Entre religion et abandon
Publié le 7 Mars 2016
A force de dormir peu, on finit par toujours se lever tôt. Nous voici donc réveillées dès 8h30 et prêtes pour cette nouvelle journée qui se fera sous le signe des crêpes. Non pas que ce soit encore une de nos folies gourmandes (quoique...), mais le 7 mars annonce officiellement le début de la Maslenitsa. Le petit-déjeuner est donc exclusivement composé de blinis faits maison avec du lait concentré sucré (une autre habitude à la russe) et un bon thé. Trois crêpes plus tard, nous avons notre plan pour la journée.
Nous débutons avec le couvent de femmes de la Tolga, à une dizaine de kilomètres du centre ville de Yaroslavl. Pas évident à trouver d'ailleurs. Heureusement, une troisième acolyte (notre hôte coachsurfeuse) est notre guide. Après deux bus qui nous ont ballottées dans tous les sens, c'est parti pour vingt minutes de marche dans la vraie et sublime campagne de l'Anneau d'Or.
Soudain, on aperçoit au loin les dômes bleu-vert que l'on voyait hier depuis le quai de la Volga. Pour y rentrer, il faut toutefois encore se vêtir de ces jupes-tabliers qui enlèveraient tout charme à même la plus belle des femmes. Enfin, il faut avouer qu'à ce moment précis, l'esthétique importe peu (et heureusement).
A l'intérieur, les bâtiments sont exceptionnellement beaux. Du moins assez pour me laisser bouche bée quelques instants. Le décor enneigé donne au tout une ambiance presque magique.
Au sein du couvent, ça s'agite pour la Maslenitsa. Les soeurs vont et viennent dans les allées, les touristes admirent les bulbes, s'extasient devant une architecture oscillant entre le blanc immaculé et les couleurs prononcées. Si beaucoup d'édifices sont fermés au public, le "plus important" est ouvert : une petite boutique de souvenirs où il est possible d'acheter des produits faits directement dans le couvent (comme, oh tiens, des pains d'épices fourrés à la confiture !). Chacune occupée à savourer notre délice, nous sortons du monastère et nous dirigeons vers la Volga.
Le passage pour marcher est étroit et mes pieds s'enfoncent régulièrement dans l'épaisse couche de neige, dont la couleur m'éblouit. On arrive finalement devant la rivière gelée. Avec la brume, on ne voit presque rien. Et pourtant, j'adore la vue.
Attention les mirettes. Ce qui suit est dangereux et soviétique. Après de nouvelles secousses en bus et plusieurs centaines de mètres à pied, notre hôte nous amène à l'endroit le plus épique et le plus insolite de Yaroslavl (endroit bien évidemment absent des guides touristiques).
Devant nous, plusieurs bâtiments abandonnés d'une quarantaine de mètres de haut, datant très probablement de la douce ère soviétique. S'ils sont délabrés, ils n'ont pas été oubliés. Nous ne sommes pas les seules présentes sur ce territoire des plus impressionnants. "C'est très dangereux", nous prévient Svetlana. En effet. Aucune rembarde aux escaliers dont les cages me paraissent sans fin lorsque je lève les yeux. Je ne monterai pas.
Heureusement, je peux compter sur ma compatriote aventurière pour me ramener une vidéo et une belle photo de la vue manquée.
Après cette journée forte en émotions, nous préparons nos affaires pour notre troisième (et malheureusement) dernière destination, Rostov le Grand (aka Rostov Veliki). Petite bourgade champêtre de l'Anneau d'Or où nous avons réservé deux lits dans un monastère (une bien belle alternative à un coachsurfing douteux).
