Dans le Transsibérien - Jour 3

Publié le 20 Juillet 2016

Dans le Transsibérien - Jour 3

Le réveil dû à l'agitation autour de nous est difficile. Mes yeux peinent vraiment à rester ouverts, mais l'annonce d'une prochaine gare, celle de Novossibirsk, est suffisante pour me donner la force de me lever. Je me prépare tranquillement et nous optons avec Kathleen pour une petite folie : un brin de maquillage, accessoire d'habitude exclu du voyage. Mais pour contrer le (sérieux) manque de propreté, nous décidons de camoufler nos cernes et de donner meilleure mine à nos traits tirés par la fatigue.

Le train s'arrête. Une heure de pause, 60 minutes pour se dégourdir les gambettes et déguster une bonne petite glace en guise de petit-déjeuner à l'air frais. Quoique, pas si frais que ça. La température atteint déjà les 25° degrés et nous ne tardons pas à nous réfugier à l'ombre d'un bâtiment sur le quai. Glaces, eau, gâteaux, cette pause est celle du réapprovisionnement.

Dans le Transsibérien - Jour 3
Dans le Transsibérien - Jour 3
Dans le Transsibérien - Jour 3

Au moment de remonter dans notre bien-aimé train, nous réalisons que toutes les places libres du wagon sont désormais occupées par de jeunes Russes en passe de faire leur service militaire (rémunéré 300 euros par an). Autant dire que la journée ne sera pas aussi paisible que prévu... A peine arrivés, ils occupent déjà une bonne partie de notre compartiment et multiplient les questions en russe et dans un anglais qui laisse particulièrement à désirer (il est sans doute rare pour eux de tomber sur des filles, qui plus est étrangères, dans le Transsibérien). Je sens au regard de l'un d'entre eux qu'il est bien décidé à demander tout ce qu'il a toujours voulu savoir sur les Français et la France. Du permis de conduire au prix de notre iPhone, ils passent en revue un nombre impressionnant de questions auxquels nous tentons de répondre.

Nous ne manquerons bien évidemment pas le moment de jouer aux cartes par la suite, sous le regard instant de nombreuses nouvelles paires d'yeux. Mais ce n'est pas comme si on n'était pas habitués.

Et puis la journée suit son cours. Nous reprenons nos bonnes vieilles habitudes et descendons sur le quai dès que cela est possible. Je constate avec une certaine tristesse que c'est notre dernière nuit dans le Transsibérien avant le grand débarquement. Regarde dépité partagé avec les Allemands, devenus amis. Nous aimerions que cette aventure continue encore et encore. C'est comme si une partie de notre voyage touchait déjà à sa fin. Et pourtant, il ne fait que commencer.

Dans le Transsibérien - Jour 3
Dans le Transsibérien - Jour 3
Dans le Transsibérien - Jour 3

Assise à regarder le paysage défiler, je réalise qu'être dans un train presque 24H/24 présente un avantage considérale : celui d'être sûr qu'on ne loupera jamais le coucher de soleil. Les rayons chatouillent nos visages et nous rappellent à l'ordre. Alors ce soir, hors de question de déroger à la règle. Je me poste donc près de l'entrée du wagon, d'où la vue est particulièrement belle et dégagée (malgré les grosses traces de doigts et de gouttes de pluie sur la vitre).

Il est maintenant presque 2 heures du matin et nous arrivons à la gare de Krasnoïarsk. Nous sommes désormais à l'heure de Sibérie, soit H+5 par rapport à Moscou. Je suis définitivement perdue.

Nos adieux avec l'homme en noir.

Nos adieux avec l'homme en noir.

L'air est frais et nous profitons de cette nouvelle escale nocture avant de regagner nos couchettes. J'hésite entre deux options radicalement différentes : essayer de dormir ou bien motiver les autres pour faire un énième jeu de cartes.

Cette fois, je serai raisonnable.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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