Un peu de répit avant les adieux

Publié le 25 Juillet 2017

Aïe. Ce n'est plus un dos que l'on a, mais de la véritable compote. Et du premier prix pour Louis. Heureusement que le plus gros du voyage est derrière nous. 

À la cafétéria du camping fantôme, le personnel s'extasie devant les deux Français que nous sommes. C'est bien gentil, mais ça n'enlève rien au fait que votre petit-déjeuner, bah il est pas terrible. Mais tu souris, alors pour te faire plaisir et honneur à ton buffert, je vais même reprendre un gâteau sec - et j'insiste bien sur le "sec". 

Nous avons rendez-vous à 13h30 pour rendre l'AltaïMobile et je sens que ça me travaille déjà à l'intérieur. Nous effectuons une escale indispensable à l'avtomoïka - la laverie - parce que notre vaillante Hunday Getz a bien besoin d'un petit coup de polish. Il nous faudra tout de même attendre une bonne heure dans ce lieu tout droit sorti d'une série américaine des années 80 - si on passe outre la Barbie russe à la caisse qui nous jette des petits coups d'oeil attendris de temps en temps. 

Petite perle soviétique sur la route.

Petite perle soviétique sur la route.

De retour dans l'habitacle, ça sent bon le propre et toutes les traces de nos - nombreux - piques-niques et goûters ont disparu. Alors autant dire que la dame de l'agence de location ne rechigne pas à me rendre mes 5 000 roubles de caution. "Au revoir". Lorsque notre AltaïMobile disparaît dans un virage, je ne peux m'empêcher de sentir mon coeur se serrer. 

Dans le bus pour retourner dans le centre de Gorno-Altaïsk, nous sommes bien calmes. Louis souffre et je suis plongée dans mes pensées. Ça sent la fin. Doucement, mais sûrement - et douloureusement. 

Nous sommes finalement accueillis par Natacha qui nous présente notre chez-nous éphémère. Lits confortables, cuisine aménagée et salle de bain. Tiens, salut confort ! Ça faisait un moment qu'on t'avait pas vu ! 

Après une douche salvatrice, impossible de résister à l'appel du lit. C'est là, une fois vautrés à ne strictement rien faire - hormis zapper sur la télévision russe - que l'on réalise combien ce périple peut être fatiguant sur les bords. 

Gorno-Altaïsk, version vintage.
Gorno-Altaïsk, version vintage.

Gorno-Altaïsk, version vintage.

On trouvera ce qu'il faut de force pour sortir en début de soirée et aller dîner dans un restaurant dont le style demeure encore inconnu au bataillon. Concert live de rock sur les écrans, l'avant d'un bateau en guise de décoration à l'entrée et cuisine russo-espagnole dans les assiettes. Joyeux mélange. 

Malgré le fait que mon ventre est sur le point d'exploser, je savoure chaque pas qui nous ramène à notre doux cocon. Car demain, à la même heure, le grand retour vers Moscou s'amorcera. Et cette pensée me laisse un goût amer. Il semblerait que j'ai oublié mon amour pour la capitale dans la portière avant de notre bolide. 

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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