Novossibirsk, escale rapide avant la grande fuite vers l'Altaï
Publié le 18 Juillet 2017
Ça pique les yeux. La force dont je fais preuve pour me lever malgré la fatigue me vient directement de l’envie de migrer vers la Sibérie du Sud, petit paradis sur terre. Un rapide tour devant la glace me force à constater qu’il va être temps de se prendre en main, autrement dit, de dormir. Je suis cernée.
À 8h30 tapantes, nous quittons l’auberge. Ce fut un séjour express et notre hôte ne manque pas de nous le faire remarquer. Il fait encore frais lorsque nous sortons et la ville nous semble tout aussi morte que 8 heures auparavant. Nous sommes accueillis dès la sortie par trois Lada à la sortie (dont une Batman !). Voilà de quoi nous donner du baume au coeur. Mais trois kilomètres nous séparent encore de la gare routière, et nous avancerons le ventre vide.
Sur la route, nous croisons un homme qui serait un tueur à gages que ça ne m’étonnerait pas le moins du monde, une incroyable publicité annonçant « Vous ne savez pas quel cadeau lui faire ? Offrez-lui un tank ! » et des dizaines de bâtiments tous plus gris les uns que les autres. Ça pue la pollution et mes poumons en font les frais. Vivement qu’on se casse.
La gare routière est déjà bondée. Je découvre avec surprise que le départ est à 10h30 et non 11h15 - ou quand tu remercies ton intuition de t’avoir fait arriver plus tôt. Billets en proche, nous nous lançons en quête de quoi manger pour la journée. Bah oui, parce que 8 heures de car, c’est long quand même…
Un sac plein de pirojkis bien gras et industriels pendu à mon bras, nous ne tardons pas à nous installer dans le vieux car aux sièges moelleux.
Dernière étape avant l’Altaï. Le vrai, le grand, le pur. De Novossibirsk, je ne garderai que le souvenir d’une ville industrielle que je ne suis pas mécontente de quitter. Les yeux rivés sur les paysages, je reste à l’affût de l’apparition de montagnes. Allez, les collines je prends aussi. Mais déjà, le sommeil m’emporte.
Quand nous nous réveillons vraiment de plus de 6h30 de somnolence entrecoupée de sursauts-frein, pauses-pipi et autres arrêts liés aux trafic et passagers, les paysages ont évolué. Ça commence enfin à ressembler à ce à quoi je m’attendais.
19h. Nous y sommes. Nos pieds foulent la terre de Gorno Altaïsk (capitale de la région) pour la toute première fois - toute toute première fois. On enfourche nos sacs - ou plutôt nos sacs enfourchent littéralement nos dos - et nous voilà partis pour trois nouveaux kilomètres à pied - ça use, ça use. Les montagnes environnantes, les maisons colorées et le calme ambiant en arrivent presque à me faire oublier le poids de mon sac qui me faire m’affesser de plus en plus. Enfin, presque.
Et puis on arrive à l’auberge. On découvre notre chambre - privée - et notre vue sur un adorable cerisier avec les montagnes en fond. On savoure la douche chaude. On donne ce qu’il nous reste de force pour préparer un petit dîner. On savoure la bière fraîche que l’on a achetée sur la route. On réalise, doucement mais sûrement, qu’on l’a fait. On y est.
Et c’est là que les vacances commencent vraiment. Quand le wifi se fait rare. Quand les vaches sont plus nombreuses que les hommes. Quand la notion du temps se perd dans la beauté des paysages.




