Quand vient la dernière ascension

Publié le 28 Mai 2017

Ce réveil a un goût amer. Et dans l’air, ça ne sent plus uniquement l’humidité, mais également le départ. À plein nez.

Je ne suis pas mécontente de quitter l’administrateur de l’auberge – un peu trop dragueur à mon goût – mais regrette déjà le poids de mon sac à dos. Heureusement, une première pause s’impose, dans un café. On établit notre plan d’attaque pour cette ultime journée, puis on le met littéralement en action. Direction l’arrêt de bus et puis… et puis rien. Ce foutu bus ne vient pas. On attend 10, 20, 30 minutes. À la quarantième, on décide de marcher jusqu’au prochain arrêt.

Grossière erreur. C’est justement à ce moment que le bus décide de faire son apparition pour nous passer sous le nez. Ô joie. Allez courage, plus que trente nouvelles minutes à patienter pour le prochain. Profitons-en pour dévorer ce que nous avons sous la main.

Quand vient la dernière ascension

Lorsque nous prenons place dans ledit bus, un profond sentiment de soulagement s’installe. Mais par pour très longtemps. Très bien, nous descendons en bas du Mont Akhun, notre objectif – et pas des moindres – du jour. Sacs sur le dos, estomacs remplis et histoires à raconter en masse, nous entamons notre longue – et dernière ascension.

Si la première heure se passe plutôt bien, les quarante bonnes minutes qui nous séparent du sommet me paraissent durer des heures. Les virages se ressemblent, et je ne cesse de rallonger mon pronostic : « Plus que 15 minutes environ ! ». Leçon numéro 1, ne plus me croire lorsque je dis ça.

Dans la montée, nous sommes doublées par des dizaines de voitures, drapeaux et têtes dehors, la main fixée sur le klaxon. Pas de doute, c’est bien la fête du 9 mai – officiellement victoire du communisme sur le nazisme par chez nous.

Quand vient la dernière ascension

Et puis, ça y est. Voilà que nous foulons le sommet tant attendu. Ça grouille de gens – aussi saouls qu’heureux pour la plupart – et un sentiment de victoire m’envahit. Encore quelques centaines de mètres, et nous rejoignons la fameuse tour Akhun de Sotchi.

Cent roubles et une cinquantaine de marches plus tard – cela me tue –, je découvre – enfin – une des plus belles vues que j’ai jamais eu. Des montagnes verdoyantes à perte de vue, des pics enneigés en arrière-plan, Sotchi d’un côté, Adler de l’autre, et la mer Noire qui brille sous un soleil de plomb.

Deux heures d’ascension, dix minutes au sommet. Ça fait plutôt un bon ratio.

Quand vient la dernière ascension
Quand vient la dernière ascension
Quand vient la dernière ascension
Quand vient la dernière ascension
Quand vient la dernière ascension
Quand vient la dernière ascension
Quand vient la dernière ascension
Quand vient la dernière ascension
Quand vient la dernière ascension

Pas le temps de s’attarder, malheureusement. Bien que motivées à descendre à pied ce que nous avons eu tant de mal à monter sur la fin, nous nous résolvons à appeler un taxi, direction l’aéroport. Car l’heure de rentrer à Moscou est déjà arrivée. Demain à 9 heures, je serai devant mon écran, chez Tsar Voyages. Dur retour à la réalité. Dangereuse redescente sur terre depuis mon paradis.  

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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