Au Baïkal - Jour 6
Publié le 23 Juillet 2016
Une vraie nuit dans un lit, ça n’a pas de prix. Enfin si. Mais ce n’était pas cher payé. Endormie vers 2 heures du matin, le réveil à 8h45 pique un peu à cause du retard de sommeil accumulé ces derniers jours (et ça n’ira pas en s’arrangeant). Mais dehors il faut un temps magnifique, alors on se bouge. On se prépare, je revêts mon maillot de bain, ramené spécialement de France pour l’occasion, et on fait notre sac à dos pour l’aventure du jour.
Direction le bar Voskresiene (“dimanche” en russe) pour un petit-déjeuner bien mérité. Au menu, café latte et crêpe jambon-fromage (serait-ce le second effet allemand ?). Avec le peu de wifi que je capte et l’aide du directeur de l’établissement, nous tentons de prévoir notre escapade. Notre objectif : atteindre le cap Khoboï, l’extrémité nord (ou est, selon les points de vue) de l’île d’Olkhon réputée pour son panorama à 365°C. Notre budget pour 5 : 6 000 roubles et pas un kopeck de plus. Le temps de nous disposons avant le départ : 1h30.
Avec un peu de volonté et de motivation (et un gros billet), nous parvenons à réserver un mini-van avec chauffeur pour la journée pour la modique somme d’environ 13 euros par personne. Ou l’art de prévoir des excursions à l’arrache (soyons honnêtes), sans passer par une agence.
A 12h30, nous faisons le piquet de guerre sur le bord de la route. A 12h35, nous sommes installés tout sourire, prêts pour la grande aventure qui nous attend. Seulement quelques mètres après le départ, nous sommes déjà ballottés dans tous les sens. Et ce n’est que le début.
Entre deux sauts sur nos sièges, heureusement rembourrés et très confortables, j’admire les sublimes paysages qui défilent. Plages, forêts, steppes, collines, il y en a pour tous les goûts (mais surtout pour les miens). Je ne lève les yeux de ce panorama que pour croiser le regard enjoué de mes camarades qui, eux aussi, sautent à tout va. Pour les photos, on repassera. Je préfère me concentrer sur la diversité naturelle et sur les fous rires provoqués par nos cascades à l’arrière.
Notre chauffeur-guide fait une première escale au cap des Trois Frères. Si cet arrêt imprévu me contrarie un peu au départ (je l’avoue), j’admets encore plus vite (que mon ombre) que c’est une merveilleuse idée. Le Baïkal à perte de vue, des falaises tout le long des côtes. Est-on vraiment en Russie ?
Puis on remonte en voiture jusqu'à notre deuxième escale, celle que l'on attendait tous. Khoboï. Et c'est parti pour la randonnée ! Tous à vos baskets et à vos appareils photo, nous voilà en chemin pour la plus belles des découvertes baïkaliennes.
Ça monte, ça descend, ça n'arrête pas et c'est crevant. Mais ça en vaut tellement la peine. Je suis impressionnée par l'immensité et la beauté de la Russie que j'aime décidément de plus en plus. À chaque nouveau point de vue, ce sont des dizaines de clichés que nous prenons respectivement Nathan et moi, jusqu'à ce que l'on arrive au point culminant. L'ultime.
Les deux photographes en herbe que nous sommes arrivons les premiers et luttons contre une horde de touristes chinois qui se pointent devant notre objectif.
Quand nous arrivons à la voiture, nous sommes tous ruisselants et respirons aussi fort d'un troupeau de boeufs en plein cagnard. Bizarrement, aucun de nous ne propose de selfie. Et c'est tant mieux comme ça.
Une fois de nouveau en route, nous ne tardons pas à réclamer au chauffeur et sa femme une escale à la plage la plus proche. Lorsque cette dernière apparaît enfin sous nos yeux, cela ne fait qu'un tour dans ma tête : je dois me baigner dans le Baïkal.
Autant dire que je suis la première à littéralement me jeter dans l'eau. Tandis que Kathleen effleure l'eau de ses doigts de pied et que Nathan observe la scène depuis la plage, je plonge ma tête sous l'eau et effectue quelques brasses. Elle est fraîche, mais nous pouvons avec mon acolyte bretonne affirmer que nous sommes déjà habituées à de telles températures.
Je ne tarde pas à être rejointe par mes amis, avides d'un peu de fraîcheur. L'eau du Baïkal rafraîchit aussi toutefois nos ardeurs passées. À une centaine de mètres du large, la température est difficilement supportable et je me force à continuer de nager pour lutter contre les crampes qui envahissent mon corps. Encore quelques brasses et nous sortons nous réchauffer avec un thermos de thé et l'indispensable jeu de cartes. Voici les vacances comme je les aime, et qui plus est, avec les gens que j'aime.
"Ça me rappelle les vacances à la mer", me lance Kathleen dans la voiture alors que la fatigue commence à se faire sentir. Cheveux encore mouillés, maillots de bain en boule dans les sacs à dos, une bonne fatigue dans tout le corps. C'est parfait. Le retour se fait quant à lui et comme à l'aller, mouvementé.
À 20 heures, nous nous retrouvons au Rocher des Chamanes pour admirer le coucher de soleil. Notre dernier sur Olkhon. Le plus beau que j'ai eu l'occasion de voir jusqu'à aujourd'hui. Je suis portée par la beauté du moment, la complicité de cette toute nouvelle amitié et la plainitude que je ressens et qui m'avait tant manqué.




























