Une journée sans fin [Partie 1]

Publié le 5 Mars 2016

Après une petite galère devant la porte d'entrée du bâtiment de type soviétique, notre belle et jeune hôte aux yeux bleus et encore pleins de sommeil nous ouvre la porte. Cinq ou six étages et de nombreux soupirs d'épuisement plus tard, nous posons enfin nos gigantesques et épuisants sacs sur une moquette bleu foncé vieillie par le temps. Les lieux sont propres et accueillants, même s'ils portent les traces d'une ancienneté certaine. On s'y sent bien, comme à la maison (un sentiment qui m'avait d'ailleurs manqué depuis mon arrivée en Russie).

Nous faisons ainsi la connaissance de Katia et Ivan et leur deux adorables chats dont nous sommes tout de suite tombées amoureuses (je pense avoir passé bien trois ou quatre heures à câliner ces amours aux longs poils soyeux en l'espace d'une journée). Installés à la table de la cuisine, nous passons un bon moment à nous découvrir mutuellement autour d'un copieux petit-déjeuner et d'un délicieux thé des plus réconfortants.

Une journée sans fin [Partie 1]
Une journée sans fin [Partie 1]
Une journée sans fin [Partie 1]
Une journée sans fin [Partie 1]
Une journée sans fin [Partie 1]

Ceux qui nous accueillent gracieusement pour une nuit (ou les joies du coachsurfing) nous préparent également une superbe journée de visite. Au programme : tour du centre ville avec commentaires des deux experts, dégustation de petchenie dans un café pour pas cher, balade sur la Volga (oui oui, nous avons reitéré l'expérience du "Je marche sur de l'eau gelée et j'en suis fière" et ce fut une réussite) et rencontre avec des pêcheurs.

Le temps est d'un gris-blanc prononcé qui empêche parfois de distinguer au loin la terre de la rivière, et l'ambiance est fraîche (et mes pieds congelés). Mais les quatres âmes que nous sommes sont portées par les échanges chaleureux dignes d'amis de longue date.

Sur le banc de l'amitié.
Sur le banc de l'amitié.
Sur le banc de l'amitié.
Sur le banc de l'amitié.
Sur le banc de l'amitié.
Sur le banc de l'amitié.

Sur le banc de l'amitié.

L'ami pêcheur à l'épreuve du froid.
L'ami pêcheur à l'épreuve du froid.
L'ami pêcheur à l'épreuve du froid.

L'ami pêcheur à l'épreuve du froid.

Nous nous mettons ensuite en route pour l'endroit qui fait la renommée de Kostroma : le monastère Ipatiev. Joyau architectural, cet édifice religieux, dont la muraille parfaitement blanche contraste à merveille avec ses coupoles vertes et dorées, nous ouvre ses portes. Mais notre entrée là-bas ne saurait se faire sans un léger détail vestimentaire... J'avais déjà vu à plusieurs reprises une ribambelle de foulards colorés mis à disposition des femmes sans couvre-chef. Je suis fière de pouvoir aujourd'hui vous présenter ce que j'appellerai désormais "la jupe de circonstance" découverte à Kostroma.

Au moment où nous franchissons la très belle porte d'entrée décorée de fresques, une bonne femme affublée d'un fichu nous interpelle : le port de la jupe (longue) est obligatoire. C'est ainsi que les quatres filles que nous sommes (pour ceux qui savent compter et qui suivent bien l'histoire, je précise qu'une autre demoiselle nous a rejoint en cours de route) ajoutons, directement sur nos manteaux respectifs, un morceau de tissu qui n'est pas sans me rappeler un tablier. Je vous laisse imaginer notre dégaine, qui occasionna chez moi quelques fou-rires. Vous me direz, cela évince tout risque de tentation pour les hommes moines qui vivent ici. C'est une ringardise pour un bien.

La grande classe.
La grande classe.

La grande classe.

A l'intérieur, je me laisse sublimer par la beauté des bâtiments, des fresques, des icônes en or et du paysage enneigé. Une fois sortis de cette merveille que j'avais admiré tant de fois derrière mon écran de chez Tsar Voyages, nous nous laissons guider par ce couple qu'il me semble connaître depuis longtemps.

Une journée sans fin [Partie 1]
Une journée sans fin [Partie 1]
Une journée sans fin [Partie 1]
Une journée sans fin [Partie 1]

Nous débarquons dans le musée de l'habitat traditionnel en bois, matériau incontournable de Kostroma. On trouve dans cette belle petite bourgade de l'Anneau d'Or, d'innombrables et charmantes petites baraques en bois peintes de toutes les couleurs (style Saint Pierre et Miquelon pour les connaisseurs). Dans le grand parc qui sert de musée, on trouve notamment des scènes de la vie quotidienne du XVe siècle. Ivan le Connaisseur (et non le Terrible), nous raconte ainsi comment ses ancêtres vivaients, quelles étaients leurs techniques pour l'isolation. Tandis qu'il nous explique la fonction de chaque ustensile en bois présent sous nos yeux, je réalise toutes les choses que j'aurais manqué s'il n'avait pas été là.

Une journée sans fin [Partie 1]
Une journée sans fin [Partie 1]
Une journée sans fin [Partie 1]
Une journée sans fin [Partie 1]

Le retour se fait à pied sur la Volga, littéralement. Et cela nous fait gagner de précieuses minutes jusqu'à la maison (un quart d'heure de plus dans la neige et je perdais mes orteils). La prochaine destination, vous l'avez sans doute devenir. La cuisine, pour un repas typiquement russe : salade chou-carotte-oignon accompagnée de pain frais et pelminis. Je savoure la simplicité de ce quotidien (loin du luxe et de l'inconscience de Cerebryany Bor) et découvre avec plaisir à quoi ressemble la vie de tous les jours de la plupart des Russes.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article