietuva

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