Le camping fantôme sur la Katoun

Publié le 24 Juillet 2017

Le temps orageux de la veille a laissé place à une franc soleil dont les rayons chatouillent mes yeux. Nos uniques voisins sont partis tôt le matin, emportant avec eux le peu de retenue que nous avions. Nous voici donc à déambuler en maillot de bain entre notre cabane et la table de petit-déjeuner, à bronzer allègrement vautrés sur cette même-table. Chose qui ne semble pas déranger le propriétaire venu s'enquérir de notre heure de départ. J'attends que mon maillot laisse sur mon corps au teint hâlé une belle marque, et on se casse. C'est bon pour vous ? 

Vient ensuite le moment fatidique de refaire nos sacs, de dire adieu à ce petit coin de paradis, et de rebrousser chemin vers le Nord de l'Altaï. C'est non sans un pincement au coeur que je prends place dans l'AltaïMobile. 

Notre auto roule, roule, roule sur les routes asphaltées, jusqu'au Chalet Priskalniy où nous avons loué un bungalow pour la nuit. On pose la voiture près d'une terrasse fantôme où trônent fièrement quelques chaises et tables élégamment dressés, attendant des hôtes qui ne viendront jamais. C'en est presque glauque. 

Le camping fantôme sur la Katoun
Le camping fantôme sur la Katoun
Le camping fantôme sur la Katoun

À l'accueil, un monsieur corpulent nous indique notre numéro de bungalow et nous y conduit. Chemin faisant, il nous indique toilettes et douche, dignes d'un camping municipal où le ménage n'aurait pas été fait depuis des mois. Joker. Je préfère sauter la case "douche" pour me rendre directement à "je suis dégueu et j'assume". 

Notre nouveau cabanon est somme toute mignon, mais on déchante rapidement en s'allongeant sur les lits. Plus mou, tu meurs. 

Pour parfaire ce désastreux tableau, l'ambiance est ici aussi joviale que dans un cimetière. Lorsqu'on réclame des serviettes de bain, on se voit remettre un unique morceau de tissus de la taille d'un torchon et qui plus est, humide. Et avec le sourire, c'est possible ?

Heureusement, le territoire dispose de deux petites plages privées au bord de la Katoun. Sur la première, Louis fera trempette - uniquement les doigts de pied - dans l'eau glacée, tandis que, pour le principe, je m'y jetterai à corps perdu. Voilà, je me suis baignée. 

Sur la deuxième, nous nous ferons un pique-nique royal, arrosé de tarkhun (sorte de soda russe vert fluo à l'estragon), et accompagné d'un sublime coucher de soleil. Si on fait abstraction des vagues de fumée en provenance du barbecue en contrebas et du rap russe envoyé par de grosses enceintes, c'est parfait. 

© Louis Mondot
© Louis Mondot
© Louis Mondot
© Louis Mondot
© Louis Mondot

© Louis Mondot

Une dernière petite escapade dans les environs du "camping" et nous rejoignons notre bungalow pour nous avachir - toujours plus loin - dans nos matelas sans fond. 

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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