Saint-Pétersbourg, dernier jour entre toiles et cathédrales
Publié le 3 Mars 2017
Un coup d'oeil dans la glace suffit à me rappeler que cette nuit fut encore trop courte. Le visage cerné, nous rassemblons nos affaires et faisons nos adieux à cette excellente auberge. "Au revoir, revenez nous voir s'il vous plaît", nous lance le jeune blondinet de l'accueil encore en formation. Je crois que je ne me ferai jamais à la traduction littéraire de ces phrases typiquement russes.
Sur la route, on chope de quoi grignoter, direction la Cathédrale Saint-Sauveur-sur-le-Sang-Versé. Cette dernière n'ouvrant qu'à 10h30, je suggère une petite promenade sur la Neva que je vais amèrement regretter. Au détour d'une ruelle, je ne contrôle pas ma glissade et chute lourdement et douloureusement sur mon postérieur, heureusement emmitouflé dans mon manteau douillet. Dépitée, je mettrai un certain temps à me relever.
Trente minutes plus tard, nous sommes parmi les premiers à entrer dans le somptueux édifice dont les murs et plafonds sont intégralement recouverts de mosaïque.
Sur notre lancée, on se dirige vers le Musée Russe où une queue de 10 mètres de long nous décourage au premier regard. On opte alors pour le plan B (qui n'était finalement au départ que le prolongement du plan A) et on s'engouffre dans le métro pétersbourgeois pour la première fois.
Sorties à l'arrêt "île Vassilievsky", nous marchons encore 20 bonnes minutes montre en main avant d'arriver à Erarta, le plus grand Musée d'art contemporain de Russie.
Les Russes ne m'y déçoivent pas : selfies devant de sublimes photos du Tibet, yeux rivés vers leur smartphone. Ça fait chère payée la discussion sur VK (équivalent russe de Facebook).
Et puis la fin de notre séjour approchant, tout s'accélère. On dévore un burger et on se force pour finir le dessert sous les yeux médusés de nos voisins que je soupçonne d'être jaloux, on fait des réserves de bouffe alors que notre estomac est encore plein à ras bord et l'on se rend à la sublime Laure Alexandre Nevsky afin que je puisse dignement faire mes adieux à mon aïeule, en communion avec tous ceux réunis en France pour la cérémonie.
Les yeux encore gonflés de larmes, nous prenons ensuite le chemin de la gare Lodjsky, où nous attend le train pour Pétrozavodsk, capitale de la Carélie.
Cinq heures de trajet (l'équivalent d'un Nantes - Strasbourg en TGV), une sieste, un doux rêve pour Manon et un pique-nique non nécessaire plus tard, nous arrivons à destination.
Exténuée et impatiente de retrouver un lit, je suggère de prendre le premier taxi venu. Merveilleuse idée. En l'espace de 10 minutes, nous avons effectué un dérapage semi-contrôlé dont Manon se souvient encore, et traversé la ville pour arriver à notre auberge de jeunesse où nous attend un sacré énergumène répondant au nom d'Alexeï.
Nous sommes rapidement rejoints dans notre dortoir de six par Vika et deux adorables petits monstres venus pour un concours de breakdance. Improbable, mais ma foi sympathique.






