Au Baïkal - Jour 9
Publié le 26 Juillet 2016
Je suis réveillée par les balancements du train et les coups de bouteille d'eau que Kathleen m'assenne. Nous arrivons à Irkoutsk dans 15 minutes et nous avons encore nos sacs à faire et nos lits à défaire. Comme toujours, le train arrive à l'heure et nous nous posons sur les marches de la gare pour trouver le Graal : une auberge de jeunesse où nous poser.
Si cette opération s'avère relativement simple, s'y rendre deviendra un véritable calvaire. Les marchroutkas censées nous amener à destination ne passent pas (ça au moins, c'est clair), nous loupons le tramway qu'il fallait, je n'ai plus qu'un pourcent de batterie sur mon téléphone et n'ai pas pris de vraie douche depuis 5 jours. Je crois que ma patience légendaire (ironie, quand tu nous tiens) vient d'atteindre ses limites.
Une bonne vingtaine de minutes plus tard, nous sommes enfin en route, pas mécontentes de partir trouver un lieu de repos. Sur le chemin, nous ne résistons pas à la tentation d'investir dans une barquette de fraises à 100 roubles, barquette entamée bien avant la fin du trajet.
Check-in, fait. Quartiers pris dans notre dortoir de 8 où nous sommes seules. Préparation mentale en cours pour la prochaine grande étape de notre journée : la douche salvatrice. Personne dans la salle de bain commune, nous pouvons nous extasier à pleins poumons sans gêner qui que ce soit. L'eau brûlante qui coule sur mon corps et mes cheveux m'avait terriblement manqué. Je traine aussi longtemps que possible jusqu'au moment inévitable de sortir (le bac à douche qui se remplit dangereusement est un bon indicateur).
Je me sens revivre. Chaque parcelle de mon corps est désormais lavée de toutre trace des péripéties de ces derniers jours (baignade dans le Baïkal comprise).
Ce moment de détente et de répit se poursuit dans la chambre et je m'écroule lourdement sur mon lit douillet. Il est 15h30 et on se donne jusqu'à 16 heures avant de bouger et partir (il serait temps) à la découverte d'Irkoutsk.
Le premier réveil à 16h20 (oui, j'ai triché) est décalé, celui de 17 heures littéralement annulé. J'émerge finalement vers 19 heures. Je maquille mes yeux creusés par les cernes et enfile une tenue confortable. C'est parti.
Dans la rue, il fait bon et je dois avouer que j'apprécie particulièrement cette balade. Finalement, nous n'avons rien vu de la ville, mises à part ses terribles lignes de tramway et de bus. Arrivées au bout de la rue Karl Marx (un classique dans les villes russes), nous retrouvons Damir, notre ancien coachsurfer, et Félix, un français de passage dôté d'une moustache à la Dali et d'une guitare aussi voyageuse que lui.
Au programme de cette belle soirée d'été pour nos quatre mousquetaires, musique, bouffe, fléchettes, bières, parties déchainées de baby-foot et discussions trilingues jusqu'à 2 heures du matin. C'est encore râpé pour le grosse nuit de sommeil, mais tant pis. La vie n'attend pas.
