L'improbable visite de Ryazan

Publié le 22 Octobre 2016

"Et tu pars où ce week-end ?". Sur un air presque dédaigneux, ma colocataire s'enquiert de ma prochaine destination. Lorsque je lui annonce Ryazan et Kolomna, elle semble soulagée de pouvoir me rétorquer qu'elle y est déjà allée. 

Mais je me fiche de ses remarques et de l'heure matinale pour un samedi matin. J'ai rendez-vous avec Alexandre à la gare de Kazan pour un nouveau périple. Après un coup de stress et une course dans les couloirs du métro, nous arrivons finalement dans notre train grand luxe à deux étages. Le trajet passe vite et dès 10h40, nous arrivons en gare de Ryazan. 

Au premier abord, et comme souvent, rien de bien glorieux. Alex ne manque d'ailleurs pas de me le faire remarquer. Le "rabat-joie" de service fait son entrée sur scène. Un coup d'oeil sur la carte, et nous empruntons l'axe principal pour rejoindre le coeur historique. Une vague de froid s'engouffre sous mon manteau, tandis que l'air pollué remplit mes poumons. Sympathique. 

Heureusement, l'oeil aguerri d'Alexandre repère un café tout mignon tout propre dans lequel nous nous installons dans de gros fauteuils pour un copieux petit-déjeuner. Requinqués par un bon café, nous voici partis à la découverte de cette bourgade d'environ 500 000 habitants. Après avoir été pourchassés par deux jeunes Russes émoustillées de nous entendre parler français et leur avoir accordé quelques mots, nous arrivons face au Kremlin.

L'improbable visite de Ryazan
L'improbable visite de Ryazan
L'improbable visite de Ryazan
L'improbable visite de Ryazan

Il ne nous faudra que quelques instants pour comprendre que la seule véritable attraction de Ryazan se trouve à 1 km à la ronde. Sur le pont qui nous y emmène, un saxophoniste met l'ambiance et un couple fraîchement marié sur son 31 s'accorde une danse filmée. Je ne peux qu'espèrer que l'exclamation d'Alexandre quant au froid (je cite "on se pèle le jonc !"), sera sur la bande.

Dans l'enceinte du Kremlin et du monastère adjacent, rien de bien impressionnant, mais j'apprécie l'originalité des bâtiments et les ornements d'une des cathédrales. 

L'improbable visite de Ryazan
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L'improbable visite de Ryazan
L'improbable visite de Ryazan
L'improbable visite de Ryazan

En montant sur une petite butte de terre, nous prenons du recul pour un panorama, ma foi sympathique, sur l'ensemble architectural. De l'autre côté, la pauvreté de la ville nous saute aux yeux. En s'approchant un peu plus de la pente, impossible de manquer les habitations délabrées, et le tas d'ordures qui jonche le sol en terre battue. Triste spectacle.

L'improbable visite de Ryazan
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L'improbable visite de Ryazan
L'improbable visite de Ryazan
L'improbable visite de Ryazan

Dans le centre-ville dont nous arpentons les rues, nous sommes les deux seuls touristes parmi les quelques badauds. Cela nous vaut d'ailleurs quelques regards et l'étonnement bruyant d'une petite qui s'exclame à sa mère : "Oh, des étrangers !". 

Rapidement, nous avons fait le tour du centre. Il est tôt, nos cheveux sont longs. Trop longs. Si le rapport n'a aucun sens pour vous, il en a un pour nous. Nous entrons chez le premier coiffeur, bien décidés à faire un brin de ménage. Quinze minutes plus tard, nous ressortons démunis de 300 RUB et de 10 centimères de cheveux pour moi, 2 pour lui.

Au détour d'une ruelle, nous trouvons un très charmant petit restaurant où l'on dévore une assiette de pielminis en regardant la fin de Taxi 3 et le début de Taxi 4 (la France est partout, et pas toujours sous son meilleur aspect). 

La promenade-découverte se poursuit selon mes (mauvais) conseils, vers le grand parc de Ryazan. Non entretenu, vide, presque glauque. Le froid n'aide pas non plus. Vite, fuyons.

Le camarade, toujours présent.
Le camarade, toujours présent.
Le camarade, toujours présent.

Le camarade, toujours présent.

Pour tenter de rattraper cette médiocre visite, je propose d'aller faire tour dans une friperie, non loin de là. Au troisième étage d'un petit centre commercial, Alexandre s'apprête à faire une découverte des plus insolites. Tandis que je m'amuse à observer (et toucher) les manteaux de fourrure, je l'entends m'appeler à l'autre bout du magasin. 

Il tient entre ses mains un manteau. Un manteau d'hiver qui semble bien chaud. Un Canada Goose. Le manteau "à 600 balles" qu'il parle d'acheter depuis 1 semaine. Celui qui disait avant d'entrer en déconnant "Allez, je vais me trouver un Canade Goose à 500 RUB", ne pensait pas si bien dire. Pour 4 fois ce prix, il aura chaud tout l'hiver. Il essaie, se regarde, me regarde. Je le regarde, l'inspecte, et acquiesce. Le style "biker" lui va plutôt bien. 

Chargés d'un vrai-faux manteau Canada Goose pour l'hiver, nous prenons la route pour notre auberge de jeunesse. La nuit est déjà bien tombée, le froid avec. Mais les surprises ne sont pas finies pour aujourd'hui. J'ai le plaisir d'apprendre que je vais dormir dans un dortoir de garçons (qui s'avèreront très gentils et bavards) et qui plus est, qu'il n'y a pas d'eau chaude. Jusqu'à lundi. Décidément, rien ne va plus à Ryazan. 

Heureusement, la soirée se finira autour d'un burger et d'une série de cocktails au prix imbattable, le tout à la lueur d'une bougie. Et rapidement, cette journée improbable se finit.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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