C'est une bonne journée

Publié le 30 Janvier 2016

C'est une bonne journée

Il y a des journées comme ça, où tout semble vous sourire (sauf Internet qui vous fait la grimace). Je me réveille sans être trop perdue, je parviens à finir un article économique tout en russe (je suis devenue presque imbattable sur la législation des médicaments étrangers en Russie) avant d'attaquer une heure de leçon avec un petit génie, je dévore une petite dizaine de sirniki et un bol de souptchik puis je vais prendre le bus, direction le centre ville.

Aujourd'hui, je m'attaque à une institution : la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou, cette sublime bâtisse blanche, ornée de gigantesques bulbes dorés visibles d'un peu partout dans la capitale. Contrairement à la basilique visitée il y a peu, celle-ci est très touristique. Arrivée sur le parvis et subjuguée devant ce joyau architectural, je m'attelle à me préparer. Une fois mon foulard digne d'une vraie babouchka fixé sur la tête, je peux faire mon entrée. Au regard approbateur du vigile, je comprends que j'ai fait bien (derrière moi, j'aperçois quelques dames couvrir leur cheveux à la hâte avec le premier bout de tissus qui passe sous leur main).

C'est une bonne journée
C'est une bonne journée
C'est une bonne journée

Même pour la journaliste que je suis, les images dépassent parfois les mots. Il est donc difficile pour moi d'expliquer combien ce lieu m'a touchée, émue et plu. Les couleurs pâles des peintures sur la parois contrastent à merveille avec les icônes et l'or présent sur chaque parcelle de mur. Le tout forme un ensemble presque magique.

Alors que je déambule dans la cathédrale, je suis d'abord choquée par le bruit ambiant. Si nombreux sont ceux qui font un signe de croix ou appuient leur front sur une image religieuse, encore plus nombreux sont ceux qui discutent ouvertement comme s'ils étaient dans un bar (bien que je n'aie pas souvenir d'avoir vu un seul bar dans le centre de Moscou).

Encore une fois, aucun endroit où s'asseoir. Je serais curieuse de voir à quoi ressemble un office religieuse dans une église orthodoxe de la sorte. Tiens, voilà un objectif à ajouter à ma longue liste de "choses à voir absolument à Moscou".

Une fois sortie, je m'autorise un tour du parvis aux pavés (ultra) glissants, toujours affublée de mon foulard que je ne quitterai qu'au moment de quitter l'enceinte de la cathédrale.

Jour, nuit. Jour, nuit. Jour, nuit.
Jour, nuit. Jour, nuit. Jour, nuit.

Jour, nuit. Jour, nuit. Jour, nuit.

Cette journée étant une bonne journée, je ne peux m'arrêter là. Direction, le musée des arts de Pouchkine, installé dans un grand bâtiment de style gréco-romain avec de grandes colonnes (qui me rappelle étrangement celui où j'avais joué à la pétanque à Vilnius avec le camarade Guillaume).

Pour le prix d'un café chez Starbucks, je me paye un billet d'entrée (300 roubles, soit 3,75 euros), je dépose mon manteau dans un casier (c'est la tradition ici) et je débute ma visite. Je suis d'abord un peu perdue et peine même à comprendre le plan du musée. J'opte donc pour la version "Je me laisse guider sans but précis" et attaque par des peintures flamandes.

Si le décor est superbe, je fais face à la même problématique que dans la plupart des musées : il y en a trop partout et ça part dans tous les sens. On y trouve des Égyptiens et des Grecs, deux couloirs plus loin, ce sont les Italiens qui ont pris leurs quartiers et même les Français ont une salle qui leur est réservée ! Alors j'avance, m'attardant sur les oeuvres qui me tapent dans l'oeil. Pas trop de monde aux alentours, je peux me coller aux toiles sans gêner personne.

C'est une bonne journée
C'est une bonne journée
C'est une bonne journée
C'est une bonne journée
C'est une bonne journée
C'est une bonne journée
C'est une bonne journée
C'est une bonne journée
C'est une bonne journée

Une heure et demi plus tard, je ressors pas peu satisfaite de ma balade culturelle. Et c'est ainsi que je tombe sur Moscou, de nuit. Alors oui, ça paraît bête dit comme ça ("Il fallait bien que le soleil se couche", me direz-vous), mais croyez-moi, Moscou de nuit ça envoie (non pas du pâté) mais) du bortsch !

Moscou by night.
Moscou by night.

Moscou by night.

Rédigé par Bouriaud Manon

Publié dans #Россия

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