Rare soleil pétersbourgeois
Publié le 28 Février 2017
Train de nuit, voisin ronfleur, réveil qui pique. Comme il fait bon retrouver mon quotidien de voyage en Russie ! Cette fois accompagnée de mon acolyte Manon, je débute ma quatrième visite de la capitale du Nord sous un soleil aussi franc qu'inhabituel.
Je m'improvise guide le temps d'un instant et lui conte quelques faits historiques et anecdotes que je connais. Rapidement à court de sujets, je suggère une halte bien méritée pour un petit-déjeuner. Puis, repues et avides de découvrir la ville, nous rejoignons sans tarder notre sublime auberge de jeunesse toute proche du Musée Russe. C'est le grand confort : chambre double et salle de bain privative. On ne se refuse rien !
À peine arrivées, déjà reparties. Nous n'avons pas une seconde à perdre. Je sais combien le beau temps est éphémère à Saint-Pétersbourg. À bien y réfléchir, je ne saurais dire ce qui me fait le plus plaisir : ce soleil idyllique ou bien l'émerveillement de Manon face à tous ces monuments auparavant vus "dans un reportage sur Arte ou France 2".
J'ai beau déjà tout connaître, des canaux au café chic qui donne sur la Cathédrale de Kazan, j'apprécie chaque ruelle, chaque rayon de soleil, chaque gorgée de mon chocolat chaud comme si c'était les premiers. Une redécouverte pleine de sens.
Et puis rapidement Saint-Pétersbourg reprend ses droits. Le ciel bleu laisse place à de lourds nuages qui annoncent une fin de journée humide et venteuse. Et ça ne rate pas.
Une fois la place du Palais (de l'Ermitage) franchie, nous luttons contre une soudaine et puissante prise au vent sur le pont qui amène à l'île Vassilievsky. Je ne résiste alors pas à l'envie de traîner Manon sur la Neva gelée et à dévoiler l'épaisse couche de glace cachée sous la neige. Cela ne manque d'occasionner un détournement de son regard, ainsi qu'un "Bon allez, on y va !", suivi de peu par sa sortie de la glace.
Un peu plus loin et transies de froid, nous franchissons l'enceinte de la Forteresse Pierre et Paul, non sans avoir fait une escale obligatoire par la plage dont la limite avec le fleuve est flouée par la neige à cette époque de l'année.
Les conversations se font alors rares, toute notre énergie étant concentrée dans la délicate gestion de notre chaleur corporelle. C'est ainsi avec un plaisir non dissimulé que nous nous affalons sur notre lit douillet accompagné d'une bonne dose de chauffage.
Du courage c'est ce qu'il nous faudra ensuite pour nous extirper de notre cocon temporaire. Plus poussées par notre faim et notre envie d'une bonne bière que par l'envie de voir la ville de nuit, nous finissons dans la rue sous une neige de plus en plus persistante. Nous prenons rapidement refuge dans un espace "hipster", puis place dans un adorable restaurant géorgien. Vin rouge, khinkalis, khatchapuri. C'est le trio parfait.
La soirée s'achèvera dans un bar non loin de là, autour d'une pinte qui ressemblait bien plus à un litre complet de bière. Enivrées, tant par l'alcool que par le plaisir d'être là, nous nous endormons en un temps record, telles deux masses repues et heureuses.


















