Journée de la femme à Rostov le Grand

Publié le 8 Mars 2016

Couchées à 22h, nous atteignons presque les 10 heures de sommeil dans notre lit douillet du monastère. C'est détendues et (un peu plus) reposées que nous refaisons nos sacs. Pour la dernière fois. Un petit tour du propriétaire et nous rejoignons la cantine pour le petit-déjeuner à 100 roubles (parfait pour notre petit budget et notre gros appétit). À peine entrées dans la salle où on nous avait installé nos couverts, une bonne femme nous interpelle. D'un geste, elle nous fait comprendre qu'il faut se couvrir la tête. Regards paniqués. Pas de foulard dans les environs. Ça finit en pull sur la tête pour Kathleen et châle pour moi. Nous sommes tellement ridicules que même celle qui nous apporte notre repas ne peut s'empêcher de sourire (j'ai bien vu à ses yeux qu'elle avait envie de se marrer, la vilaine). Résultat, nous crevons de chaud à manger notre kacha pomme de terre, nos tartines à la confiture chimique et notre thé, tandis que je réfrène de nombreux fous rires.

Au moment de partir, je jette un dernier coup d'oeil au lieu unique dans lequel nous venons de passer la nuit. Encore une belle expérience à ajouter à notre liste.

Retrouver le centre ville nous prendra une bonne heure et demi (spéciale dédicace et un grand merci à l'homme qui nous épargna un kilomètre à pied en nous avançant en voiture). Grâce au flair affuté de Kathleen, nous tombons sur le Monastère Saint-Jacob et ses sublimes coupoles. Il est 9h30 et ça ne se bouscule pas au portillon. Nous admirons la beauté sans nom de l'architecture dont les couleurs ressortent encore une fois à merveille avec l'épaisse couche de neige. Par soucis de temps, nous ne trainons pas et rejoignons le quai du lac Nero.

Le monastère Saint-Jacob.
Le monastère Saint-Jacob.
Le monastère Saint-Jacob.
Le monastère Saint-Jacob.

Le monastère Saint-Jacob.

Comme si cela était une évidence, nous nous élançons sur ce dernier d'un pas décidé. Une brise de vent froid nous accueille et me fait légèrement trembler. Qu'importe le froid, ce que nous avons sous les yeux vaut bien des mains et des pieds gelés pour quelques instants (instants qui se transforment rapidement en heures). Au loin, des pêcheurs aventureux et le fameux Kremlin qui point le bout de ses bulbes.

Journée de la femme à Rostov le Grand
Journée de la femme à Rostov le Grand
Journée de la femme à Rostov le Grand
Journée de la femme à Rostov le Grand
Journée de la femme à Rostov le Grand

Il nous faudra encore trente bonnes minutes de marche pour l'atteindre, le Kremlin. La porte d'entrée est discrète et mène directement à l'inévitable kassa. Cinquante roubles pour la visite du territoire et pas un centimètre carré de plus. Comme je m'y attendais, ce Kremlin est d'une beauté rarement égalée (celui de Rostov le Grand est très souvent décrit comme l'un des plus beaux de Russie). Nous y passons un bon moment, bien décidées à rentabiliser notre billet d'entrée.

Le Kremlin de Rostov le Grand.
Le Kremlin de Rostov le Grand.
Le Kremlin de Rostov le Grand.
Le Kremlin de Rostov le Grand.
Le Kremlin de Rostov le Grand.
Le Kremlin de Rostov le Grand.
Le Kremlin de Rostov le Grand.
Le Kremlin de Rostov le Grand.

Le Kremlin de Rostov le Grand.

Autre grande richesse de cet édifice fortifié (on sent que je prends l'habitude d'écrire pour une agence de voyage), la cathédrale. Si d'extérieur cette dernière est proche de ses semblables, c'est en son sein que réside la plus grande des surprises. Murs, fresques et icônes sont d'époque et terriblement abîmés. La cathédrale ne semble avoir connu aucune rénovation depuis sa construction. C'est comme si l'on marchait sur les mêmes dalles et observions les mêmes détails que des pèlerins il y a plusieurs centaines d'années. Rien que l'idée me fait sourire.

Soudain, je repère une véritable petit trésor. La salle d'habitude cachée par un mur d'icônes dans les églises et cathédrales et interdite au public est, ici, libre d'accès. Pas d'hésitation, nous y allons. Il y a fait encore plus froid et humide que dans le reste de l'édifice. Nous nous trouvons dans les antres de cette vieille bâtisse dont les murs décrépis sont porteurs d'histoire. Le lustre tient quant à lui par la magie du Saint Esprit.

Après avoir refusé de payer 100 roubles supplémentaires pour secouer les cloches que l'on aperçoit dans la cour, nous sortons du Kremlin et entamons notre découverte du centre ville de Rostov le Grand. Découverte rapidement écourtée par une pause (plus que nécessaire) dans un ravissant, bien que kitsch, petit restaurant. Nous choisissons la plus belle table, celle qui trône devant une pause d'ours (tête comprise) accrochée sur un panneau de bois. Malgré ce triste spectacle, les crêpes, les confitures maison et le thé nous ravissent à chaque bouchée.

Journée de la femme à Rostov le Grand
Journée de la femme à Rostov le Grand

Chargées comme des mules, courbaturées de partout et exténuées par ce fabuleux périple, nous ne tardons pas à rejoindre la gare pour nous asseoir. Cette ultime pause sera accompagnée d'un nouveau festin (pourtant mal venu) qui nous achèvera définitivement. Heureusement, le train qui nous ramène à bon port arrive déjà et est bien plus confortable qu'espéré. Je profite de ces derniers instants de liberté avant un douloureux retour au quotidien.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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