Le parc de la Brière ou "dix mille hectares de silence et de nudité" *

Publié le 15 Août 2013

*dixit Alphonse de Chateaubriant.

Notre barque, parc naturel de la Brière

Notre barque, parc naturel de la Brière

9h45 et la peur des bouchons. Je montre précipitamment en voiture, installe mon iPod – parce que y’en a marre des pubs de la radio – et en route pour de nouvelles aventures ! Après une escale par Pornichet – à deux, c’est toujours mieux – nous prenons la direction de Saint-André-des-Eaux pour atteindre le parc de la Brière.

Arrivés sur place, ça ne se bouscule pas au portillon. À 11h35, il n’y a pas foule : l’heure de déjeuner à la maison de retraite, celle de l’apéro pour les vacanciers de passage et celle de la grasse matinée pour les fêtards de la veille. Donc pas de problème pour se garer, pas de queue à faire pour se faire servir ; c’est l’offre qui vient même chercher la demande.

Alors que nous nous apprêtions à faire face à un choix cornélien entre 3 agences, un homme d’une soixantaine d’année et à la moustache bien fournie, nous accoste. Sans avoir même le temps de nous concerter, il nous présente les formules, les parcours à suivre – il insiste bien sur les indications -, nous précise les tarifs et nous mets les rames dans les mains. Juste le temps de payer et nous voilà dans la barque ! Le petit parcours – je ne suis pas très sportive, d’accord – est censé durer 1h30, mais nous sommes libres de traîner à notre guise. C’était sans compter sur le soleil de plomb auquel il est impossible d’échapper sur une barque, sans parasol, et avec des roseaux pas plus hauts qu’une chèvre naine.

Enfin, le cadre est dépaysant, calme et très agréable. Le rythme de pagaie est trouvé facilement, assis tous deux sur le banc du milieu, et rapidement se mêlent à nous canards, oies, poissons et chèvres – sur la terre ferme, bien sûr. Au bout du chemin, j’aperçois un autre bateau ; celui de la visite guidée. Un homme doté d’un chapeau, dirige le petit moteur tout en donnant des indications diverses sur la faune et la flore environnante. Ainsi, je suis maintenant au fait que les roseaux se coupent entre décembre et mars à l’aide d’une faucille et les pieds dans l’eau. Comme dirait ma grand-mère, « je me coucherai moins bête ce soir ».

Les marais de la Brière : à seulement une trentaine de kilomètres de Pornichet, et pourtant, on voyage le temps de quelques heures dans une barque. Changement de décor et retour dans la France profonde ; j’ai – bizarrement – beaucoup moins apprécié les animaux empaillés disposés sur une table au cours d’une exposition qui nous était destinée. Le renard au regard livide à l’entrée ne me fit pas bonne impression et le sanglier un peu plus loin me donna envie de prendre mes jambes à mon cou. Ah, les joies de la riche culture française !

Retour sur la plage quelques heures et un diabolo plus tard. Je suis choquée par le monde encore présent sur les plages à 19h – 15 août oblige. D’accord, la journée fut belle et chaude, mais je ne me souviens pas avoir vu autant de monde entassé jusque là. C’est à l’abri de la foule et du bruit que nous nous sommes installés près du port. Alors que j’essaie de lire la revue futuriste découverte quelques jours plus tôt, j’observe malgré moi quatre enfants qui tentent de faire une course dans le sable. Ils ne semblent pas réussir à former une ligne droite et chacun triche pour gagner sur les autres. Ils arrêtent, résignés, et j’entends alors l’une des petites chuchoté à voix haute : « J’ai une idée, on va regarder s’il y a des vipères dans les herbes ! Suivez-moi ». Ah… Parfois l’imagination et la simplicité enfantines me manquent…

Deux heures sont passées et nous découvrons qu’à seulement une dizaine de mètre de là, se tenait une exposition. Des artistes, avec du sable et leurs seules mains nues, avaient sculpté animaux, personnages et autres signes rappelant les Mayas – ou ai-je une imagination débordante à mon tour. Nombreux furent les passants qui, comme nous, s’attardaient devant ce spectacle souligné par un jeu de lumières. Le soleil couchant en fond de paysage donnait à voir une toile digne d’un grand peintre.

Enfin. Les lumières c’est bien joli, mais rien de mieux qu’un concert pour terminer la journée ! À l’occasion des Renc’Arts, tous les mardi et jeudi soirs avaient lieu des animations dans le centre de Pornichet. Mais ce soir, le choix est restreint : concert traditionnel sur la place du Marché. Nous ne sommes pas déçu ; c’est du traditionnel, du pur, du vrai. Il y a bien sur dans la troupe la grande gueule, celui qui a réitéré la blague des Vendéens à trois reprises – et ne semblait pas vouloir en rester là. Vient ensuite celui qui veut mettre l’ambiance alors que le public est principalement constitué disons, de personnes d’un certain âge. Ou encore l’autre, qui parle en balbutiant et dont les paroles sont quasiment incompréhensibles – à mon avis, son taux d’alcool dans le sang devait se faire sentir jusque dans les premiers rangs.

Bref. Une journée dans la Brière et une soirée à Pornichet, quoi.

Exposition éphémère de sculptures sur sable, mise en musique et en lumière le soir

Exposition éphémère de sculptures sur sable, mise en musique et en lumière le soir

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Pornichet & Cie

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M
J'adoore ! J'aime beaucoup ton style et j'ai bien ri. Merci. You're the best. Et je suis totalement objective :o)
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