Au Baïkal - Jour 8

Publié le 25 Juillet 2016

Réveil à 5 heures. Aïe. Je sens qu'une sérieuse cession rattrapage de sommeil va s'imposer à mon retour à Moscou... Sacs sur le dos, on va réveiller le reste de la bande pour un dernier petit-déjeuner nutella ensemble. Si cette tartine ravit mes papilles, elle a un arrière goût de tristesse. Personne ne dit rien, mais on sait tous ce qui nous attend.

Le train arrive en gare d'Oulan-Oude à 6 heures. Nous descendons un à un sur le quai. En face de nous, 3 statues d'ours. Ceux que l'on avait rêvé de voir dans les paysages du Transsibérien. Impossible de résister à une dernière photo.

Le selfie d'au revoir à la gare d'Oulan Oude à 6 heures du matin, d'où nos trombines peu réveillées.

Le selfie d'au revoir à la gare d'Oulan Oude à 6 heures du matin, d'où nos trombines peu réveillées.

Vient l'inévitable moment de l'au revoir. Un câlin collectif et les voilà repartis jusqu'à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie. Pour nous, l'aventure continue ici. En haut des escaliers de la gare, l'ambiance est glauque. Un homme vautré dans les buissons affiche un air hagard, les yeux rivés sur les bouteilles vides à ses pieds. Dans les rues, tout est vide et fermé et c'est un véritable miracle que de trouver un Subway ouvert pour nous accueillir. Notre (second) petit-déjeuner est insipide, mais il fait bon se poser un peu.

- Plus tard dans la matinée -

Nos premières impressions d'Oulan-Oude sont mitigées, l'heure matinale et le temps couvert n'aidant pas. Nous partons à pied dans le sud de la ville, jusqu'à rejoindre les quais le long de la rivière. Sur la promenade, des graffitis partout. Dans l'eau et sur les étroites plages, des ordures. De l'autre côté, j'aperçois des immeubles et de nombreux centres commerciaux. Mais où est donc le charme tant vanté d'Oulan-Oude ? Il semblerait qu'il ait pris la fuite avec le soleil...

Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8

C'est ensuite un peu par dépit que nous prenons le bus qui nous emmènera au temple bouddhiste d'Ivgolinsk, à l'extérieur de la ville. À peine entrées dans la marchroutka, tout le monde nous dévisage. Les deux étrangères sont chargées comme des mulets et vouées à rester debout par manque de place.

Au moment où nous pouvons enfin aller poser nos corps lourds dans le fond du bus, je croise le regarde de la maman à côté de qui je m'assoies. Je sens qu'elle me fixe un peu et suis plus que surprise par ce qu'elle déclare par la suite à sa fille : "Regarde, regarde ! Des étrangers !". Et d'ajouter en cherchant ma compassion : "Elle est un peu timide". Et moi, je suis un peu mal à l'aise.

Le voisin de Kathleen, loin d'être choqué par le fait que nous sommes françaises, lui parle Mitterand et Sarkozy, Hollande ne faisant pas partie de son programme d'histoire.

Dehors, les paysages sont magnifiques et correspondent parfaitement à l'image que je me fais de la Mongolie.

Filtre "vitre de voiture".
Filtre "vitre de voiture".
Filtre "vitre de voiture".

Filtre "vitre de voiture".

Lorsqu'on arrive, après avoir manqué d'écraser quelques vaches imprudentes et impassibles, je sens que quelque chose cloche. Je peine à reconnaître le lieu dont j'ai posté plusieurs photos sur notre nouveau site. Au lieu de trois-quatre temples installés au beau milieu des steppes bouriates, nous pénétrons dans un véritable complexe de temples (sans doute plus touristique que religieux) dont les frontières sont à peine délimitées.

En son sein, de nombreux bâtiments posés ici et là sans raison apparente, des moulins à prière, un chevreuil dans un enclos et beaucoup, beaucoup de touristes typés asiatiques mais parlant russe ou bouriate. Je perds rapidement Kathleen dans les recoins de ce lieu étrange et il nous faudra patienter une bonne trentaine de minutes avant de finalement nous retrouver.

Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8

Assez rapidement, nous quittons ce temple pour nous perdre dans la nature aux alentours. Exténuée par le réveil matinal et le parcours déjà accompli depuis le départ, je savoure une petite pause dans les hautes (et piquantes) herbes loin de tout et de tout le monde. Je retrouve le temps de quelques instants la quiétude et la plénitude ressenties à Olkhon. En fermant les yeux, je reverrais presque le Baïkal.

Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8
Au Baïkal - Jour 8

Et puis on repart. Déjeuner à l'apparence douteuse et au goût plus que douteux, transfert en mini-bus turbulent, fatigue dans nos têtes et dans nos corps. Il a beau n'être que 13h30, cette journée me paraît déjà (trop) longue.

Une fois de retour en ville, j'échange un regard complice avec Kathleen. Sans même dire un mot, nous nous mettons d'accord. Un rapide coup d'oeil à nos mains répugnantes suffira pour finir de nous convaincre. Prochaine étape : manucure.

Lorsque je prends place dans le salon, la jeune femme à la lourde tâche de me manucurer inspecte mes ongles (qui, comme à l'image du reste de mon corps, sont loin d'être impeccables), me sermonne quant aux cuticules que j'ai sauvagement rongées quelques heures auparavant et me lance la question à un milliard de roubles : "Votre dernière manucure date de quand ?". Moment gêné dans l'assistance. En affichant mon air le plus ingénu, je lui réponds que c'est ma première fois. Gros froid. Je sens à son regard aussi accusateur qu'interrogateur qu'elle ne s'attendait certainement pas à cette réponse. "Et vous avez quel âge ?". L'âge d'aller me cacher six pieds sous terre ? Mon "presque 24" suffit à lui faire lever les yeux au ciel. Je rêve de disparaître.

Heureusement, le jeu en vaudra la chandelle. Pour la modique somme de 500 roubles (soit 6,5 euros), je ressors avec des ongles dignes d'une Russe (en plus courts) et une sacré bonne dose de motivation pour arrêter de les abîmer.

- Plus tard dans la journée -

Il est désormais 20 heures et nous nous apprêtons à rejoindre deux jeunes Russes, rencontrés au Subway, qui se sont proposés pour nous faire visiter la ville. Si Oulan Oude nous avait clairement déçu autant au niveau humain que culinaire, une soirée nous suffira à vouloir y retourner. Ou presque.

Sacha et Artem s'avèrent être d'agréables garçons, assez matures pour des êtres de 19 ans, et dotés d'une incroyable gentillesse. Surpris que nous ayons accepté leur invitation, ils décident de sortir le grand jeu en offrant le restaurant, le taxi, la balade de nuit, les discussions intéressantes et de nombreux fous rires.

Sacha, Artem, Sacha et les deux Frenchies.

Sacha, Artem, Sacha et les deux Frenchies.

Ces jeunes fous attendront même jusqu'à 4 heures du matin avec nous à la gare et nous accompagneront sur le quai. Au moment de nous dire au revoir, nous avons l'impression de déjà bien les connaître et montons dans le Transsibérien avec la certitude de les revoir un jour.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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