Et si on partait ?

Publié le 13 Juillet 2017

C’est aujourd’hui, devant ma page blanche que je réalise combien il me sera dur, voire impossible, de raconter comme il se doit l’incroyable voyage que j’ai fait. Pardon, que nous avons fait. Alors puisque c’est déjà peine perdue, faisons simple et commençons - comme qui dirait - par le commencement. 

Il était une fois, un garçon (Louis) et une fille (moi), amis de longue date et en quête de découvertes. Soudain pris d’une envie de tout lâcher, loin du boulot, du métro, du dodo habituels, les deux compères choisirent une destination exotique lointaine (l'Altaï) et entreprirent tout un tas de démarches (visa, billet d'avion, logements, train, voiture) pour y parvenir. Mission réussie. Et c’est ce que je vais vous décrire aujourd’hui. 

Retrouvailles sur la Place Rouge.

Retrouvailles sur la Place Rouge.

© Louis Mondot
© Louis Mondot
© Louis Mondot

© Louis Mondot

Après deux petits jours dans la capitale russe, où j’ai élu domicile voilà un an et demi, et une soirée WTF au concert de Léningrad, voici venu le moment tant attendu. Celui de partir, de s’évader pour de bon. Ou du moins pour deux semaines. Chargés comme des mules (mon dos souffre déjà), nous rejoignons à pied la gare de Kazan dans les ruelles sombres de Moscou - rien ne vaut Moscou de nuit. 

L’excitation est palpable. Pour Louis, car c’est une découverte à chaque instant. Pour moi, car je vais tout laisser derrière moi - enfin- pour m’épanouir en Sibérie du Sud. Et tout oublier. Signe du destin, ou acte délibérément inconscient, je ne tarderai à perdre le mot de passe pour avoir accès à mes mails. Oups. Pardon, mais c’est trop bon.

Nous. Le voisin, à la lueur de son smartphone.

Nous. Le voisin, à la lueur de son smartphone.

Nous y voilà. Dans le train. Pour Kazan. Nos voisins ne sont pas affables pour un sou, mais je n’ai que faire de leur humeur. 

Si mon cul est sagement posé sur mon lit en hauteur, face à celui de mon compère, c’est la java dans ma tête. J’ai d’ailleurs l’impression que tous mes organes se sont passé le mot pour faire la fiesta du siècle. Et puis, soudain, je le sens. Le train démarre. Put***. On est partis. 

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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