Jour tempétueux

Publié le 1 Février 2016

Le réveil sonne. Le rituel céréales-infos-vocabulaire russe commence alors, mais toujours au lit. Je peine à quitter la couette ce matin. Alors quand Alla (une femme absolument adorable qui s’occupe de mon petit génie d’élève) me propose de profiter du chauffeur pour aller en ville, je ne peux refuser.

Pas de marche, de bus puis de métro pour moi ce matin. Je pose juste mes fesses emmitouflées dans mon manteau sur le siège passager avant du 4x4 rouge et me laisse littéralement porter. Mes yeux balayent le paysage qui défile à toute allure (le chauffeur a le pied lourd sur l’accélérateur, pour mon plus grand plaisir). Nous arrivons finalement près de l’ambassade France, chopons le petit à l’école et filons vers le nord-ouest de la capitale pour me déposer. Face aux bouchons à répétition, je commence à m’exaspérer et me répète en boucle que « j’aurais mieux fait de faire comme d’habitude, les chauffeurs très peu pour moi ». Toujours est-il que me voilà l’arrêt Mayakoskaya, à seulement quelques minutes de marche de ma prochaine destination.

Jour tempétueux
Jour tempétueux
Jour tempétueux
Jour tempétueux

Le patriarchye proudy que vous voyez-là est le dernier survivant des étangs des Patriarches, lieu de balade de prédilection des Moscovites paraît-il. Certes, j’y croise quelques poussettes, mais ça ne se bouscule par au portillon non plus. Il faut dire que ce dernier est à moitié gelé, à moitié fondu et que la neige marmonnasse s’est répandue sur l’intégralité des chemins qui l’entourent.

Verdict : à refaire en été quand le soleil brillera haut dans ciel, quand je porterai l’unique jupe d’été que j’ai ramenée de France et quand les canards feront la course sur l’étang.

Jour tempétueux

Tandis que la promenade se poursuit vers la fameuse avenue Tverskaya, le temps décide ne pas me faire de cadeaux et lance plusieurs attaques « neige » sur ma tête nue de toute chapka. Au début, mon côté ronchon tente de lui répondre que ce n’est pas bien gentil et que les flocons de neige dans les yeux, bah ça fait mal.

Puis je réalise que toute action est vaine et que je devrais plutôt profiter de ce sublime spectacle. Les flocons forment de véritables tourbillons. Mon âme d’enfant refait alors surface et s’amuse de ce joli moment. Je ne porte soudain plus aucune importance à mes cheveux trempées, au regard étonné de certains passants et aux flaques d’eau sur mon passage. Je ne laisserai rien ni personne me gâcher ce moment.


Jour tempétueux
Jour tempétueux

Voilà que j’ai parlé trop vite. Si un certain monsieur pense que « l’enfer, c’est les autres », je me permets d’ajouter que « l’enfer c’est parfois soi-même ».

Tandis que je me baladais tranquillement et que je trouvais de jolies ruelles à arpenter, j’ai trouvé le moyen de me monter la rate au court bouillon en cherchant un supermarché (c’est con, hein). Sauf que trouver ce genre de magasin dans le centre de Moscou n’est pas une mince affaire, et après avoir arpenté les couloirs de deux centres commerciaux (de chacun trois étages), je me résous (bien qu’en colère) à pousser jusqu’à la galerie Kievskaya où je serai sure de trouver mon bonheur.

Jour tempétueux

Bien sûr, je choisis l’arrêt de métro le plus évident (ironie, quand tu nous tiens) et me retrouve à parcourir un bon kilomètre cinq cents pour arriver sur le bon quai (Châtelet me paraît soudain si petit). Je repars finalement avec de quoi ravir mes papilles affamées, exténuée par ce périple des moins intéressants. Sacrée journée…

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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