Au Baïkal - Jour 5

Publié le 22 Juillet 2016

Réveil difficile après environ 5 heures de sommeil entrecoupées de pauses. C'est avec grand regret que nous quittons notre lit pour nous préparer. Une heure plus tard, sacs sur le dos, nous sommes prêtes pour la grande aventure. Nous rejoignons sans trop de mal l'agence de voyage auprès de laquelle j'avais réservé notre transfert jusqu'à l'île d'Olkhon, destination phare de notre voyage.

Aussi confortablement installées que possible dans notre mini-bus, je pensais rattraper notre courte nuit. Grossière erreur. L'état désastreux des routes ne nous laisse aucun répit. Impossible de fermer les yeux sans être ballottée dans tous les sens. Heureusement, les somptueux paysages et ma discussion avec un Suédois assis devant m'aident à faire passer le temps. Nos conversations sont par moments interrompues par les petits cris de Kathleen lorsqu'une vache traverse la route, et autant dire qu'ici ce n'est pas chose rare.

Finalement, après presque 3 heures de route et un dos en mille morceaux, j'ai en face de moi ce qui fait rêver tant de voyageurs : le lac Baïkal. Ce dernier est si grand que l'on dirait à s'en méprendre une mer, voire un océan. Tout autour les montagnes forment une impressionnante muraille naturelle.

Au Baïkal - Jour 5
Au Baïkal - Jour 5

La prochaine étape est celle du bateau à vapeur qui nous emmènera à la pointe sud-ouest de l'île d'Olkhon. Une fois sur place, nous nous installons dans un vieux van BMW impeccablement conservé, dont les banquettes en cuir n'appellent qu'à une seule chose : la détente. Malgré les remous dus aux chemins en terre (pas de route goudronnée ici) et la beauté des paysages, nous parvenons à faire de micro-siestes qui nous sauveront la mise pour le reste de la journée.

Et puis de loin, je commence à apercevoir le village de Khuzhir. Celui que l'on attendait depuis 3 mois, celui dont a vu des dizaines et des dizaines de photos. Toutes les petites maisons en bois arborent de belles couleurs vives. Ici, les routes sont de simples chemins en terre, truffés de nids-de-poule sur lesquels on ne distingue ni les voies, ni les trottoirs. Chacun roule concrètement où il veut et peut. Les piétons n'ont qu'à bien se tenir. Les vaches ont, elle aussi, la voie libre, et traversent quand bon leur chante. Un détail qui ne semble surprendre que nos esprits occidentaux et urbains.

Au moment où le chauffeur nous demande où nous déposer, nous réalisons que nous n'en n'avons strictement aucune idée. Un peu au hasard, nous descendons avec une majorité des passagers du sublime van. Notre premier réflexe est de nous diriger vers la première colline que l'on aperçoit. De là-bas, nous devrions avoir une bonne vue d'ensemble pour nous repérer. Et quelle bonne idée ! Car au loin, nous distinguons l'une des grandes attractions d'Olkhon : le Rocher des Chamanes et son incroyable baie.

Il n'est alors même plus question de chercher à poser nos affaires quelque part. L'attirance de ce lieu est bien plus grande que le poids de nos sacs à dos. Au fur et à mesure que nous foulons cette terre divine, le rocher devient de plus en plus clair, visible, imposant. Je suis littéralement subjuguée par tout cet extraordinaire environnement dont j'ai si longtemps rêvé.

Au Baïkal - Jour 5
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Au Baïkal - Jour 5
Au Baïkal - Jour 5

En face du rocher, sur une colline, trônent les 11 poteaux chamaniques ornés de nombreux rubans symbolisant divers types de souhaits. Non loin de là, trois vaches mènent paisiblement leur vie. Evitons donc de les déranger.

Je multiplie les photos et ne cesse de m'extasier (ça doit même être lourd à la longue). Mais ce que j'ai sous les yeux est tout juste sublime. Après un inévitable instant selfie (à la russe), nous descendons rejoindre une petite crique où on été déposés quelques transats, vides. Cela fait rêver après 4 jours de trains et 5 heures de bus mouvementées. Mais nous poursuivons coûte que coûte notre découverte.

Après une petite escalade et quelques frayeurs, nous pénétrons dans la baie du Rocher des Chamanes. Merveilleux. Nous lançons nos affaires sur la plage de galets at allons goûter l'eau du Baïkal d'un timide doigt de pied. Les cailloux sont glissants à cause des petites algues vertes et je manque de tomber à la renverse à plusieurs reprises (on est doué, ou on l'est pas). On nous avait prévenu, mais je reste toutefois un peu surprise par la fraîcheur de l'eau.

Rapidement, la crique se vide et nous nous retrouvons seules dans cet endroit magique. Je m'allonge et sens mes yeux se fermer. Je ne résiste pas au sommeil qui me tend ses bras. Je suis si bien ici.

Au Baïkal - Jour 5
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Une petite heure s'est écoulée et le temps a radicalement changé. Le soleil est désormais haut dans le ciel et réchauffe doucement mon visage. Je suis tiraillée entre rester tranquille à cet endroit paradisiaque ou continuer notre découverte. Tout comme le vent, la deuxième option l'emportera.

Moment de crise. Nous ne savons toujours pas exactement où nous allons dormir et l'idée de squatter une tente sans matelas me fait un peu peur. Sous les conseils d'une passagère et voisine du Transsibérien, nous partons à la recherche d'une chambre à louer. Et c'est sur l'avenue principale que nous trouverons notre bonheur.

Alors que nous avançons, nous avons un coup de coeur éclair pour de petits appartements peints en rouge et bleu exposés en plein soleil. Sur la porte de la barrière, un petit panneau indique "Chambres à louer". Ni une, ni deux, nous tirons sur la chevillette et la bobinette choit. Devant nos yeux, un jardin tout en longueur. Et en plein milieu, un petit garçon affublé de bottes en caoutchouc qui nous dévisage, curieux. Combat de regard. Il finit par craquer et appelle sa grand-mère qui ne tarde pas à apparaître au coin d'une maison. En l'espace de 5 minutes, nous payons notre logement pour deux nuits pour la modique somme de 1000 roubles par personne (soit environ 15 euros). Une adorable petite chambre, des toilettes sèches au fond du jardin et pas de douche. Le ton est donné. Nous sommes enchantées.

Au moment de sortir pour découvrir le sublime village de Khuzhir, j'entends quelqu'un crier mon nom. Chose tout à fait inhabituelle, étant donné la difficulté qu'ont les gens locaux à le prononcer. Je lève les yeux et aperçois Debbie, une de nos amies allemandes de l'autre côté de la rue qui commence à courir vers nous. Tel un film à l'eau de rose, nous nous rejoignons à mi-chemin et nous sautons de joie dans les bras. C'est désormais officiel : notre parfait quintet de voyageurs est réuni pour l'aventure Olkhon.

Le temps que nos compères s'installent, nous partons avec Kathleen à la conquête de la sublime plage aperçue d'en haut un peu plus tôt dans la journée.

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Ce cadre idylique est digne des plus beaux endroits de la planète. Nous trempons à nouveau nos doigts de pied, mais ce sont cette fois de violentes crampes que nous récoltons. La baignade de demain s'annonce rude.

Nous entamons une balade le long de l'eau jusqu'à ce que le soleil commence doucement à décliner à l'horizon. C'est le moment idéal pour rejoindre la colline afin d'observer ce premier coucher de soleil insulaire. Arrivées juste à temps, nous nous installons aussi confortablement que possible sur une grosse pierre posée là. Pendant une demi-heure, nous profiterons d'un ciel rosé, illuminé par un soleil orange qui disparaît au dessus du rocher.

Sacré spectacle visuel pour une première soirée à Olkhon.

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La journée se finira tous ensemble dans un café autour d'une bouteille de bière, de crèpes gauffrées fourrées à un genre de confiture de lait et, bien évidemment, d'un bon vieux jeu de cartes.

Au moment d'aller dormir, encore une fois impossible de trouver le sommeil. Mon coeur bat la chamade et ma tête est en mode replay sur les moments forts de cette folle journée.

Au Baïkal - Jour 5

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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