J'ai vu, j'ai vécu, je n'y reviendrai plus
Publié le 9 Octobre 2016
Réveil tardif. Depuis déjà quelques heures je somnole et suis régulièrement réveillée par les annonces de la gare routière, les portes qui claquent, les hommes qui discutent devant notre porte ou encore la femme de ménage dont le téléphone braille une vieille pop russe.
Vers 10 heures, nous nous accordons un copieux petit déjeuner, en compagnie de notre voisin pigeon. La vue directe sur les cars et le grand centre commercial n'a pourtant rien de bien folichon, mais je me plais à être là, assise sur large rebord de la fenêtre, à des centaines de kilomètres de Moscou et accompagnée de mon fidèle compère. Ça a quelque chose d'apaisant.
Nous nous mettons assez rapidement en marche dans le froid de ce dimanche automnal. La brume ne s'est pas encore tout à fait levée. Et elle ne le fera pas. Tandis que j'enfonce ma tête dans mon manteau et fourre mes mains dans mes poches rembourrées, de la buée sors de nos bouches au gré de nos discussions.
J'avais espéré un ciel bleu, de quoi égayer les photos et la ville dans sa globalité. Mais il n'en sera rien.
Après avoir dépassé une parcelle de muraille en briques rouges que j'imagine historique, nous en apercevons une autre plus en hauteur. L'envie nous prend alors de la rejoindre. Coûte que coûte. Nous voici donc partis pour des heures de cavales dans les ruelles de Smolensk, évitées des touristes et des habitants aussi d'ailleurs. Les datchas sont plus ou moins bien entretenues ou au contraire, totalement laissées à l'abandon. Le sol jonché de feuilles humides est glissant et je manque de tomber à plusieurs reprises.
Arrivés en haut de cette première côte, nous sommes encore loin de cette foutue muraille. Mais une autre trouvaille nous ravit : une vue imprenable sur la Cathédrale de l'Assomption de Smolensk, le seul bâtiment vraiment coloré qui fait la renommée de la ville.
Le panorama est superbe.
Une vingtaine de minutes et quelques ruelles en terre battue plus tard, nous parvenons à la fameuse muraille. J'escalade avec un équilibre douteux les hautes marches dont le temps et les pas des visiteurs ont abîmé les briques, jusqu'à me retrouver face à un groupe de jeunes Russes qui patientent pour descendre en me fixant. La pression est à son comble.
Le reste de notre dimanche se fera dans un diner à la russe, autour d'une cérémonie du thé à la chinoise et devant un film du cinéma local à l'américaine.
Mais notre visite ne saurait être complète sans un détour par l'impressionnante Cathédrale de Smolensk. L'architecture ne ressemble en rien à celle des édifices religieux habituels. Et c'est sans doute parce qu'elle fut si différente qu'elle me plut tant.
Dans le train du retour, je ne peux m'empêcher d'être particulièrement satisfaite de ce week-end. Non pas parce que Smolensk est une belle ville (on ne va pas se mentir). Pas non plus parce que le temps fut radieux (il fut carrément pourri). Mais tout simplement parce que cette escapade entre amis a réussi à m'apporter ce que Moscou ne parvient pas toujours à me donner. Un brin de sérénité.















