Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne

Publié le 13 Mai 2017

Satisfaction. C'est exactement ce que j'ai ressenti lorsque mon projet de partir au Tatarstan au nom de Tsar Voyages a été confirmé par la direction. Le principe ? Je pars trois jours en voyage de reconnaissance et c'est la boîte qui rince. Pas mal, non ?

Après-midi de fainéant à la gare de Kazan.

Après-midi de fainéant à la gare de Kazan.

Alors voilà. Il est 16h20, nous sommes vendredi, et j'ai quitté le bureau plus tôt pour prendre le train qui me mènera à ma première destination : Yochkar-Ola. Derrière ce nom aussi surprenant qu'impossible à retenir, se cache une ville absolument unique en Russie (si si, je vous assure). J'en ai pourtant bientôt près de 40 au compteur, mais celle-ci ne ressemble à aucune autre. 

La raison principale tient au caractère excentrique de son maire. Persuadé (sans doute à raison) que la majorité de la population ne mettrait jamais les pieds en Europe, ce dernier a décidé il y a plusieurs dizaines d'années, de construire une ville digne de Bruges ou d'Amsterdam. Et le pari est réussi. Ou presque. 

L'école innovante, l'Arbre de la vie et la famille idéale.
L'école innovante, l'Arbre de la vie et la famille idéale.
L'école innovante, l'Arbre de la vie et la famille idéale.
L'école innovante, l'Arbre de la vie et la famille idéale.
L'école innovante, l'Arbre de la vie et la famille idéale.

L'école innovante, l'Arbre de la vie et la famille idéale.

Il est maintenant presque sept heures, et je débarque sur le quai de la gare Yochkar-Ola après une nuit bercée par les mouvements du train. Armée de mon nouveau sac à dos Decath', je me sens prête à braver toutes les péripéties qui m'attendent. Il y en avait malheureusement une qui m'avait échappé : la langue. 

À peine arrivée, me voici lancée dans une visite de quatre heures dans le centre-ville. En russe, bien évidemment. Si Svetlana maîtrise quelque peu la langue de Molière et lâche quelques mots en français, sa camarade Tatayna ne m'offrira qu'un "bonjourrr" on ne peut plus slave. Basket, vissées au pied. Lunettes, posées sur mon nez. Sous-titres russes, activés. Davaï !

Une fois lancée, plus rien ne l'arrête. Tatyana, mon adorable guide personnelle, m'offre un flot de paroles continu que je peine par moments à suivre. Manque de vocabulaire, manque de concentration et fatigue s'alternent et me font perdre le fil. "Vous avez des questions ?". Malheureusement, aucune.

Mais il n'empêche que j'ai bien retenu ma leçon : cette école est unique en Russie, comme beaucoup de choses ici à encore croire ma guide. Les enfants y ont une liberté sans limite. Pas envie d'écrire sur ton cahier ou ta table ? Et bien écris par terre ou sur le mur ! On serait tentés de croire à une bonne blague, sauf que ce système existe bel et bien ici. Pas peu fiers de leur école, les élèves se sentent ainsi d'autant plus investis. 

Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne

Je lance ici et là quelques questions sans intérêt, dans l'espoir de lui démontrer mon intérêt pour la visite. Pas de chance pour elle, je n'ai jamais été une grande communicante pendant les cours. Et pourtant, je note dans mon cahier imaginaire et mental chaque anecdote, chaque histoire qu'elle me raconte avec passion. Les monuments, statues et simples bâtiments prennent un tout autre sens. 

Ce n'est pas seulement un élégant bâtiment de brique rouges, c'est une école d'art où les enfants sont amenés à découvrir leurs dons dès le plus jeune âge. Ce n'est pas juste un quai sublime qui n'est pas sans rappeler Bruges, c'est une suite de maisons construites et offertes gracieusement à ceux dans le besoin. Ce château, également appelé Palais des 12 Apôtres, cache en son sein un mécanisme qui offre aux passants un défilé de Jésus et des Apôtres toutes les trois heures (la chance !). Cette tour et cette Cathédrale sont des copies conformes de celles de Moscou et Saint-Pétersbourg. Car ici, c'est bien connu : si vous n'allez pas aux capitales, les capitales viendront à vous !

Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne
Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne

La visite s'achève enfin près de la Galerie Nationale d'Art, et c'est avec un certain soulagement que je quitte mes accompagnatrices. Je dois avouer avoir pris un certain plaisir à tout découvrir en leur compagnie, mais ce dernier (le plaisir) n'en est que plus grand maintenant que je peux déambuler à ma guise et prendre multiples photos sans ralentir la cadence du groupe. 

Le soleil est haut dans le ciel, mon estomac bien vide, et mon envie de parcourir tous les quais et ruelles dévorante. Sandwich dans une main, appareil photo dans l'autre, je me lance dans une longue promenade dans Yochkar-Ola. 

Yochkar Ola, nom incompréhensible pour une ville d'inspiration européenne

Puis fatiguée (pour changer), et bien décidée à rejoindre Kazan (où je passerai la nuit), je rejoints l'arrêt de bus, achète mon ticket (enfin, Tsar Voyages me finance mon ticket), et finis par prendre place dans un vieux bus où les places sont particulièrement étroites. 

Quelques minutes après le départ, dans une ambiance chaude et humide causée par la concentration de passagers suants, le chauffeur allume la télévision qui trône fièrement au-dessus du pare-brise et nous met un film. Au générique, je ne tarde pas à reconnaître "Maman j'ai râté l'avion 2". Mauvaise saison, mauvais film. Surprise (un peu mais pas trop) par l'apparition de Trump en plein milieu du film, je lâche un vieux rire qui fait se retourner mon voisin. 

D'accord, je me tais. Je vais plutôt regarder le paysage, bien qu'à peine visible à cause de la saleté sur les vitres. 

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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