Un jour pétersbourgeois sans fin

Publié le 1 Mars 2017

"Dans 5 mois, c'est mon anniversaire !" me lance Manon toute excitée dès le réveil. Mais pour l'heure, il neige à gros flocons et nous ne tardons pas à nous engouffrer dans les rues blanchies de Saint-Pétersbourg. 

Après un copieux petit-déjeuner (pour changer) et une escale achat de chaussures pour elle, nous nous lançons dans une longue promenade le long des canaux jusqu'à l'impressionnante Cathédrale de la Sainte-Trinité Izmaïlovsky, dont j'avais de nombreuses fois admiré les coupoles bleues parsemées d'étoiles dorées depuis les colonnades de Saint-Isaac.

Réouverte après 21 ans de travaux, cet édifice que l'on remarque à son imposante façade blanche et à sa sobriété intérieure n'attendait que nous. Ou presque. 

Un jour pétersbourgeois sans fin
Un jour pétersbourgeois sans fin

Un peu plus haut dans l'Ouest de la Venise du Nord, nous tombons par un hasard recherché sur une sublime cathédrale bleue dont l'aspect extérieur n'est qu'embelli par les flocons qui tombent par milliers. On ne résistera pas à prendre une pause "à la russe", ni à rire du ridicule de la situation malgré la sainteté du lieu et les regards intrigués des passants. 

Un jour pétersbourgeois sans fin
Un jour pétersbourgeois sans fin
Un jour pétersbourgeois sans fin
Un jour pétersbourgeois sans fin
Un jour pétersbourgeois sans fin
Un jour pétersbourgeois sans fin

Ce n'est pas la faim mais de la pure gourmandise qui nous entraîne jusqu'à notre prochaine étape : Mickey and Monkeys. Derrière ce nom farfelu se cache une gigantesque brasserie installée dans un beau bâtiment historique. Mais parquet au sol, briques rouges aux murs, grandes fenêtres donnant sur la rue et jolies petites tables en bois ne sont rien comparés à la spécialité culinaire du lieu : les monstrueux milkshakes. 

À peine affamées, mais les yeux remplis d'étoiles, nous dévorons le menu du regard à la recherche de notre prochaine proie. Nous jetons notre sort sur le "Divine", sorte de paradis dégoulinant de chocolat à en écoeurer les plus gourmands. 

Lorsque la serveuse me fait répéter la commande (soit deux monstrueux milkshakes), je commence à me dire que nous avons peut-être eu les yeux vraiment plus gros que le ventre. Lorsque les mastodontes en chocolat arrivent à tour de rôle sur la table, soudain minuscule, ce sont nos voisins qui nous jettent des regards inquisiteurs. 

Mais nous n'avons que faire de ces Russes trop maigres et des remarques des serveurs. Un bon vivant s'assume pleinement.

Un jour pétersbourgeois sans fin

Enfin c'est ce que je pensais avant d'engloutir une dose de sucre (et de calories) équivalente à celle d'une semaine en temps normal. Je laisserai dans mon assiette deux cônes, un fond de milkshake au chocolat et d'innombrables pépites de vous-savez-quoi collées au verre par une énième couche de sucre. C'était lui ou moi. Et une crise de foie. 

Pour faire descendre tout ça et trahir ma culpabilité, nous nous décidons à aller sur l'île de la Nouvelle Hollande pour faire du patin à glace. Après avoir manqué d'écraser la tête de la jeune fille qui nous servait sur son comptoir tant elle m'énervait, nous enfilons nos patins pour une heure de glissade.

Féérique. C'est sans doute ce qui correspond le mieux à ce moment (si l'on fait abstraction de mes nombreuses chutes ratées de peu). Il neige dru, nous glissons, main dans la main, sur une glace qui m'offre un équilibre et une aisance que je n'avais jusque là jamais connues. Du grand art. Nous serons même les dernières à quitter la piste avant la pause technique. 

En repassant sur la terre ferme, je ressens une certaine lourdeur s'installer. Celle de deux journées de marche et de cette folie glacière. 

Heureusement, la prochaine escale ne nous demandera presque aucun effort. Pour cette soirée, je nous ai réservé deux places dans une sublime salle pour l'opéra Tosca. Sortie culturelle par excellence, l'opéra s'avère toutefois plus complexe que prévu, le chant étant en italien et les sous-titres en russe (et à moitié dissimulés par un énorme lustre). Pas de regret donc d'avoir passé près de 20 minutes à étudier l'histoire. De toute façon, la conclusion est telle que (spoiler alert !), tout le monde meurt à la fin. 

Un jour pétersbourgeois sans fin
Un jour pétersbourgeois sans fin
Un jour pétersbourgeois sans fin

On ressort de là trois heures plus tard, la tête dans les étoiles et l'estomac dans les talons. Alors la soirée se finira dans un adorable petit restaurant au bord de la Moïka avec un grand verre de cidre. 

Une tempête de neige dans la tronche plus tard, on se couche plus exténuées que jamais. Mais toujours la tête dans les étoiles. 

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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J
Magnifiques photos, bravo ! La perspective et la statue sont superbes.
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