Une journée sans fin [Partie 2]

Publié le 5 Mars 2016

Quelques rires, discussions et une bonne dose de bouffe dans le ventre plus tard, nous quittons la maison pour une activité typique de la ville que nous attendions depuis deux semaines : la balade en chiens (ou iench, selon les envies) de traineau. A peine arrivés, ça hurle dans les enclos et nous tombons immédiatement sous le charme des 56 huskies.

Une journée sans fin [Partie 2]
Une journée sans fin [Partie 2]

Si mon excitation était à son comble en pénétrant dans ce lieu, elle retombe très vite pour laisser place à la peur lorsque je vois sur quoi nous allons katatsa na sabakakh (littéralement "faire du chien de traineau"en russe). Olga nous donne les instructions et la panique monte en moi. Se tenir droit, les genoux légèrement fléchis, tenir la barre sur les extrémités, placer nos pieds sur cette autre barre en bas pour freiner, crier "noekhali" pour partir et "stoï" pour s'arrêter... Trop d'informations d'un coup. Mais pas le temps de se poser de questions, on nous installe déjà et c'est chacun son traineau et ses six chiens. Je suis seconde, précédée de Kathleen et suivie de Katia et Ivan. Je ressasse les instructions, jette des coups d'oeil un peu partout. Ma camarade s'élance. C'est mon tour. Je flippe de tout mon corps. C'est parti.

Une journée sans fin [Partie 2]

Bojé moï. Cette sensation, toute nouvelle pour moi, est divine. Le paysage qui défile est incroyablement beau, mes toutous sont obéissants à souhait, je me sens vivante et...une bosse se présente et me fait perdre l'équilibre. Je tombe de tout mon poids (et vu mon régime alimentaire, ce n'est pas rien) dans la neige immaculée qui amortit ma chute. Mes chiens continuent leur route sans même se soucier de mon sort, les bougres. Et je suis censée faire quoi déjà dans ce cas ? Ah oui... "Problema !" hurle-je alors. Je me relève, cours jusqu'à mon traineau, m'excuse platement auprès du moniteur qui me congratule d'un grand sourire. Je remonte et c'est reparti. Mon corps est contracté de tous ses muscles et je crains une nouvelle chute, qui a lieu au milieu du parcours, tandis que je manquais de me prendre un pont en oubliant de me baisser (je ne fais jamais les choses à moitié). La fin de la balade se fait presque sans embuches et je parviens même à me détendre à quelques centaines de mètres de la fin.

Une fois remise de mes émotions, on nous propose une excursion dans l'enclos de nos amis à quatre pattes. Comment refuser une telle offre ? Les chiens sont de véritables amours et nous passons une petite demie heure à les papouiller et à nous extasier devant leur beauté frappante. Nous repartons heureuses (courbaturée pour ma part) et démunies de 4800 roubles.

Une journée sans fin [Partie 2]
Une journée sans fin [Partie 2]

La fin de journée est plus calme, mais aussi plus difficile. Le manque de sommeil se fait cruellement sentir et je lutte pour ne pas m'endormir devant un film qui me fait pourtant beaucoup rire.

Si nous nous attendions à une soirée posée, c'est aussi râpé que les carottes du déjeuner. Direction une petite salle de concert (qui est en fait une salle des fêtes) où a lieu un festival. L'ambiance y est très conviviale et semblable à celle des petites villes françaises. Katia et Ivan nous présentent à leur bande d'amis, tous en couple, qui nous suivra ensuite jusqu'à la maison pour un apéritif dinatoire, ma foi très sympathique.

Tous s'extasient à propos de la France, nous regardent avec des étoiles dans les yeux quand nous échangeons quelques mots dans notre langue maternelle, et l'une des trois filles me demande même une photo pour me dessiner. Au moment de nous dire au revoir, ils nous prennent chaleureusement dans leurs bras (la bise, c'est uniquement pour les Français) et nous invitent chez eux lors de notre prochaine visite.

Je vais me coucher absolument exténuée par cette jouréne sans fin, avec l'impression de m'être fait de nouveaux amis. Des Russes. Comme j'en avais toujours rêvé.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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